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    Hebdo

    Burkina Faso: Isaac Zida contesté par l’armée?

    media Le 1er novembre 2014, le lieutenant-colonel Zida (c) apparaît entouré d'officiers à l'issue d'une réunion des chefs d'état-major de l'Armée burkinabè dont il est sorti adoubé. AFP/Issouf Sanogo

    Appels sur l’actualité a fait le point, jeudi, sur la crise politique en cours au Burkina Faso : pour la troisième fois en quelques mois, une partie de l’armée s’oppose au Premier ministre de transition, Yacouba Isaac Zida. Qui assure vouloir continuer à travailler à la tenue des élections d'octobre 2015. Pourtant, le Régiment de sécurité présidentielle exige sa démission et le départ de tous les militaires des organes de transition. Mais gageons que le groupe de sages, qui vient d’être nommé par le président Michel Kafando, donne davantage de poids à la médiation entreprise par ce dernier pour promouvoir «la décrispation sociale» et «l’unité et la cohésion de l’armée».

    Au Burkina Faso, c’est la troisième fois qu’une partie de l’armée s’oppose au Premier ministre de transition Yacouba Isaac Zida. Pour mémoire, le lieutenant-colonel Zida avait été adoubé par les chefs d’état-major de l'Armée burkinabè le 1er novembre 2014. Depuis, les incidents avec ses frères d’armes sont légion. Dernier en date, le 30 juin, quand une dizaine de soldats du Régiment de sécurité présidentielle – qui fut le bras armé de l’ex-président Blaise Compaoré – ont été mis aux arrêts pour avoir tiré, la veille au soir, des coups de feu en l'air dans l'enceinte de leur caserne. Motif : leur chef et deux autres gradés avaient brièvement été interrogés par la gendarmerie à propos d'une rumeur selon laquelle ce corps d'élite aurait tenté, le 28 juin, une action contre Isaac Zida à l'aéroport de Ouagadougou à son retour de Taïwan. Depuis, le RSP exige la démission du Premier ministre et le départ de tous les militaires des organes de transition.  A.D.

    Pourquoi ces militaires demandent-ils la démission du Premier ministre ?
    Après leur manifestation de colère face à ce qu’ils qualifient de « harcèlement » de certains dirigeants de la Transition, les soldats du Régiment de sécurité présidentielle ont fait le tour de certaines radios privées de la capitale. Au moins trois des principales stations de Ouagadougou ont reçu la visite de ces soldats. Armes en mains, ils se sont adressé aux responsables de rédactions de ces différentes radios, leur disant qu’ils sont « fatigués d’entendre parler d’eux tous les jours à la radio ». Ces soldats s’insurgeraient contre les accusations dont ils sont l’objet. « Ils disent qu’on les accuse de tous les crimes alors qu’ils n’ont rien commis », nous a relaté un présentateur. Avant de quitter le siège de sa radio, ils ont lancé ce message : « Si les accusations continuent, nous sortirons les griffes ». Selon un autre journaliste d’une autre radio, ces soldats du RSP affirment être contre la mauvaise gestion des deniers publics. « Nous savons ceux qui volent l’argent du pays. Nous allons tous les arrêter et les présenter », auraient-ils menacé. Toujours selon les témoins, les hommes du colonel Céleste Coulibaly suggèrent que les civils n’interviennent plus dans les questions militaires « s’ils veulent continuer à vivre en paix dans le pays ». Le RSP a officiellement réagi sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu'il qualifie de « harcèlement permanent de certaines autorités de la Transition et des Organisation de la société civile, les OSC ». Ce qui aurait entraîné ces remous et les coups de feu… Coups de feu qui auraient été tirés en l'air pour protester contre la convocation de leur chef de corps et de deux autres officiers par la gendarmerie nationale.
     

    Le 6 février, les responsables de la garde présidentielle rencontrent le président Michel Kafando (c). AFP/ Yempabou Ahmed Ouoba

    Pourquoi la gendarmerie nationale avait-elle convoqué ces soldats du RSP ?
    Suite à des informations qui leur étaient parvenues : les soldats issus du RSP auraient prévu d'arrêter le Premier ministre Yacouba Isaac Zida à l'aéroport de Ouagadougou à son retour d'un voyage officiel à Taïwan. L'avion du Premier ministre a finalement atterri, à la base militaire 511 et non à l'aérogare. « On nous accuse d'avoir fomenté un coup contre le Premier ministre - alors que c'est grâce à la gendarmerie que nous avons été informés de cela », assure un officier du RSP. Selon un autre officier, c'est l'entourage du Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, qui aurait ventilé une rumeur sur  l'arrestation de certains officiers du RSP suite à « une tentative de coup contre le Premier ministre ». Une rumeur qui naturellement a mis certains soldats en colère, d'où des tirs au sein du camp. Apres avoir manifesté leur mécontentement par des tirs en l'air dans leur caserne, ces soldats exigent depuis la démission du Premier ministre ainsi que celles de tous les autres militaires du gouvernement de la Transition.
     
    La transition politique en cours au Burkina Faso peut-elle être menacée par ces évènements ?
    Le président Michel Kafando a immédiatement entamé une médiation entre les deux parties car il est conscient que toute crise au sein du RSP peut gripper la transition. Il s’agit d'ailleurs du même scénario qu'au mois de février, des mêmes acteurs et des mêmes revendications. D'un coté, il y a les soldats du Régiment de sécurité présidentielle et de l'autre, Yacouba Isaac Zida. Les soldats du RSP exigent la démission du Premier ministre et le départ de tous les militaires du gouvernement. Une fois de plus, c'est le président de la transition Michel Kafando qui a joué le médiateur, avec à ses cotés l'ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo et l'ancien chef d'état-major particulier de la Présidence, le général Gilbert Diendéré. Puis, il a reçu les chefs militaires, les diplomates et les responsables des partis politiques.

    Quel était son objectif ?
    Expliquer la situation à tous les acteurs nationaux et internationaux. Les partis de l'ancienne opposition ont pour leur part condamné « les agissements irresponsables du RSP », et demandé qu’en premier lieu, le commandement de l'armée et les autorités rappellent ses responsabilités au RSPsans perturber la transition. Parallèlement, le Congrès pour la démocratie et le progrès [CDP, ancien parti au pouvoir, ndlr] et ses alliés demandent la démission du Premier ministre et de son gouvernement. Ces partis, dont plusieurs membres sont menacés par le nouveau code électoral qui exclut tous ceux qui ont soutenu le projet de modification de la constitution, craignent que le conflit entre le Premier ministre et le RSP divise l'armée burkinabè, au risque de menacer les élections et la stabilité du pays.

    Mais qu’en est-il du complot contre Isaac Zida ?
    Concernant maintenant le complot contre le Premier ministre, le gouvernement a publié un communiqué expliquant que face aux rumeurs faisant état d'une menace sur la sécurité d’Isaac Zida par les éléments du RSP, la gendarmerie a entrepris de mener des investigations. Le Premier ministre affirme lui, en tout cas, qu'il reste en place. Quant à la tentative d'atteinte à sa sécurité, il affirme que les enquêtes sont en cours. Il rassure également que le gouvernement travaille à la tenue des élections d'octobre 2015. Et pour montrer qu'il est bel et bien aux commandes du gouvernement et que cette crise n'est pas suffisamment importante à ses yeux pour justifier le report d'une visite officielle, dans la foulée de ces événements, il s'est absenté du pays pour une visite de travail à Abidjan… Depuis son retour, la tension reste vive. Mais après tout, c'est la troisième crise qui l'oppose à l'armée depuis l'an dernier...  Et il a déjà survécu aux deux premières !

    Palais des sports de Ouagadougou. Les deux hommes forts de la transition lors de la cérémonie de passation des charges. A droite: le président Michel Kafando. A gauche: le Premier ministre Isaac Zida. © RFI/Guillaume Thibault

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