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    Hebdo

    Congo-Brazzaville: retour sur un dialogue national controversé

    media Le président du Congo, Denis Sassou Nguesso (d) avec Albert Moleka, président de l'UPADS, le principal partu d'opposition, le 17 août 2013 à Brazaville. AFP/Guy Gervais Kitina

    Appels sur l’Actualité revient sur le «dialogue national» qui a eu lieu dans un climat politique tendu la semaine dernière à Sibiti, au sud du Congo-Brazzaville. Un dialogue de sourds… en l’absence des délégués de l’opposition. Pour l'essentiel coalisée au sein du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique, elle a boycotté la rencontre. Le Frocad reproche surtout au président Denis Sassou Nguesso, qui avait voulu ce forum, de ne pas avoir retiré de l'ordre du jour le point sur «l'avenir des institutions». Explications.

    Quelles étaient les forces en présence à Sibiti ?
    En l'absence des délégués du Frocad, quelques centaines de personnes ont quand même fait le déplacement, principalement des représentants du Parti congolais du travail, le PCT [au pouvoir, ndlr] et ses alliés, ou encore des délégués de petits partis d'une opposition dite « républicaine ». Egalement présentes à Sibiti, des organisations de la société civile ainsi que des représentants des principales religions du pays.

    Et
    pourquoi le dialogue national a-t-il eu lieu à Sibiti ?
    Pour nombre de Congolais, Sibiti, entre Brazzaville et Pointe-Noire, est loin de tout et peut donc permettre de se concentrer pour aller à l'essentiel afin que ce dialogue national ne s'éternise pas comme ce fut le cas en 1991, lorsque le président Denis Sassou Nguesso avait convoqué la Conférence nationale de Brazzaville.

    Mais tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde
    Pour Mathias Nzon, membre du Frocad, le président Sassou aurait craint tout simplement d'être débordé par son opposition si le forum avait eu lieu à Brazzaville, la capitale congolaise. Sibiti est en pleine forêt, facile à quadriller... Les participants au dialogue national étaient en fait les otages des autorités, selon cet opposant pour qui le pouvoir craint que le Congo vive le même scénario que le Burundi, où la violence fait rage depuis que le président Pierre Nkurunziza a brigué un nouveau mandat. Rien à voir, assure, de son côté, Jean-Didier Elongo, membre du comité central du PCT. Il rappelle que la politique de « municipalisation accélérée » lancée par le président permet « un maillage en infrastructures » de toutes les régions du Congo, Sibiti en étant la dernière bénéficiaire - avant la ville de Ouésso au nord du pays... Ce membre du parti au pouvoir assure aussi que la capitale n'est pas la seule ville du Congo qui puisse accueillir tous les grands rendez-vous. Et de rappeler que Sibiti – quoiqu’étant à 370 kms de Brazzaville – se trouve bien au Congo !

    Si l’opposition regroupée au sein du Frocad n’était pas présente à Sibiti, c’est que le pouvoir n'a pas retiré de l'ordre du jour le point sur l'avenir des institutions. De quoi s’agit-il ?
    A un an environ de la présidentielle, à laquelle la constitution interdit au président Denis Sassou Nguesso de se présenter, tous les Congolais ne parlent pas le même langage quand il s'agit de modifier la constitution. D'abord, il y a le cadre fixé par le président de la République lui-même... Selon le décret présidentiel fixant l'ordre du jour, le « dialogue national », devait répondre à deux questions : « Comment organiser au mieux les scrutins à venir ? » et faut-il faire « évoluer les institutions de la République ? » Ainsi, pour Bienvenu Okiémi, porte-parole du gouvernement, il faut « faire évoluer le contrat social congolais ». Une vision à laquelle adhère, selon lui, la majorité des Congolais. C'est la raison pour laquelle tout le monde est partie prenante de Sibiti à l'exception, affirme-t-il, de « quelques individualités » qui pensent toujours la politique en termes de confrontation d'individus et non d'idées.

    Qu'en dit l'opposition ?
    Pour Pascal Tsaty Mabiala, le premier secrétaire de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), ce dialogue national n'était pas  nécessaire... Et le président Sassou, chef d'Etat avisé, le sait plus que quiconque car les dispositions de la constitution lui donnent les prérogatives nécessaires pour faire « évoluer » la constitution. Il suffisait simplement que lesdites modifications soient discutées à l'Assemblée nationale où le parti du président est majoritaire. Pour Pascal Tsaty Mabiala, le président Sassou veut tout simplement « user d'une ruse » pour « changer » de constitution afin de pouvoir se représenter à la prochaine élection présidentielle. Mais il refuse de l'assumer devant l'Histoire et devant le peuple congolais. 

    Alors, à quoi peut aboutir concrètement ce dialogue ?
    Ne soyons pas naïfs. Parlons en français facile. Le président Sassou est aujourd'hui âgé de 72 ans. Il cumule plus de trente ans à la tête du Congo qu'il a dirigé, à l'époque du parti unique, de 1979 jusqu'aux élections pluralistes de 1992, qu'il a perdues. Revenu au pouvoir en 1997 à l'issue d'une violente guerre civile, il a été élu président en 2002 et réélu en 2009. La constitution actuelle adoptée en 2002 limite à deux le nombre de mandats que peut exercer un président et stipule que nul ne peut être candidat à la fonction suprême s'il a plus de 70 ans. C'est donc clair : le président Sassou qui a plus de 70 ans et qui est à la fin de son 2e mandat ne peut plus se représenter. Maintenant, avec une nouvelle constitution, rien n'est à exclure. 

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