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    Hebdo

    Réfugiés d’hier et d’aujourd’hui au Canada

    media Camp de réfugiés syriens à Mafraq, en Jordanie, près de la frontière syrienne, le 7 décembre 2014. Reuters/Muhammad Hamed

    Le Canada, qui avait déployé des trésors de générosité envers les réfugiés dans les années 1960 et 1970, se montre beaucoup plus frileux envers ceux de la crise syrienne.

    Le 30 avril dernier, le Canada s’est souvenu des 60 000 boat people arrivés entre 1979 et 1980 au Canada : Vietnamiens, Cambodgiens, Laotiens, ils avaient bravé la mer et les pirates sur des embarcations de fortune pour fuir leur pays et repartir à neuf en sol canadien. Pour eux, le gouvernement a déployé des trésors d’ingéniosité, les citoyens ont ouvert leur maison, les églises, mobilisé leur communauté. Cette tranche d’histoire semble être à mille lieues de celle du Canada actuel, sollicité par les réfugiés syriens. Depuis le début de la crise dans ce pays, seulement 1 300 de ces ressortissants ont pu s’installer en terre canadienne.

    Prix Nensen 1986

    « Dans les années 1970, notre approche, c’était la main tendue. Aujourd’hui, c’est plutôt le pistolet prêt à dégainer », fait remarquer avec tristesse Serge Joyal, sénateur au Parlement canadien. À l’époque des boat people, il a contribué comme beaucoup d’autres à l’arrivée de réfugiés venus de l’ex-Indochine qui avaient tout perdu. « Il fallait tenir compte des circonstances exceptionnelles et intervenir très vite pour sauver des vies humaines », se souvient cet ancien député d’un quartier populaire de Montréal. En quelques mois, des centaines de groupes de citoyens s’étaient formés à travers tout le pays.

    Un groupe de professeurs de Toronto avait lancé l’opération Lifeline. Le principe : des églises, des amis, des familles, des villes s’associent pour accueillir et prendre en charge pendant un an des réfugiés. En dix-huit mois, 34 000 personnes venues du Sud-Est asiatique démarraient ainsi une nouvelle vie, épaulées par de simples Canadiens, tandis que 26 000 étaient pris en charge par le gouvernement. En contribution de ses efforts, le peuple canadien reçut en 1986 le prix Nensen, une distinction du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés habituellement décernée à des organismes ou à des individus.

    Désenchantements

    Très impliquée dans l’Association pour l’aide médicale à l’enfance, Madeleine Leblanc est une de celles qui avaient bâti un service de parrainage entre familles québécoises et enfants cambodgiens et vietnamiens, arrivés sans leur famille. Sans relâche, cette catholique convaincue a rencontré les élus et travaillé avec les fonctionnaires pour faciliter l’arrivée et l’intégration des réfugiés mineurs. Toujours impliquée dans l’aide internationale, elle constate que les règlements du ministère canadien de l’Immigration ont bien changé, alors que des milliers de réfugiés bravent la Méditerranée sur des coquilles de noix. « Il n’y aurait même pas une exception pour sauver une vie, dit-elle. On déshumanise les relations avec les autres […], on refuse d’être le frère, la sœur d’une personne d’une autre couleur, d’une autre langue, d’une autre nationalité… »

    Faisal Al-Azem partage le même désenchantement. Directeur du Conseil canado-syrien à Montréal, il constate qu’il devient de plus en difficile d’accueillir des réfugiés au Canada, en particulier ceux venant de pays arabes. « J’ai l’impression que le fait que ces gens-là soient potentiellement des musulmans contribue à rendre la situation plus compliquée », fait-il remarquer.

    François Crépeau, professeur de droit à l’Université McGill, à Montréal, renchérit : « Malheureusement, compte tenu du climat xénophobe et anti-islam ambiant, très peu de gouvernants du Nord, sauf peut-être en Suède et en Allemagne, sont intéressés à expliquer à leur électorat qu’il conviendrait d’accueillir plusieurs dizaines de milliers de musulmans au cours des prochaines années ». L’automne dernier, ce rapporteur spécial pour les Nations unies sur les droits des migrants suggérait que le Canada accueille 9 000 réfugiés par an, et l’Occident un million dans les cinq prochaines années.

    En janvier dernier, le gouvernement canadien s’engageait plutôt à ouvrir ses portes à 10 000 réfugiés syriens d’ici trois ans, dont 60% doivent être parrainés par des organismes ou des groupes de citoyens. Concrètement, cela signifie que pour parrainer une famille de 4 personnes, il faut s’engager financièrement à hauteur de 15 000 euros, en sachant que cette somme va être bloquée pendant deux ou trois ans, soit le délai moyen pour obtenir une réponse des autorités canadiennes. Difficile pour de simples individus, même très généreux, de renoncer si longtemps à un tel montant d’argent. Cela explique que jusqu’à présent les réfugiés ont surtout été parrainés par des églises ou des associations liées à des minorités ethniques et religieuses. Et que les portes du Canada semblent si difficiles à s’ouvrir…

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