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    Le wax dans tous ses états!

    media Le wax s’impose dans une mode contemporaine globalisée y apportant allure, modernité et flamboyance à l’africaine. @Maison Chateau Rouge

    La vogue du wax sévit plus que jamais, de la rue aux podiums occidentaux. Ce tissu de coton traité à la cire se distingue par ses motifs très colorés et vivants. Le wax s’impose dans une mode contemporaine globalisée y apportant sans nul doute allure, modernité et flamboyance à l’africaine.

    Il est partout en Afrique de l’Ouest depuis plus de deux siècles, il s’impose désormais dans la mode occidentale. Indonésien de naissance, africain d’adoption, et européen de fait, le wax est à lui seul l’illustration du multiculturalisme. Actuellement en train de passer du statut de tissu ethnique à celui de tissu branché, il est devenu une alternative à une mode occidentale devenue quelque peu répétitive.

    Si les femmes africaines, et particulièrement les femmes d’affaires roulant en Mercedes alias Nanas Benz ont porté haut les couleurs du wax faisant de leur style leur(s) grande(s) affaire(s), c’est aujourd’hui aux personnalités d’un showbiz globalisé de suivre le mouvement. Et elles ne s’y sont pas trompées : de Solange Knowles à Rihanna en passant par Alicia Keys, Imany, Ayo ou Inna Modja, elles l'arborent déjà à leur façon. Ces « african prints » séduisent tant et si bien que des Anna Wintour (rédactrice en chef du Vogue Etats-Unis), la chanteuse Lady Gaga, l’actrice Blake Lively, le modèle Cara Delevingne ou la princesse monégasque Charlotte Casiraghi s’y mettent depuis quelques saisons, apportant quelques rayons de soleil à leur vestiaire.

    Wax nouvelle « vogue »

    En prêt-à-porter, on observe aussi beaucoup de dynamisme chez les jeunes créateurs travaillant entre Europe et Afrique. A Paris, les valeurs « afropolitaines » montantes sont Bazara’pagne, by Natacha Baco, Ladyhood ou Maison Château Rouge. A échelle européenne, les styles sophistiqué de Stella Jeans (Italie) ou afro-asiatique de Koro Kimono donnent des couleurs aux défilés. Mais ce n’est que depuis quelques saisons que les magazines féminins occidentaux se penchent sur le phénomène. Au point que les semaines de la mode, les Fashion weeks, se mettent à la page… africaine.

    Burberry et son directeur Christopher Bailey misent sur le wax dès 2011 avec leurs fameux trench-coats ! Il faut dire que depuis quelques saisons, la maison de couture britannique s’évertue à séduire une clientèle d’afro-descendants. En témoigne sa dernière campagne avec Naomi Campbell et sa jeune émule Jordan Dunn. Enfin, le vintage africain fait son chemin : une idée verte et solidaire est ainsi dans l’air du temps, brisant les clichés, au Comptoir Général (Paris Xe) et plus précisément son « Marché Noir » dirigé par Amah Ayivi, importateur de fripes africaines dont une belle sélection de pagnes, de hauts-bombas et de chemisiers en tissu wax.

    Le savoir-faire afro ainsi découvert n’est pas sans susciter l’intérêt de gros acteurs du marché comme le groupe H&M qui, depuis 2013, a démarré des chaînes de production en Ethiopie et au Kenya. Une Afrique dont aujourd'hui on découvre un visage ignoré, loin des visions misérabilistes et des regards condescendants malheureusement usuels.

    Le wax est à lui seul l’illustration du multiculturalisme. @Lena Hoschek collection Hot Mama Africa été 2015

    L’Afrique comme inspiration créative

    Popularisé par les Ouest-Africains qui y ont laissé éclater leur créativité, le wax donne donc un coup d’harmattan sur la mode occidentale. Un métissage original initié par des créateurs comme le Britano-Ghanéen oZwald Boateng, le Franco-Malien Lamine Badian Kouyaté avec Xüly Bet, dans les années 1990, et la Franco-Comorienne Sakina M’sa début 2000, concrétisant une certaine réinterprétation du style africain par sa diaspora...

    Un style qui inspire désormais de nombreux stylistes européens n’ayant pas de lien avec l’Afrique, comme la Grecque Mary Katrantzou, la Française Agnès B. ou le Britannique Christopher Bailey (Burberry). Les marques de prêt-à-porter premium type Paul&Joe jouent - de manière moins directe - d’imprimés qui ne sont pas sans rappeler ceux que l’on croise sur les chemisiers à Dakar, Cotonou, ou Douala. Côté fast-fashion, Asos a lancé sa collection capsule « Africa » s'inspirant du Kenya, des imprimés africains traditionnels sur des pièces structurées d’inspirations 60’s. Sans compter les marques parisiennes plus confidentielles comme Mode Trotter et ses robes wax ou Orgo et ses étuis high-tech waxés ! Même du côté de l’optique on s’y met : le célèbre créateur Alain Mikli a lancé une collection capsule avec la chanteuse Imany, avec des lunettes-foulard en wax africain habillant les branches ou la monture. Une influence plus ou moins revendiquée africaine, mais indéniable.

    Le wax, toute une histoire

    Certes, l’Afrique regorge d’autres matières comme le cracking du Ghana, le bogolan du Mali, le kita ivoirien, le Faso Dan Fani du Burkina ou le « Mon mari est capable » camerounais. Pourtant le wax reste emblématique des tissus africains, en dépit de racines internationales. C'est à partir du XIXe que les guerriers Ashantis, enrôlés comme marins par les Néerlandais vers l’Indonésie, importent au Ghana le batik (ancêtre du wax). Un engouement que n’ont pas manqué de noter Néerlandais et Britanniques qui se lancèrent dans la production de wax destiné aux Indonésiens insatisfaits par des motifs irréguliers qui charmeront les Africains. S’en suit le développement de l'industrie sur le continent africain.

    D'abord au Ghana, puis dans tout l’Ouest africain et plus particulièrement la Société béninoise de textile, seule à produire trois qualités : le chigan, de qualité comparable au wax hollandais; le védomè, de qualité intermédiaire; et le chivi. Notons qu'en Afrique de l'Ouest le wax revêt une forte dimension communicationnelle comparable à celle des tartans écossais : porte-étendard et uniforme de familles ancestrales, fêtes nationales ou de campagnes électorales, le wax est plus chic que le simple T-shirt de campagne politique ! Et on se consulte pour choisir le motif : portraits d’hommes d’Etat, de chefs de famille, animaux totems et autres motifs sont dessinés par des artistes burkinabè, béninois, maliens et ivoiriens. Bien plus qu’un simple apparat de mode, le wax relève donc du rite en Afrique, transcendant sa condition matérielle.

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