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    Hebdo

    France: le retour des maladies que l’on croyait disparues

    media Un déficit de vaccination explique en partie la recrudescence de certaines maladies en France. Alix Guigon/AFP

    Deux cas de peste ont été détectés aux Etats-Unis dernièrement. Onze cas ont été détectés en tout sur le territoire américain depuis le mois d’avril. Les maladies anciennes et pour une partie liées à la pauvreté sont de retour dans les pays développés et notamment en France. Rougeole, tuberculose et gale sont très représentées.

    Aux Etats-Unis, deux cas de peste ont été détectés chez des touristes après la visite d’un parc naturel situé en Californie. Cet épisode n’est pas sans rappeler la résurgence régulière de maladies que l’on croyait disparues dans les pays développés et plus spécifiquement en France. Cette dernière a connu un véritable épisode épidémique de rougeole à partir de 2008, avec un pic en 2011. Quinze mille cas ont été recensés pour cette seule année alors que 40 cas étaient déclarés en 2006, précise l’Institut de veille sanitaire (InVS). Entre le 1er janvier 2008 et le 31 avril 2015, 24 000 cas ont été déclarés en France et dix personnes en sont décédées.

    Une résurgence de la maladie due notamment à un relâchement de la vaccination, souligne l’InVS. Souvent considérée comme une maladie de l’enfance, la rougeole nécessite, pour être endiguée, une double injection. Or en 2008, la première dose avait été administrée à 89% des nourrissons. « On estime qu’elle [cette couverture vaccinale] reste insuffisante pour interrompre la circulation du virus. Sa diffusion et l’épidémie qu’a connue la France sont la conséquence d’un niveau insuffisant et hétérogène de la couverture vaccinale », détaille l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES). « L’éradication de la rougeole en France ne peut être atteinte que si au moins 95 % des enfants, adolescents et jeunes adultes reçoivent deux doses de vaccins », précise l’INPES.

    Baisse de la vaccination

    Une baisse de la vaccination qui s’explique pour une part au refus d’une tranche de la population d’y avoir recours. Des courants sceptiques se sont développés et estiment que les risques sont trop élevés face aux bénéfices qu’ils apportent. La méfiance des Français face aux vaccins est passée de 10% en 2005 à 40% en 2010, rapporte l’INPES. Une confiance qui repart à la hausse, selon les données du Baromètre santé 2014 réalisé par l’INPES. Alors que seuls 61% des 15-75 ans se disaient favorables à la vaccination en 2010, ils sont désormais 79% à déclarer y adhérer.

    Stéphanie Vandentorren a mené des études sur le terrain notamment pour l’Observatoire du Samusocial et a pu remarquer que la non-vaccination n'était pas particulièrement liée à la précarité. « Ce dont on se rend compte, c’est que les enfants sans domicile mais hebergés et nés en France sont aussi bien vaccinés que ceux qui ont un domicile. C’est très positif sur notre système de santé », souligne-t-elle. Elle note que la difficulté, particulièrement en Ile-de-France, touche surtout les enfants nés hors de France. « Néanmoins, les centres de protection maternelle et infantile et la médecine libérale jouent un grand rôle dans le rattrapage vaccinal des enfants », insiste-t-elle.

    Syphilis et gale

    Parmi les maladies en résurgence, il faut noter le retour de la syphilis. Souvent associée aux poètes maudits, cette infection sexuellement transmissible fait désormais partie de notre époque. La déclaration obligatoire depuis 1942 des cas dépistés a été supprimée en 2000, leur nombre étant devenu anecdotique. « Depuis le début des années 2000, on observe une recrudescence de la maladie, en lien avec une moindre utilisation du préservatif », note l’InVS. Aucun chiffre n’est officiellement disponible sur le nombre de personnes qui seraient aujourd’hui touchées par cette maladie.

    Souvent associée à la pauvreté, la gale fait aussi son retour en force. On se souvient du cas du camp de migrants à Calais qui avait été démantelé à cause de la maladie en 2014. Aucune statistique officielle n’est disponible sur cette maladie, car sa déclaration auprès des autorités n’est pas obligatoire. Néanmoins, l’incidence de la maladie a été calculée par le Haut Conseil de la santé publique à partir des médicaments vendus. Il répertorie pour 2010 au moins 328 cas pour 100 000 habitants, soit au moins 200 000 cas sur l’ensemble de la population française. L’augmentation représenterait 10% depuis 2002. La gale est due à un parasite contagieux et touche toutes les tranches de la population et tous les milieux socio-économiques malgré les idées reçues. Elle se transmet en général par des contacts humains directs, intimes et prolongés. Sa transmission est donc favorisée dans des contextes de collectivités ou de foyers, surtout en cas de promiscuité.

    Maladies de la pauvreté

    Véritable maladie de la pauvreté : la tuberculose. Près de 5 000 cas ont été comptabilisés en 2013 par l’InVS. Ce chiffre est en légère baisse, - 0,8% par rapport à l’année précédente. L’Ile-de-France est la plus touchée (36% des cas déclarés en 2013) et plus précisément les départements de Paris et de la Seine-Saint-Denis, selon l’Agence régionale de santé (ARS). Les statistiques officielles précisent que les personnes SDF ou vivants dans des structures collectives (centres d’hébergements collectifs, établissements pour personnes âgées, établissements pénitentiaires) sont les plus touchées.

    Les personnes d’origine étrangère sont aussi surreprésentées (56%), parmi elles une majorité sont nées en Afrique (62%). « Le risque plus élevé de maladie chez les personnes récemment arrivées en France pourrait être lié à leurs conditions de migration et de vie en France. Les données en population générale montrent ainsi que la proportion des ménages immigrés habitant dans un logement de mauvaise qualité est plus élevée que chez des ménages non immigrés, et qu’ils sont aussi plus touchés par la pauvreté en termes de conditions de vie », souligne l’InVS.

    « On n’en a pas les moyens »

    Sur le terrain, Véronique Vasseur, chef de service du centre d’accès aux soins de santé de l’hôpital Saint-Antoine confirme. « On a eu une résurgence effectivement des maladies de la pauvreté », dit-elle. Elles touchent les gens en situation de grande précarité. La docteure alarme surtout sur la situation des migrants arrivés d’Érythrée ou du Soudan. « Nous avons énormément de réfugiés depuis un ou deux ans. Ils sont recueillis par les maraudes, mais il y a un gros manque de prise en charge », s’alarme-t-elle.

    En provenance de pays où l’accès au soin est très limité, les infections progressent de manière importante chez ces populations. « On a des épidémies de gale. Il faudrait que ces personnes soient suivies, mais on n’en a pas les moyens », regrette-t-elle. L’incapacité relève du fait du nombre de personnes touchées, mais aussi du fait de la lourdeur des traitements qui demande un suivi sur le long cours. Elle déplore la limite de son action. « Nous allons traiter trois cas de gales par exemple, mais il faudrait traiter le camp entier, les literies, etc. », souligne-t-elle. Un peu démunie, elle n’a évidemment pas de solution toute faite à ces difficultés particulièrement liées au contexte politique. « Que voulez-vous qu’on fasse ? On les soigne… » 

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