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    Hebdo

    RDC: dure réconciliation entre Centrafricains chrétiens et musulmans

    media Malgré la présence de policiers pour assurer la sécurité du camp de Mole, des musulmans craignent de pratiquer librement leur religion. RFI/Habibou Bangré

    Des milliers de Centrafricains se sont réfugiés dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, fuyant un conflit qui divise chrétiens et musulmans jusqu'en terre congolaise. Certains vivent chez des Congolais qu'ils ont aidés quand, en 2009-2010, ils se sont exilés à cause d'affrontements meurtriers.

    Reportage à Zongo et Libenge,

    Héritier habite Zongo, une localité du nord-ouest de la République démocratique du Congo qui fait face à Bangui, la capitale de l’instable Centrafrique. « Je veux que les Centrafricains puissent s'arranger entre eux. Mais s'ils veulent rester ensemble, ils doivent laisser la rancune », prêche le Congolais de 27 ans.

    En mars 2013, une nouvelle crise a éclaté en Centrafrique : le président François Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 par un coup d'Etat, a été renversé par les rebelles essentiellement musulmans de la Seleka. Fin 2013, leurs exactions ont nourri l'émergence de milices majoritairement chrétiennes, nommées anti-balaka.

    Les violences, meurtrières, ont provoqué « environ 900 000 déplacements de personnes depuis décembre 2013 », selon l'ONU. Quelque 17 000 d’entre elles ont fui Bangui via le fleuve Ubangui pour se rendre à Zongo, et la majeure partie s’est ensuite installée dans le camp de Mole, à une trentaine de kilomètres au sud. La plupart des 1 500 musulmans exilés résident à Zongo. Plus facile pour leurs affaires avec Bangui, justifient certains. Mais d'autres avouent que, en dépit des policiers et de la sensibilisation pour la réconciliation, ils craignent de vivre à Mole où à peine une centaine de musulmans sont recensés sur des milliers de chrétiens.

    « Nous sommes différents des chrétiens. Ils sont un peu sauvages par rapport à nous, ici. [...] Nous, on n'a pas de problème avec eux (les chrétiens, ndlr), mais on ne connaît pas leurs intentions par rapport aux musulmans », confie Abdulahi, keffieh rouge et blanc sur la tête, chapelet musulman entre les mains.

    Familles d'accueil démunies

    Abdoulaye, 17 ans, qui a fui Bangui en mars 2013 avec son père musulman, laissant derrière sa mère chrétienne, a « beaucoup d'amis chrétiens à Mole ». Mais pour lui, pas question d'aller les voir. « Il n'y a pas encore la réconciliation, ça ne peut pas marcher. Seul, je ne peux pas y aller, on ne sait jamais... »

    Ces réfugiés restent en général dans des familles d'accueil aux maigres ressources : bien qu’agricole, la région ne produit pas assez et de nombreux vivres proviennent de Bangui ou de Gemena, située au sud-est de Zongo et accessible via une route très dégradée, surtout en saison des pluies.

    Malgré la précarité, « Zongo est naturellement accueillante », assure Eudes Eloko, maire-adjoint de la localité. « Tout le monde a un frère de l'autre côté de la frontière. La cohabitation est pacifique », renchérit-il. D’autres Congolais confirment leur solidarité avec les réfugiés, quelle que soit leur confession.

    Dans une djellaba émeraude, Grâce, un commerçant congolais chrétien de 24 ans, explique ainsi qu'il avait accueilli un « cousin » centrafricain, aujourd'hui décédé. « C'était un musulman qui a été menacé par les chrétiens. Je voulais le protéger, seulement. Je ne pouvais pas le laisser comme ça ! »

    Parmi les 4 000 réfugiés vivant « hors camp », on compte aussi des chrétiens. Solange, 28 ans, étudiante en anthropologie avant le conflit, avait vécu un temps avec ses deux enfants à Mole où les réfugiés ont accès gratuitement à des soins et à l’école primaire. Mais jugeant qu’il y avait « trop de contamination, trop de maladies », elle est revenue à Zongo.

    Solidarité d'une rive à l'autre

    A l’inverse, Jeanine, 27 ans, mère de six enfants, ne rêve que de poser ses valises à Mole. « Moi, je veux vivre là-bas, avec les chrétiens. Ici, avec les musulmans, ce n'est pas bon. Les musulmans ont tué mon mari à Bangui », raconte-elle. En attendant son départ, elle survit en famille d'accueil. A Libenge, à 122 kilomètres au sud de Zongo, des Congolais prennent aussi en charge des réfugiés. Pour eux, c'est une question de solidarité et parfois l'occasion de rendre la pareille à ceux qui les avaient hébergés quand ils ont fui un conflit interethnique meurtrier en 2009-2010.

    C'est le cas de Gabriel, un pêcheur de 55 ans qui s'était réfugié à l’époque dans le grand camp de Batalimo. « Des Centrafricains m'ont offert du manioc et d'autres choses à manger », ainsi qu’une « portion de terre à cultiver », se souvient ce père de six enfants, reconnaissant.

    Si reconnaissant que, pour lui, il était de son « devoir moral » de recevoir leur mère, Delphine, 77 ans, quand elle a dû s’exiler à son tour. Mais sans assistance, le quotidien est difficile. « Ma femme fabrique du savon et vend du sel. Moi, je me débrouille un peu avec la pêche, mais ce n'est pas suffisant… »

    Quant à Marie, 75 ans, à la tête d'une famille de 19 personnes, elle héberge six Centrafricains qui l'avaient aidée quand elle a fui le même conflit que Gabriel. « C'est très difficile de se nourrir car on n'a pas d'assistance », regrette-t-elle. Avant de conclure que le sacrifice en vaut la peine : « Nous formons une même famille ».

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