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    France

    Les 120 ans de la CGT à l’épreuve d’un syndicalisme en mutation

    media Des militants bloquent l'accès de l'usine ArcelorMittal de Florange, dans le nord-est de la France, le 8 mars 2012. AFP PHOTO / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

    Créé en 1895 à Limoges, le plus ancien syndicat de France revendique aujourd’hui un peu plus de 700 000 adhérents : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, il en affichait plus de 6 millions. Les temps ont changé, mais à 120 ans bien sonnés, la CGT appelle plus que jamais à défendre les droits syndicaux.

    Le congrès constitutif de la Confédération générale du travail (CGT) s’est tenu à Limoges (centre) le 23 septembre 1895, onze ans à peine après la légalisation en France des syndicats. L’avènement de la CGT scelle l’union entre les différents courants de l’époque du mouvement ouvrier : les sociaux-démocrates et socialistes marxistes et les anarcho-syndicalistes. Les fédérations du livre et celle des cheminots sont déjà les poids lourds de l’organisation ouvrière. 

     La rébellion des corsetières
     
    Trois mois à peine avant le congrès fondateur de septembre 1895, s’est déclenchée à Limoges la toute première grève féminine à Limoges et une des premières en France, rappelle Michèle Baracat présidente de l’Institut régional d’Histoire sociale de la CGT à Limoges. Quarante-quatre ouvrières corsetières sur les 105 employées de l’atelier, soumises à des journées de dix heures et à une discipline de fer, ont refusé de s’agenouiller pour la prière journalière comme le leur imposait leur patronne.
     
    Pour protester, les ouvrières se mettent en grève, un mouvement qui durera 108 jours. « En soutien à leur mouvement, sous la pression des travailleurs limousins, le congrès fondateur de la CGT, essentiellement masculin, précise Michèle Baracat, accueillera une délégation de corsetières. Trois d’entre elles seront appelées à la présidence du congrès ».
     
    La pente de l’institutionnalisation
     
    L’histoire de la CGT est émaillée de combats novateurs : journée de 8 heures,  congés payés, semaine de 35 heures, puis de 32 heures, retraite à 60 ans, hausse des salaires, conventions collectives… Considéré depuis l’origine par ses syndiqués comme un mouvement révolutionnaire pour ses choix de société, la promulgation des lois Auroux en 1982 par le gouvernement Mauroy, pousse les syndicats y compris la CGT vers une conception plus institutionnelle des rapports salariés/patrons. Beaucoup de syndiqués n'y retrouveront pas leurs marques. 
     
    Selon l’historien Stéphane Sirot, « ce changement a eu pour effet d’orienter le mouvement syndical vers une fonction institutionnelle, de dialogue social et de rencontre avec les pouvoirs publics. Cela a eu un effet néfaste, relève-t-il, le syndicat est moins présent sur le lieu de travail et moins tourné vers la création de mouvement social et de revendications ».
     
    Cette institutionnalisation de fait est une préoccupation pour Philippe Martinez le secrétaire général de la CGT qui souhaiterait l’intégrer au 51e congrès du syndicat, à Marseille, en avril 2016. Dans un entretien que publie l’Humanité du 23 septembre, il aborde la question admettant être « dans un cycle où les syndicats sont aspirés dans l’institutionnel, avec la multiplication de réunions. […] Nous passons beaucoup trop de temps avec les patrons et avec le gouvernement, pour décider à la place des salariés. […] Or, nous ne devons pas décider entre gens de bonne compagnie sans consulter les salariés, car c’est aller à l’encontre de notre conception du syndicalisme ».
     
    Dividendes contre salaires  
     

    Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, à Paris le 29 janvier 2015. AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE

    Cet éloignement entre direction et base explique peut-être en partie la faiblesse des organisations syndicales de l’Hexagone. À peine 8 % des salariés y adhèrent, 5 % dans le privé. En quelques décennies, on a retrouvé à peu près le taux de syndicalisation du XIXe siècle ! La réforme annoncée du Code du travail, en atomisant les niveaux de négociation, risque encore de faire reculer cette « communion dans les luttes » dont le souvenir pâlit de plus en plus.  
     
    Le contexte économique actuel n’est certainement pas non plus étranger à la démobilisation des salariés tant on répète sur tous les tons qu’il n’y a plus d’argent. Un dogme que rejette énergiquement le patron de la CGT en relevant qu’« en cinq ans, les dividendes ont progressé de plus de 60 %. À quoi cela sert-il de verser autant de dividendes aux actionnaires ? À l’inverse mettre plus d’argent dans la poche des salariés, cela revient à favoriser la consommation de produits de qualité, plus soutenables pour l’environnement. Lorsqu’on évoque ces sujets avec les salariés, ils comprennent », garantit Philippe Martinez. 

    Après le retrait laborieux de Thierry Lepaon, le secrétaire général auquel a succédé Philippe Martinez dans une atmosphère de crise en février 2015, la CGT voulait passer à autre chose. À quelques mois d’un congrès qui ne devrait pas être un long fleuve tranquille, le secrétaire général assure que le syndicat a pu enfin, « malgré quelques soubresauts », reprendre sa réflexion sur sa conception du syndicalisme pour, peut-être se réinventer. Un bien beau programme pour les décennies futures.

     

     

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