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    Hebdo

    La Pologne, nouvel eldorado des vendeurs d'armes

    media L'entreprise Airbus Helicopters espère vendre 50 hélicoptères Caracal à la Pologne pour un montant de 3 milliards d'euros. © Airbus Helicopters/Anthony Pecchi

    La Pologne veut donner du poids à ses armées, et pour cela, elle investit massivement dans ses matériels militaires. Il n'en fallait pas plus pour attirer de nombreux industriels de ce secteur, intéressés par une grosse dizaine de contrats particulièrement juteux : des sous-marins, des hélicoptères ou encore des missiles.

    Kielce était, jusqu'à récemment, une ville tout à fait méconnue de Pologne. Elle est devenue le lieu d'acceuil du Salon international de l'industrie de défense... Une rencontre longtemps restée assez confidentielle. Pourtant, en septembre dernier, pour sa 23e édition, cette foire aux armements attirait tout le gratin de l'industrie militaire : 543 exposants en provenance de 28 pays en tête desquels les Etats-Unis, l'Allemagne, la France ou encore le Royaume-Uni.

    Qu'ils fabriquent des missiles, des hélicoptères ou des navires de combat, tous ces géants de l'industrie ont été attirés par les ambitions de Varsovie en matière de défense. « La Pologne est l'un des rares pays à maintenir un budget conséquent, explique Guillaume Farde, maître de conférence à Science-Po Paris. Il n'y a aucun Etat de taille critique dans l'Union européenne qui ait une telle politique publique. »

    Avec un budget de Défense proche des 2 %, la Pologne fait en effet office d'exception dans une Europe qui hésite à investir dans ce secteur. Le conflit entre Russie et Géorgie, notamment, aurait encouragé cette évolution : « La Pologne s'est rendue compte en 2008 que personne n'avait réagi, analyse Krzystof Soloch, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Pour la Pologne, c'est la confirmation que l'Europe n'est plus la priorité des Etats-Unis. Il fallait moderniser les forces armées pour faire face à des menaces plus importantes aux frontières. »

    Varsovie a donc décidé de renforcer rapidement les moyens de ses militaires, notamment à travers onze programmes prioritaires d'achat de sous-marins, d'hélicoptères de combat et de transport, de drones ou encore de défense anti-missiles. Autant d'importants contrats que les industriels viennent se disputer.

    L'eldorado de l'armement

    En tout, il y aurait près de 120 milliards d'euros sur la table pour les années à venir. « Je n'irai pas jusqu'à parler de grand eldorado, pondère Xavier Mesnet, directeur marketing opérationnel chez DCNS, l'un des industriels français intéressés par ce marché. Nous discutons avec l'inspecteur de l'armement polonais. Ils savent ce qu'ils veulent : nous avons construit avec eux un dialogue depuis quatre ans. » L'objectif : se positionner sur des marchés de sous-marins et de corvettes.

    Paris est conscient des enjeux liés aux investissements polonais. Il y a quelques mois, l'ambassade, à Varsovie, voyait même un attaché de défense supplémentaire arriver avec, comme mission, d'assurer la promotion des matériels tricolores. D'autres sont en effet en lice, comme Thales ou Airbus Helicopter, qui est en pleines négociations pour la vente de 50 hélicoptères Caracal pour un montant de trois milliards d'euros.

    Pour convaincre Varsovie, DCNS propose de travailler avec un industriel local. Si des navires étaient vendus, ils seraient construits en partenariat dans des chantiers polonais. « C'est une opportunité, estime Xavier Mesnet. Le fait de former leurs équipes garantit une autonomie dans la maintenance des matériels. »

    « Poloniser » l'industrie

    Ce type d'organisation est aussi et surtout un argument pour la Pologne, qui espère ainsi rattraper son retard industriel. Les transferts de savoirs et de technologie qui iraient avec de tels contrats sont au cœur d'une politique baptisée « polonisation ». « Le but n'est pas d'acheter pour acheter, tout en restant dépendant de ceux qui vous approvisionnent, explique Guillaume Tarde. Le but est de développer une base industrielle et de faire monter en puissance les industries nationales. »

    La Pologne pourrait-elle en profiter pour faire émerger sa propre industrie sur un marché international ? Varsovie pousse ses voisins, les pays du Groupe de Visegrad, les Baltes, ainsi que la Roumanie et la Hongrie, à investir massivement eux aussi. Des propositions de projets communs se font entendre, ici et là. « C'est fragile, tempère Krzystof Soloch. Il y a beaucoup d'idées portées au niveau politique, mais qui ne sont pas encore suivies au niveau industriel. »

    La Pologne pourrait-elle s'imposer à l'avenir comme un acteur émergent du commerce de l'armement ? Krzystof Soloch note que l'on en est encore loin et que la priorité reste à la restructuration des entreprises. Guillaume Farde, lui, se montre plus confiant dans les capacités de Varsovie à pousser ses ambitions : « Ils sont en plein rattrapage. Et ils se donnent les moyens de le faire. »

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