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    Quand la Fondation de France soutient des jeunes aux projets innovants

    media Ces trois jeunes ont reçu une bourse de la Fondation de France pour développer leurs projets. Montage

    Coline, Antoine, Marine… Ces trois jeunes ont pour point commun d’avoir reçu en octobre une bourse de la Fondation de France pour soutenir leurs projets. Qu’il s’agisse du lancement d’un agenda culturel franco-arabe à Paris, d’une création radiophonique sur l’incarcération en Turquie et en France ou encore d’un livre pour venir en aide aux frères et sœurs d’enfants gravement malades, chacun d’eux essaie à sa manière de faire partager sa passion avec un public plus large. Portraits.

    C’est en mars 2011 que Coline Houssais, 28 ans, a l’idée de créer un agenda culturel franco-arabe. A Londres pour ses études, elle se rend compte qu’il n’existe pas de support qui rassemble tous les événements culturels liés aux pays arabes en France. De retour dans l’Hexagone, elle se donne comme objectif de combler ce manque. « L’idée, c’était de faire une cartographie de la scène culturelle arabe en Île-de-France, tous territoires, disciplines, origines et milieux sociaux confondus », explique-t-elle.

    Même si le projet repose sur la promotion du « vivre ensemble » et la mise en valeur de la culture des pays arabes, Coline Houssais souhaite qu’Ustaza, le nom qu’elle donne à cet agenda, reste apolitique et non partisan : « Ce serait triste si défendre une banalité devient un combat idéologique. Car, pour moi, contribuer à une vision plus riche et plus nuancée du monde arabe, ça me semble juste normal, banal. Il ne s’agit pas de faire de l’évangélisme ou d’être " bisounours ", mais juste de montrer qu’il y a d’autres choses à dire et à découvrir sur le monde arabe. » 

    Avec Ustaza à Paris, Coline Houssais souhaite développer « une cartographie de la scène culturelle arabe en Île-de-France, tous territoires, disciplines, origines et milieux sociaux confondus ». Ustaza

    Le monde arabe, Coline Houssais le connaît bien. Diplômée de Sciences Po Paris (campus Méditerranée – Moyen-Orient de Menton) où elle a appris l’arabe, elle a vécu un an en Syrie et un an au Maroc. Elle a également visité Oman, le Qatar, la Palestine, le Liban, la Jordanie, le Koweït, les Emirats arabes unis, l’Egypte...

    Avec Ustaza, elle souhaite faire se rencontrer des personnes aux horizons différents. « Aujourd’hui, notre public est surtout constitué de personnes déjà intéressées par le sujet. Mais nous souhaitons aussi, pour toucher de nouveaux publics, multiplier des actions de sensibilisation dans le monde rural, mais aussi dans le monde carcéral ou en milieu scolaire », explique-t-elle.
     
    Ustaza, disponible uniquement sur internet, est encore limité aux événements en région parisienne mais l’agenda est en train de se développer, d’abord en Provence-Alpes-Côte d’Azur puis dans le Nord. « A terme, l’objectif est de réussir à couvrir toutes les régions françaises, voire de développer le projet en Belgique, au Québec et en Suisse. J’espère que l’on pourra répertorier 90% de l’actualité culturelle arabe dans les zones que l’on couvre », promet Coline Houssais.

    Anciens prisonniers en Turquie et en France

    Antoine Bougeard, 25 ans aujourd’hui, part effectuer un Erasmus à Istanbul en octobre 2011. Là, il est marqué par la proximité des prisons avec la réalité quotidienne : « Un étudiant de mon université était incarcéré depuis deux ans. Quand j’étais là-bas, il y a eu toute une mobilisation pour lui, à laquelle j’ai été très sensible. » Il décide alors de faire une pause dans ses études et prolonge son séjour en Turquie.
     
    Revenu en France, il reprend ses études tout en s’intéressant à la question des prisons. Il s’inscrit au Genepi, une association d’étudiants en faveur du décloisonnement des institutions carcérales. C’est alors qu’il a l’idée de donner la parole à d’anciens détenus de deux anciennes prisons, Sainte-Anne à Avignon et Bayrampaşa à Istanbul. A travers ce projet radiophonique, nommé Panoptisme, il a déjà collecté les témoignages de six personnes dans chacune de ces prisons. 

    Antoine Bougeard (ici, en janvier 2015) a déjà interviewé six ex-détenus de l’ancienne prison Sainte-Anne à Avignon (France) et six ex-détenus de l’ancienne prison Bayrampaşa à Istanbul (Turquie). Romain Berthier

    « Les personnes que j’interroge, je les vois trois, quatre fois, pendant deux ou trois heures environ. Avant de commencer l’enregistrement, je discute longtemps avec elles. L’idée est de déconstruire les témoignages qu’elles ont l’habitude de donner. C’est un processus assez long. Je les interroge sur la façon dont la prison a transformé leur perception du corps, de leur corps dans l’espace, mais aussi de leur expérience de l’enfermement, de leur vie amoureuse », explique Antoine Bougeard.
     
    Dans sa création, il ne garde que leurs réponses. « Je coupe rarement la parole. On parle de choses qui ne sont pas simples, qui relèvent de l’intime. Mais les personnes sont, en général, contentes de parler de leur incarcération, d’en parler autrement que dans le contexte habituel. »
     
    Sa création radiophonique d’une heure, qui devrait être prête en janvier, sera diffusée par Radio Grenouille à Marseille, Radio Campus à Avignon et Açık Radio à Istanbul. Antoine Bougeard compte également décliner ce projet en une installation sonore, à la fois à Istanbul et en France (peut-être Avignon), qui devrait être réalisée lors de la deuxième moitié de 2016. 

    Aider les frères et sœurs d’enfants malades

    Marine Mangenot, 28 ans, éducatrice spécialisée, a été formée à l’art-thérapie, qui est « une exploitation du potentiel artistique pour une visée thérapeutique ». Son projet de livre est parti du constat que le frère ou la sœur d’un enfant gravement malade étaient peu pris en charge. « La médecine a d’abord concentré son travail sur les symptômes. Récemment, elle s’est rendu compte que, derrière la maladie, il y avait une personne humaine qui souffrait. Et elle commence maintenant à constater que les proches des malades souffrent aussi, surtout les enfants. »

    Marine Mangenot s’appuie sur son expérience d’art-thérapiste afin d’écrire un livre pour les frères et sœurs d’enfants gravement malades. Fondation de France

    Elle compte s’appuyer sur son expérience pour raconter une histoire qui montrerait les sentiments d’un enfant dont le frère ou la sœur est gravement malade, souvent atteint d’un cancer. A travers un personnage, qui prendrait à parti le lecteur, son idée est de montrer les émotions que peut connaître le frère ou la sœur d’un enfant malade.

    Par exemple, lors de ces ateliers d’art-thérapie, Marine Mangenot s’est rendu compte que, lorsqu’elle demandait aux frères et aux sœurs d’enfants malades de dessiner leur famille, certains ne se dessinaient pas du tout, ou en tout petit, alors que le malade était dessiné en grand et au centre.

    « La maladie d’un enfant change complètement l’équilibre familial. Pour le frère ou la sœur, il y a le sentiment d’être exclu, de la jalousie, de la colère, parfois. Il y a aussi la peur de la maladie, de la contagion, la peur que l’enfant meure. Et les frères et sœurs culpabilisent, ils sont jaloux, mais ils culpabilisent d’être jaloux. Cela peut créer des troubles, certains ne veulent pas aller à l’école ou ont des problèmes pour s’endormir », explique Marine Mangenot.
    Son livre, destiné aux 3-8 ans, comportera également une partie destinée aux parents pour les aider à affronter ces difficultés. L’édition du livre est prévue pour juin 2016.

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