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    Crash du Sinaï: pourquoi Moscou tarde à admettre la piste terroriste

    media Un morceau de la carlingue de l'airbus de la compagnie russe, le 1er novembre 2015 après qu'il s'est écrasé dans le dans le désert du Sinaï. KHALED DESOUKI/RUSSIA'S EMERGENCY MINISTRY/AFP

    D’après plusieurs analystes, les autorités envisagent, vraisemblablement depuis le crash de Charm el-Cheikh en Egypte, l’hypothèse de l'attentat. Mais le Kremlin aurait été pris au dépourvu, ce qui explique notamment le silence de Vladimir Poutine pendant 48 heures après la catastrophe.

    Depuis le crash de Charm el-Cheikh, en Egypte, le Kremlin est dans une position inconfortable pour plusieurs raisons. La participation de la Russie dans la guerre en Syrie n’était pas une nécessité de défense nationale. Il faut rappeler qu’au début de ses frappes, 70% des Russes étaient contre cette intervention. Et qu'il a fallu une campagne massive dans les médias pour retourner l’opinion. En outre, le Kremlin avait envisagé des pertes militaires en Syrie, mais pas la mort de 224 civils, femmes et enfants compris.

    De plus, Vladimir Poutine avait déclaré qu’il allait éliminer les terroristes d’origine russe en Syrie, avant que ceux-ci ne viennent commettre des attentats sur son sol. Or, les terroristes ont touché les Russes hors de la Russie et le pouvoir a été incapable de protéger ses ressortissants. Il lui était donc difficile, face à son opinion, d’admettre l’hypothèse d’un attentat.

    Dans ce contexte, les autorités russes ont brusquement décidé d’interrompre tous les vols avec l’Egypte et de rapatrier les touristes russes. Une décision intervenue après celle de Londres de rapatrier ses ressortissants, qui n’a sans doute pas été prise de gaieté de cœur. Les destinations au soleil se raréfient pour les Britanniques, qui évitent déjà la Tunisie depuis juillet ! David Cameron a d’ailleurs pris soin d’appeler Vladimir Poutine pour lui expliquer la situation.

    75 000 vacanciers russes

    A ce moment-là, l’examen des boîtes noires était déjà suffisamment avancé pour savoir ce qu'il s’était passé. C’est sans doute pour cela que le Service fédéral de sécurité russe, le FSB, a vivement conseillé au président Poutine de rapatrier les Russes. Une opération complexe, car il y avait 75 000 vacanciers russes en Egypte !

    Et, signe que la Russie savait sans doute que le crash était dû à une bombe placée dans les bagages, ces vacanciers sont rentrés sans leurs bagage, qui ont été transportés dans des avions cargos. Le risque d’un nouvel attentat était trop important pour faire comme si de rien n’était.

    Pour autant, Moscou ne dit toujours pas qu’il s’agit d’un attentat. Mardi 10 novembre, le chef de l’Administration présidentielle, un très proche du président Poutine, a encore déclaré : « Nous avons arrêté les vols sans connaître la version finale du crash… Nous l’avons fait de façon préventive ». Cela montre que le Kremlin hésite dans la marche à suivre.

    Guerre en Syrie

    En début de semaine, un journal russe a écrit qu’admettre l’acte terroriste, c’est admettre le lien avec la guerre en Syrie et donc la part de responsabilité du gouvernement. Et pendant longtemps d’ailleurs, le porte-parole du Kremlin a insisté sur le fait que la catastrophe aérienne n’avait aucun rapport avec la campagne de frappes russes en Syrie. La conséquence logique, écrivait encore ce journal, en prenant l’exemple des attentats de Madrid en 2004, ce serait de se retirer de ce conflit dont la société russe n’a pas besoin. Mais ce n’est pas envisageable en Russie, car ce serait reconnaître l’erreur du pouvoir.

    Dès lors, les autorités russes vont-elles modifier leur politique en Syrie ou maintenir le statu quo ? Selon la plupart des analystes, le Kremlin pourrait utiliser cet attentat pour justifier une intensification de son implication militaire en Syrie. Ces analystes prennent généralement en exemple ce qui s’est passé avec la Tchétchénie après les attentats de 1999. Des attentats qui avaient justifié une reprise de la guerre dans cette république autonome du Caucase.

    La forte émotion suscitée par cette catastrophe en Russie pourrait être utilisée pour retourner l’opinion en faveur d’une intervention jusqu’au-boutiste en Syrie. Mais cela ne serait pas sans risque. Plus une guerre est longue, plus elle est meurtrière, et Vladimir Poutine s’était engagé à ce que cette campagne soit courte. Quant à une intervention terrestre, elle renvoie évidemment au souvenir douloureux de l’Afghanistan. Et puis, certains estiment tout simplement que la Russie n’en a pas les moyens militaires, qu’elle a atteint les limites de ses capacités d’intervention.

    Le Kremlin pourrait s’en tenir à son attitude actuelle, c'est-à-dire ne jamais répondre clairement à la question : était-ce ou non un attentat ? Il s’agirait ainsi de créer chez le citoyen russe un sentiment de doute, une incertitude qui engendre la crainte, qui incite plutôt à rester chez soi et à ne pas poser trop de questions.
     
    En attendant, le crash n’a, semble-t-il, pas eu d’impact sur les relations diplomatiques entre l’Egypte et la Russie. Il est d’ailleurs notable que les médias égyptiens ne traitent pas du tout de la même façon la Grande-Bretagne et la Russie, alors que les deux pays ont rapatrié leurs ressortissants. Ils parlent dans leur grande majorité d’un « complot anglo-américain » destiné à se venger du rapprochement entre Le Caire et Moscou. Mais pas un mot contre Moscou, même quand le Premier ministre russe, Dimitri Medvedev, admet « la possibilité d’un acte terroriste ».

    Lorsqu’elles ont annoncé le rapatriement de leurs ressortissants, les autorités russes ont précisé qu’elles continueraient à travailler main dans la main avec les Egyptiens, tant sur l’enquête que sur l’amélioration des conditions de sécurité dans les aéroports. Dans un premier temps, elles ont même laissé entendre que les vols allaient reprendre rapidement. Mais le chef de l’Administration présidentielle a bien précisé qu’il y en aurait sans doute pour plusieurs mois, avant que les compagnies russes ne reprennent leur vol vers l’Egypte !

    Les portraits de l'équipage de l'A321 qui s'est crashé en Egypte sont affichés à Moscou dans les bureaux de la compagnie aérienne. REUTERS/Maxim Shemetov
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