GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 14 Juillet
Lundi 15 Juillet
Mardi 16 Juillet
Mercredi 17 Juillet
Aujourd'hui
Vendredi 19 Juillet
Samedi 20 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Juin 2019, mois de juin le plus chaud sur Terre depuis 140 ans (National Oceanic and Atmospheric Administration)
    • «Renvoyez-la!»: Trump dit désapprouver les slogans scandés à son meeting
    • Iran: Rohani appelle Macron à «intensifier» les efforts pour sauver l'accord nucléaire
    • Washington demande à l'Arabie saoudite de libérer le blogueur Raef Badaoui (Pence)
    • Les États-Unis vont pousser pour la liberté religieuse en Corée du Nord (Pence)
    • Sanctions américaines contre des dirigeants de milices liées à l'Iran en Irak (Mike Pence)
    • Tour de France 2019: Simon Yates s'impose dans la 12e étape, Julian Alaphilippe conserve le maillot jaune
    • Maroc: trois hommes condamnés à la peine de mort pour l'assassinat de deux Scandinaves
    Hebdo

    Pourquoi les navires et les avions de guerre violent les frontières?

    media L' «USS Lassen» (d) a approché volontairement l'îlot Subi Reef, le 27 octobre dernier, pour signifier aux Chinois qu'ils n'ont aucun droit de revendiquer les mers alentours. Ces derniers ont rétorqué par des menaces publiques. US Navy/Patrick Dionne

    La destruction d'un appareil russe par l'aviation turque remet la question des violations de frontières au coeur de la diplomatie mondiale. En permanence, les uns et les autres s'accusent de provocations, parfois à tort, parfois à raison. Un sous-marin russe ici, un navire américain là, un avion chinois... Il arrive que certains aient parfois du mal à respecter les frontières. Maladresses des pilotes ou actes politiques, quels sont les risques engendrés par ces manœuvres ?

    En février dernier, deux bombardiers stratégiques russes et leurs escortes, potentiellement équipés d'une arme nucléaire, circulaient entre la France et le Royaume-Uni, entraînant le décollage de chasseurs pour les identifier et les escorter. Le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, avait ironisé sur la présence « intempestive » de ces appareils à proximité des côtes bretonnes. Plus récemment, fin octobre, la Chine exprimait sa colère après qu'un bâtiment de guerre américain a pénétré ce qu'elle considère comme sa mer territoriale. « Nous conseillons aux Etats-Unis de réfléchir à deux fois avant d'agir de manière aveugle et de provoquer des problèmes sans raison », avait alors menacé le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi.

    Ces manœuvres militaires sont en effet des messages politiques envoyés par les uns et les autres. Si plusieurs experts confirment qu'il est possible qu'un aéronef se perde en route et rate une frontière, il s'agit rarement d'erreurs. « On peut de moins en moins souvent plaider pour l'accident, explique Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine spécialisé Défense et Sécurité Internationale. Les appareils, et surtout les systèmes de navigation, y compris en Chine et en Russie, se sont sérieusement modernisés. Les pilotes sont également devenus très compétents. Il est clair qu'il y a une signification politique. »

    Tester les réactions

    Ces manœuvres, souvent perçues comme des provocations, ont en réalité pour but d'étudier les réactions des pays voisins. « L'une des causes des guerres, analyse ainsi Olivier Schmitt, chercheur associé en Etudes de la guerre à l'université du Danemark du Sud, c'est le manque d'information. Ce type d'actions peut avoir trois objectifs. Le premier, c'est tout simplement de regarder ce qu'il y a de l'autre côté de la frontière. Le second, c'est de manifester son intérêt pour une zone spécifique, on envoie ainsi un message. Le troisième, c'est de tester la réaction de l'autre, et ainsi d'obtenir une information sur ses priorités stratégiques. Chacun cherche ainsi à réduire le niveau d'incertitude sur les intentions de l'autre. »

    Ainsi, lorsque des sous-marins russes approchent des eaux suédoises, c'est à la fois pour entraîner leurs équipages à des manœuvres discrètes ou des procédures d'évasion, mais aussi pour voir comment réagissent les Suédois. Vont-ils laisser faire ? Vont-ils réagir militairement ? Une cartographie des manœuvres aériennes russes autour de l'Europe donne ainsi l'impression qu'ils testent les procédures d'interception des différents pays de l'Otan. « Ce type de comportement n'est pas spécialement malsain, tempère Olivier Schmitt... Dans une certaine mesure. Le risque, c'est qu'il y ait un mauvais calcul et qu'un pays anticipe mal la ligne rouge de l'autre. »

    « Les Russes se contentent en réalité de longer les frontières de l'espace aérien européen, nuance Jean-Vincent Brisset, général de brigade aérienne à la retraite et directeur de recherche à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Ils montrent que si ils voulaient, ils pourraient passer. Tout le monde fait pareil. Pour moi, un seul cas de violation de l'espace aérien est avéré : celui survenuen Turquie début octobre. Mais c'est une situation particulière : il s'agissait d'une urgence opérationnelle. »

    Interpréter le droit

    Violation ou pas du droit international ? La plupart des observateurs consultés estiment que la Russie et la Chine ont une sérieuse tendance à jouer avec les nuances. « C'est de bonne guerre, estime Joseph Henrotin. Je ne dirais pas qu'ils sont d'horribles provocateurs. C'est une façon de montrer de quoi ils sont capables. » Les Occidentaux font-ils la même chose ? « Je suis persuadé que si on faisait pareil, les Russes ne se priveraient pas de se plaindre dans les médias », estime ce spécialiste.

    Les Chinois n'hésitent d'ailleurs pas à élever le ton lorsque les Américains approchent de leurs précieux îlots. Il s'agit pourtant là d'une interprétation du droit propre à Pékin. « Il avait raison de le faire, note Jean-Paul Pancratio, professeur agrégé de droit, à propos de la manœuvre du destroyer américain USS Lassen, évoquée plus haut. Ce n'est pas une mer territoriale chinoise. Ils remblaient l'îlot dénommé Subi Reef pour le rendre artificiellement opérationnel. Quelques nations, dont la France, font exprès de passer à côté pour signifier aux Chinois qu'ils n'ont pas le droit de s'attribuer ces territoires. » Les navires de guerre ont en effet le droit de circuler dans les zones maritimes jusqu'à la limite des eaux intérieures. La courtoisie veut - et le navire américain l'avait fait avec les Chinois - que l'on prévienne, sans obligation réelle de le faire, note le juriste.

    Les uns et les autres se permettent donc parfois des interprétations intéressées du droit international, pour justifier des manœuvres parfois risquées. Plusieurs organismes ont ainsi dénoncé à plusieurs reprises des actions trop intempestives d'aéronefs russes qui auraient pu entraîner des accrochages avec des avions de ligne. Chaque semaine, dans le monde, des hélicoptères chinois pénètrent le territoire indien ; des avions russes approchent les espaces aériens japonais ou européens ; des sous-marins de divers pays passent discrètement des zones interdites en se camouflant sous des navires. « L'objectif n'est pas de combattre, assure Joseph Henrotin. Il s'agit de montrer et de démontrer. » En espérant qu'il n'y ait pas de malentendus...

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.