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    La Réserve mondiale de semences à la rescousse des graines syriennes

    media La Réserve mondiale de semences, sur l’île de Spitzberg, se trouve à 1 100 km du pôle Nord. RFI/GuéliaPevzner

    Prévue pour protéger les plantes des catastrophes naturelles ou des conflits humains, la Réserve mondiale de semences, basée sur l’île de Spitzberg, à 1 100 kilomètres du pôle Nord, a récemment donné refuge à des variétés de blé, d’orge et de lentilles venues de Syrie. Cette collection de l’Institut Icarda, à Alep, a été saccagée par Daech, mais les chercheurs ont pu envoyer une copie de sauvegarde à « L'Arche de Noé des graines ». En septembre 2015, les semences syriennes ont pris le chemin du retour, vers le Proche-Orient et le Maghreb.

    Dans l’île de Spitzberg engloutie par les neiges, un avion se pose à l’aéroport de Longyearbyen, la ville la plus septentrionale de la planète. Les caisses sont déchargées dans un camion qui monte la route en serpentin dans la montagne. Il transporte les semences de blé, de riz, de pommes de terre ou d’autres céréales et légumineuses. Encore quelques minutes, et celles-ci seront déposées à la Réserve mondiale de semences.

    Cette collection de l’Institut Icarda, à Alep, a été saccagée par Daech, mais les chercheurs ont réussi à envoyer une copie de sauvegarde à la Réserve.« Ce sont des variétés qui savent s’adapter aux changements climatiques, par exemple à la haute salinité des sols et à la sécheresse, nous explique le docteur Ahmed Amri, directeur du département des Ressources génétiques d’Icarda. Désormais, elles pourront être de nouveau semées, au Maroc et au Liban, et servir ainsi la recherche. »
     
    « L’Arche de Noé des graines »

    La Réserve, fondée en 2006 pour garder les spécimens des espèces vivrières de la planète et préserver ainsi la biodiversité, excite l’imagination. Surnommée « L’Arche de Noé des graines » ou encore « le coffre-fort du Jugement dernier », elle est gérée par trois organismes qui veillent sur la bonne conservation des semences : le gouvernement de Norvège, le Global CropDiversity Trust, fondé à l’initiative de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), et La Banque scandinave des semences (NordGen).

    L’archipel de Svalbard semble être un lieu idéal pour garder le back-up du trésor agricole de la Terre : il se caractérise par la quasi-absence d’activité tectonique. C’est aussi une zone démilitarisée en raison d’un accord signé à Paris… en 1920. Dans le bunker anti-atomique, à 120 mètres de profondeur sous la montagne, le thermomètre montre une température constante de -18°. Et même si le système de refroidissement venait un jour à tomber en panne, il se passerait trois semaines avant qu’il remonte au niveau ambiant de permafrost (-7°). Les graines, dont le métabolisme est ainsi retardé, peuvent dormir tranquillement, certaines pendant quelques centenaires, d’autres jusqu’à mille ans.

    La Russie et l’Ukraine sur la même étagère

    Le bâtiment, couronné par un phare, surplombe l’océan. Un corridor long de 100 mètres mène par un sas vers trois chambres de stockage. L’une d’elles est déjà presque pleine, avec 860 000 échantillons, mais la banque de Svalbard est capable d’en recevoir jusqu’à 4,5 millions, c'est-à-dire toutes les variétés vivrières connues.
     
    Michael Koch, le directeur financier du Global CropDiversity Trust, ouvre la serrure gelée et pousse la porte du stockage. Les semences envoyées par la Russie et celles de l’Ukraine cohabitent sur la même étagère. Quelques rangées plus loin, ce sont les boîtes des deux Corées qui dorment ensemble. « Il n’y a pas que la glace éternelle, c’est la paix éternelle ici, à Svalbard », se réjouit Michael Koch.

    Pas d’OGM dans la Réserve mondiale

    Endormir les graines, est-ce suffisant ? Ne doivent-elles pas être semées et multipliées pour répondre aux demandes des chercheurs et des fermiers ? Cette question constitue la pomme de discorde entre deux « écoles » de conservation des plantes. « Notre réserve est une copie supplémentaire qui sert à protéger les collections des banques locales et internationales. Les deux sont indispensables », poursuit Michael Koch.

    L’archipel compte 2 000 habitants contre une population de 3 000 ours. RFI/Guélia Pevzner

    C’est surtout le manque de financement qui est actuellement le plus grand danger pour la sauvegarde des semences, aussi bien in situ par les fermiers qu'à la Réserve de Spitzberg. Pour le moment, les donateurs, que ce soit les gouvernements (la France brille par son absence) ou les multinationales, donnent plutôt la priorité à Svalbard.

    Le nom de certains sponsors suscitent parfois des critiques, notamment la Fondation Rockefeller, la Fondation Bill-et-Melinda-Gates (qui possède des parts dans la compagnie Monsanto) ou encore la Fondation Syngenta (un semencier). « Ils fournissent pourtant moins de 5% de nos fonds, répond Michael Koch. Monsanto n’est pas notre donateur et nous ne gardons pas d’OGM. Ensuite, l’utilisation des semences dépend de la législation de chaque pays. Personne n’a le droit d’ouvrir les boîtes sauf leurs dépositaires qui restent uniques propriétaires de leurs biens. Ça fonctionne comme un coffre a la banque, ici. C’est vous qui avez la clé ! », conclut-il.

    L’univers de l’Arctique est fragile

    L’île de Spitzberg, à 1 100 kilomètres du pôle Nord, ne compte que 2 000 habitants, contre une population de 3 000 ours polaires. L’univers de l’Arctique est fragile : les glaciers fondent et la calotte glaciaire perd chaque année de son volume, ce qui met en danger les animaux et les plantes. C’est d’ailleurs un objet de préoccupations pour chacun et pour le gouvernement local qui va jusqu’à interdire l’existence des chats sur l'île. A Svalbard, il n’y a pas d’arbres, les oiseaux font leurs nids à même le sol, et un nouveau prédateur pourrait déséquilibrer le système naturel.

    La végétation locale, rare et d’autant plus précieuse, trouve une place importante au Musée de Svalbard, nommé « Musée de l’année » en 2008 par le Conseil de l’Europe : 170 variétés de lichens, de mousses et autres arbustes de la toundra. Parmi toutes les variétés qui existent sur l’île, il n’y a aucune plante qui se cultive. Aucune à l’exception de toutes les plantes de la planète qui sont désormais cachées dans son sous-sol. 

    La Réserve est capable de recevoir jusqu’à 4,5 millions d’échantillons, c'est-à-dire toutes les variétés vivrières connues. RFI/Guélia Pevzner
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