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    Hebdo

    Colombie: le football comme remède contre le trafic de drogue

    media Des enfants de l'école El Pibe de Santa Marta, en Colombie, s'étirent avant leur séance d'entraînement. Sur le dossard, on peut lire: «Ici je suis libre». RFI / Najet Benrabaa

    Le ballon rond lui a permis d'éviter la rue et le trafic de drogue. Alors, l'ancien footballeur colombien Carlos Valderrama offre la même chance aux jeunes. Célèbre pour son jeu au poste de milieu offensif autant que pour sa coupe de cheveux afro-blonde, celui qu'on appelle « El Pibe » a ouvert une école à Santa Marta, sa ville natale, sur la côte caribéenne. La structure accueille 145 jeunes. La formation est à la fois technique et humaine. Son objectif est l'apprentissage de la vie et des règles de la société à travers le football. Résultat : les jeunes traînent moins dans les rues et rêvent de nouveau.

    Santa Marta, capitale du département de Magdalena, est la troisième ville urbaine de la région caribéenne après Barranquilla et Carthagène des Indes. Comme ces deux dernières, Santa Marta est très touristique. Ses 450 000 habitants vivent en majorité de ce secteur. Cependant, la pauvreté envahit de plus en plus la ville portuaire, laissant la place aux trafics en tout genre dont l'un des plus répandus est celui de la drogue. En août dernier, elle faisait partie des 5 villes caribéennes où le taux de chômage était le plus élevé, soit plus de 9%.

    Respect et discipline

    Au nord de la ville, dans le quartier de Pescaito, celui dont est originaire Carlos Valderrama, cette pauvreté est flagrante. Il est déconseillé aux touristes de s'y balader appareils photo à la main ou objets de valeurs visibles. Les rues sont délabrées. Les ordures traînent sur les trottoirs. Au cœur de ce paysage de désolation trône un stade de football flambant neuf : « la cancha La Castellana ». Avec l'aide financière de la municipalité et d'entreprises privées, « El Pibe » l'a fait rénover. Il ne désemplit pas. Aux horaires d'ouvertures, tous les âges se mêlent pour se défier sur la pelouse ou boire une bière dans les tribunes. Le tout avec respect et discipline.

    « Sans études, pas de football »

    Le cousin de Carlos Valderrama, Alberto Gonzalez Palacio, surnommé Roba Pollo (« voleur de poulet ») nous explique que pour intégrer l'école, fondée il y a douze ans, la réussite scolaire est obligatoire. « Sans études, pas de football. Tous les trois mois, on demande aux parents les notes des enfants. Si ça va mal, on arrête momentanément son entraînement. L'enfant ne peut pas abandonner les études pour le football. Si le petit n'a pas d'éducation, il ne peut pas devenir un footballeur professionnel. »

    Son collègue Maximiliano Robles Maduro, alias Chimilongo, en référence à son quartier de pêcheurs, forme les gardiens de but de l'école. « On entraîne des enfants avec beaucoup d'éducation et de formation. Il faut qu'ils apprennent les valeurs du travail. Ainsi, ils se forgent leur personnalité. Nous voulons valoriser la personne. [...] Le football est une manière de vivre mieux et de faire mieux les choses pour que les parents ne s'inquiètent pas. »

    Pour les enfants, cette école représente une parenthèse dans leur vie. Luis Nuñez, 10 ans, s'entraîne depuis deux ans. Il vient trois fois par semaine. « Ici, il y avait El Pibe et ça me rend heureux parce que, grâce à lui, je peux apprendre les techniques de foot et corriger mes erreurs. [...] Je rêve d'être le meilleur gardien de but de Colombie et du Real Madrid. »

    « La valeur de l'amitié »

    Saul Perez participe également aux cours depuis deux ans. L'adolescent a trouvé une nouvelle famille. « J'aime partager de bons moments avec mes amis. Et c'est l'occasion d'apprendre ce sport. J'aime le football, aussi à cause de mon père qui l'apprécie. […] La valeur de l'amitié est importante ici. La réputation d'El Pibe n'est pas ma priorité. Mais, c'est vrai que le quartier a changé. Il y a plus de distractions et ça éloigne des mauvaises personnes ou choses de la rue. »

    Si tous rêvent de devenir de grands footballeurs, pour l'heure, seuls deux jeunes ont pu intégrer un club professionnel. De nouvelles sélections sont prévues. Prochain projet de Carlos Valderrama : créer un réfectoire communautaire et un dortoir pour garantir nourriture et toit aux plus démunis. « Todo Bien Todo Bien », telle est la devise d'« El Pibe » et de l'école même si les structures de Barranquilla et Bogota, ouvertes en novembre, ont du mal à trouver leur public.

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