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    Un avion de reconnaissance russe a disparu des radars, lundi soir au-dessus de la Méditerranée. Via les agences de presse russe, le ministère de la Défense a déclaré ce mardi 18 septembre 2018 qu'il avait en fait été touché par un système de missiles S-200 de la défense anti-aérienne syrienne, autrement dit par les alliés de Moscou dans ce conflit. Les 15 membres d'équipage ont perdu la vie. La responsabilité incombe à Israël, selon l'armée russe. L'incident a eu lieu alors que la Syrie était sous le coup de frappes «hostiles» de l'Etat hébreux, selon le terme employé par Moscou.

    Hebdo

    Le rêve contrarié des jeunes footballeurs africains

    media Enfants sur un terrain de football à Gorée, au large de Dakar (Sénégal). RFI/Annie Gasnier

    Comment lutter contre le rêve d’être un jour Didier Drogba ou Samuel Eto’o, que partagent des milliers de jeunes Africains qui aiment ou savent taper dans un ballon ? Car ce rêve peut très rapidement virer au cauchemar si le joueur brûle les étapes. A l’initiative de l’association Foot Solidaire, une conférence internationale, «Ensemble pour la protection des jeunes joueurs de football en Afrique», s’est tenue à Dakar les 7 et 8 décembre 2015.

    Ils jouent au ballon par plaisir et ils se découvrent alors une certaine facilité, parfois même un peu de talent. Et voilà des gamins du quartier pris par le rêve d’un avenir d’or et de paillettes : sortir de la pauvreté et imiter leurs idoles admirées à travers les écrans de télé. Selon Foot Solidaire, 15 000 mineurs tentent chaque année leur chance et quittent le continent par des chemins détournés, souvent guidés par des « trafiquants d’espoirs » comme l’a raconté Fabien Lévêque dans un documentaire de France TV projeté à la conférence, qui font miroiter des essais dans des clubs qui n’ont jamais entendu leur nom. Ce chiffre est une estimation puisqu’ils prennent les routes de l’émigration illégale.

    « Combien se perdent dans la nature ? », se demande le président de l’association, Jean-Claude Mbvoumin. Un point positif aux yeux de cet ancien Lion Indomptable : le sujet fait enfin débat, alors qu’avant on ne l’abordait pas. « On a même parlé de traite négrière moderne », s’émeut le Malien Amadou Diakité, membre du comité exécutif de la Confédération africaine (CAF).

    Quand le quotidien vire au cauchemar

    Peut-être ne joueront-ils plus jamais au ballon, au mieux atterriront-ils dans une équipe amatrice ? Peut-être même ne verront-ils jamais l’Europe, car le voyage est long et dangereux. Foot Solidaire évoque ainsi le cas de deux jeunes bloqués au Maroc, mais arc-boutés à leur projet, et à qui les familles continuent d’envoyer un peu d’argent.

    Le rôle de la famille est un facteur pesant dans cet exode, car les proches désirent tout autant que leur progéniture profite des retombées d’une carrière de footballeur. Tous les organismes internationaux réunis à Dakar par Foot Solidaire, Unesco, OIM (Organisation internationale pour les migrations), BIT (Bureau international du travail), CAF, Fifa, expliquaient qu’il fallait parler avec les parents, les convaincre autant que leurs enfants d’être patients !

    Conférence de Dakar. De G à D : Mamadou Salif Diallo, journaliste modérateur, Jean-Claude Mbvoumin, président de Foot Solidaire, Alassane NDour, ancien international sénégalais et Ousame Dabo, ancien international français. David Fintzel

    Dans l’équipe du NGor FC, qui dispute la Ligue 1 sénégalaise, le deal est simple, assure le président du club, Rémi Juteau : « Les enfants sont là pour apprendre, progresser, pour défendre nos couleurs, et s’ils partent, ils le feront dans le cadre d’un accord en bonne et due forme, car on ne laisse pas s’approcher des agents véreux ! Mais c’est une bataille ! »

    « Comment imaginer être célèbre en Europe si ces jeunes ne le sont pas dans leur propre pays », s’étonne le sélectionneur vedette en Afrique, Claude Leroy, qui se souvient de tous ces parents qui l’ont supplié de signer le fameux CIT, document officiel autorisant le transfert d’un footballeur. Mais les fédérations s’y résignent : parfois, elles découvrent à la télévision, dans un championnat lointain, celui qui sera bientôt sélectionné en équipe nationale.

    Quelles solutions ?

    Pour retenir les futurs professionnels au pays, le constat est unanime : il faut améliorer le football dans les pays africains, socle d’un meilleur avenir professionnel ! Sinon, aucune législation, comme ce texte de la Fifa daté de 2001 qui interdit aux clubs de recruter des mineurs, ne peut suffire à freiner leur ardeur. « Il y a bien assez de textes, le problème est de les appliquer, souligne Jérôme Champagne, ancien membre de la Fifa, mais même la disposition qui prévoit le versement de 5% d’un transfert au club formateur africain, pour les aider, est parfois contournée par les grands clubs ».

    Il faudrait donc créer des centres de formation de référence, comme l’Institut Diambars du Sénégal ou l’Académie Sol Béni de Côte d’Ivoire, et s’assurer que les gains des transferts garantissent leur niveau ; organiser des championnats qui aillent jusqu’au bout et pas comme ceux de RDC ou du Congo, interrompus avant la fin, pour le plus grand dépit des joueurs ; construire des stades de qualité ; et assurer aux joueurs professionnels des salaires dignes.

    Et encore, ils n’auront qu’effleuré le haut niveau tel qu’il est pratiqué en Europe où l’exigence est si grande et où très peu se feront une place. Combien de Didier Drogba, de Samuel Eto’o, d’Emmanuel Adebayor, de Demba Ba ? En Ligue 1 française, à peine 20% de l’effectif est composé de joueurs africains. Il y a donc du travail !!! Mais un tel potentiel… « Dans une Afrique où le chômage est endémique chez les jeunes, le foot est une voie sérieuse à exploiter », assure Cheick Badiane, du Bureau international du travail en Afrique de l’Ouest.

    A Dakar où il vit depuis trois décennies, Mathieu Chupin s’est lancé dans un projet un peu fou : un club de foot, avec des installations modernes et une équipe pro en Ligue 2. « Mais comme les entreprises sénégalaises ne nous soutiennent pas, nous avons cherché l’appui d’un club en France », explique le président du Dakar Sacré Coeur. Son DSC vient de signer un partenariat avec l’Olympique Lyonnais, le début d’une collaboration sur laquelle les Sénégalais fondent bien des espoirs.

    « Nous ne sommes pas contre le départ des joueurs vers l’Europe, ou même la MLS américaine ou l’Asie, de plus en plus attractive, mais que cela se fasse dans les règles », supplie Jean-Claude Mbvoumin. Pour venir en aide à tous les footballeurs en herbe, pour conseiller enfants et parents, un premier Centre d’information du jeune footballeur (CIJFOOT) ouvrira prochainement ses portes à Dakar, et puis un autre à Yaoundé. Avec pour mission d’orienter mais aussi de proposer des alternatives aux jeunes sportifs. Un hommage : le premier CIJFOOT sera baptisé du nom de Claude Leroy.
     


    Contact Association Foot Solidaire :

    Jean-Claude Mbvoumin jcmbvoumin@footsolidaire.org
    Passeport Foot Solidaire, le Guide pour « la protection de la mobilité sportive du jeune footballeur », édité par Foot Solidaire, pour tout savoir sur les étapes à respecter.
     

    Lien du documentaire de Fabien Lévêque

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