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    Hebdo

    Gros plan sur les philanthropes africains

    media Pour son 40e anniversaire, le 15 octobre 2015, Igho Charles Sanomi, le plus jeune milliardaire du Nigeria, est allé prier avec une centaine d’enfants orphelins ou déshérités à Abuja, la capitale du pays. Dickens Sanomi Foundation

    Le continent africain, souvent présenté comme déshérité, voit de plus en plus de grandes fortunes s’impliquer dans la philanthropie. Les grands patrons africains redistribuent, eux aussi, leurs richesses et financent fondations, ONG, bourses d’études ou universités privées. Sud-Africains, Nigérians, Tanzaniens et Kényans, ils sont majoritairement anglophones.

    La mode américaine de la philanthropie commence à gagner le continent. Patrice Motsepe, magnat minier sud-africain, a été le premier Africain à avoir signé l’appel, « The Giving Pledge » (Promesse de don), lancé en 2010 par les milliardaires américains Warren Buffett et Bill Gates. En janvier 2013, il a annoncé qu’il ferait don de la moitié de sa fortune, alors estimée à plus de 2 milliards de dollars, à la fondation caritative qui porte son nom. L’ancien avocat d’affaires de 53 ans, issu d’une famille modeste de Soweto, a tenu parole. Sa fondation finance des fêtes de Noël pour les enfants désavantagés, mais aussi des équipements scolaires et des coopératives de femmes.

    Les Sud-Africains sont les plus généreux philanthropes après les Américains, selon la banque Barclays. Des responsables du Congrès national africain (ANC) ayant fait fortune dans les affaires, comme Jay Naidoo, Tokyo Sexwale et Cyril Ramaphosa ne rendent pas publics les montants de leurs dons. Du coup, les plus grands philanthropes de la nation « arc-en-ciel » restent majoritairement blancs. Allan Gray, patron d’une société d’investissements, a donné 150 millions de dollars à son Allan Gray Orbis Foundation pour offrir des bourses d’études aux lycéens.

    François van Niekerk, fondateur du groupe Mertech, a transféré 170 millions de dollars à la Fondation Mergon en faveur de l’éducation maternelle, des malades du sida et des petites entreprises. Quant à Mark Shuttleworth, informaticien blanc de 42 ans, il a revendu sa start-up Thawte pour 575 millions de dollars en 2002. Cela lui a permis de développer le système d’exploitation gratuit Ubuntu, de s’offrir un voyage dans l’espace de quelque 20 millions de dollars et de consacrer le même montant à la Shuttleworth Foundation, qui finance toutes sortes de projets contribuant au « changement social » en Afrique du Sud.

    La générosité des self-made men nigérians

    Viennent ensuite les Nigérians, qui redistribuent parfois leurs richesses de manière ostensible – ce que bien des hommes d’affaires de la zone francophone rechignent à faire, préférant rester discrets, même quand ils donnent. Theophilus Danjuma, 76 ans, général à la retraite et baron du pétrole, a ainsi offert en 2010 plus de 100 millions de dollars à sa fondation basée à Abuja, active dans l’éducation, la santé, les arts et la lutte contre la pauvreté. Aliko Dangote, capitaine d’industrie et l’une des plus grandes fortunes d’Afrique, a donné 35 millions de dollars à divers programmes - aide aux victimes d’inondations, logement social – ainsi qu’à des universités du Nigeria.

    De son côté, Tony Elumelu, patron de Heirs Holding, privilégie l’émergence d’une classe de jeunes entrepreneurs via sa fondation, tandis que Jim Ovia, fondateur de la banque Zenith et de la société de télécoms Visafone, incite les jeunes à se lancer dans les technologies de l’information, avec sa Youth Empowerment & ICT Foundation.

    Le plus jeune milliardaire du Nigeria, Igho Charles Sanomi II, dirige à 40 ans Taleveras, le groupe énergétique qu’il a fondé en 2004. Cet homme qui écoule plus de 100 millions de barils de brut par jour se distingue lui aussi par la fondation qu’il a lancée en 2011 avec ses frères et soeurs, lui donnant le nom de leur père, un simple policier. La Dickens Sanomi Foundation (DSF) finance entre autres un prix de composition musicale, de l’aide d’urgence aux victimes d’inondations dans la région du Delta et des bourses d’études. Son prix annuel de la meilleure rédaction des lycéens permet aux vainqueurs de voir leurs études entièrement payées.

    Ailleurs, des dynamiques encore embryonnaires

    Strive Masiwiya, 54 ans, patron du groupe de télécoms Econet Wireless, finance des bourses d’étude et le Capernaum Trust qui vient en aide aux orphelins au Zimbabwe, son pays, où il reste le seul philanthrope important. De même, Paul Fokam, banquier camerounais, est l’un des rares à se distinguer par ses généreux dons. Le PDG d’Afriland First Bank, fondateur de la chaîne de télévision Vox Africa à Londres, a le sens des affaires, mais aussi de la formule : « Nous croyons que le génie, c’est 1% d’inspiration et 99% de transpiration », annonce en anglais le P. K. Fokam Institute of Excellence, l’université privée qu’il parraine depuis 2006 à Yaoundé, pour former des ingénieurs tout au long d’un cursus anglophone.

    En Tanzanie, Reginald Mengi, patron du groupe industriel IPP, invite régulièrement des personnes handicapées à déjeuner, finance un programme national de repas gratuits dans les écoles et soutient une campagne de reforestation du Kilimandjaro. Mohamed Dewji, jeune capitaine d’industrie de 40 ans, marche dans les pas de cet aîné à Dar-es-Saalam. Sa fortune, estimée à 1,2 milliard de dollars par le magazine Forbes, sert à construire des écoles et financer des bourses d’études.

    D’autres, issus comme lui de grandes familles de commerçants indiens se montrent généreux à travers l’Afrique de l’Est, comme Ashish Tahhar en Ouganda, qui finance des projets éducatifs et des start-up via sa fondation, ou encore Manu Chandaria et Naushad Merali, qui ont financé au Kenya des structures hospitalières à hauteur de plus de 1 million de dollars chacun.

    Le Kenya pourrait devenir le troisième pays le plus important d’Afrique en termes de philanthropie, si l’exemple de James Mwangi, 53 ans, faisait des émules. Issu d’une famille rurale très modeste du Kenya et devenu patron d’Equity Bank, il envoie en effet étudier aux Etats-Unis les meilleurs étudiants de son pays … pour qu’ils rentrent mieux, plus tard, au pays, avec la même culture de la philanthropie.

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