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    Hebdo

    Quand l’EI tente de recruter des combattants en Chine

    media La province du Xinjiang est régulièrement le théâtre de tensions entre les Ouïghours et les Hans. AFP PHOTO / PHILIPPE LOPEZ

    Appels sur l’actualité revient sur cette vidéo en mandarin postée sur la Toile dans la semaine du 8 décembre par l’organisation terroriste Etat islamique. Quel écho cette propagande peut-elle trouver en Chine ? Depuis sa diffusion, les autorités ont-elles pris des mesures particulières ? Explications avec notre envoyée spéciale permanente à Pékin.

    Quel est le contenu de la vidéo de Daech ?
    Cette vidéo postée sur internet par l’organisation Etat islamique est une chanson de quatre minutes dont les paroles sont en mandarin, la langue officielle parlée par 1,4 milliard de Chinois. Voici les premières lignes de ce chant guerrier : « Nous sommes des moudjahidines, Notre ennemi éhonté paniquera, Nous rêvons d’une mort sur le champ de bataille ». Ou encore : « Prenez vos armes pour vous révolter. »

    S’agit-il vraiment d’une première ?
    A en croire les experts cités par le journal officiel Global Times, c’est en effet la première fois qu’un tel chant est diffusé en mandarin, ce qui prouve, selon eux, que les islamistes tentent de recruter des combattants en Chine. Il faut se souvenir que l’an dernier, le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, avait déjà publié un enregistrement de propagande dans lequel il citait la Chine parmi d’autres pays où les droits des musulmans seraient bafoués. 

    Cette propagande a-t-elle des chances de trouver un écho favorable en Chine ?
    La question est plutôt de savoir qui pourra voir cette vidéo de propagande. La Toile est tellement surveillée et censurée en Chine que ces images n’ont que très peu de chances d’être accessibles dans le pays. Cela dit, il y a toujours des moyens pour contourner la censure. Et la vidéo s’adresse directement à tous les « frères musulmans ».

    Combien de musulmans la Chine compte-t-elle actuellement ?
    Au dernier grand recensement de 2010, on a recensé 20 millions de Chinois d’obédience musulmane : 10 millions sont des Ouïghours et 10 millions des Hui. Il n’est pas exclu que parmi ces musulmans, une infime partie soit sensible à ces paroles haineuses… Surtout ceux qui sont hostiles à la tutelle de Pékin et qui se sont radicalisés ces derniers temps. Des estimations très vagues et invérifiables parlent d’ailleurs de 100 à 300 Chinois qui auraient rejoint les rangs des combattants islamiques.

    Les Hui sont la deuxième minorité musulmane de Chine après les Ouighours du Xinjiang. Stéphane Lagarde/RFI

    Les autorités chinoises ont-elles pris des mesures particulières après cette diffusion ?
    Les autorités n’ont pas attendu la diffusion de cette vidéo pour être sur le qui-vive ! Sous le slogan « Frapper fort », la lutte « anti-terroriste » bat son plein. Elle s’opère sans ménagement, surtout dans le Xinjiang, une région à dominante musulmane dans l’extrême-ouest de la Chine. Récemment, par exemple, une chasse à l’homme menée par les forces de l’ordre s’est soldée par 28 morts. Tous membres d’un groupe terroriste, selon les autorités. Mais, il y aurait eu plusieurs femmes et enfants parmi ces morts, selon Radio Free Asia, basée à Washington. Depuis les attentats-suicide de 2013 et 2014, Pékin mène en effet une politique de la « main de fer » dans le Xinjiang, avec condamnations en masse et exécutions publiques à l’appui. Les autorités disent combattre « trois fléaux : le séparatisme, l’extrémisme et le terrorisme ».

    La pratique de l’islam semble par ailleurs fermement encadrée…
    Oui. Les femmes sont découragée de porter le voile, des hommes ont été condamnés pour avoir porté la barbe, et les fonctionnaires ouïghours ne peuvent pas librement respecter le ramadan. Cette surveillance étroite est vivement critiquée par les organisations de défense des droits de l’homme. Selon elles, la soi-disant « lutte-antiterroriste » est en vérité une vaste campagne de répression qui vise la minorité ethnique ouïghour. Une accusation bien sûr réfutée par Pékin, qui se dit « victime du terrorisme international ». Et il faut souligner qu’effectivement, la Chine a été directement touchée, tout récemment, avec l’exécution par l'organisation Etat islamique d’un otage chinois et par la mort, le 20 novembre dernier, à Bamako au Mali, de trois travailleurs chinois dans l’attaque de l’hôtel Radisson Blu.

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