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    Hebdo

    Représailles en chaîne entre l’Ukraine et la Russie

    media La pomme de discorde du moment entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, c’est l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne (UE), qui entre en vigueur ce 1er janvier (photo montage). AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / MIKHAIL KLIME//REUTERS/Francois Lenoir

    L’année 2016 approche à peine que l’on connaît déjà le prochain terrain d’affrontement entre Kiev et Moscou. A partir du 1er janvier, l’Ukraine est suspendue d’une zone de libre-échange de la Communauté des Etats indépendants (CEI) post-soviétiques. La Russie est en retour frappée d’un embargo sur les importations de produits ukrainiens. Dans les discours officiels, chacun se désole de l’instauration de ces blocus. Ils ne sont néanmoins que la suite logique de la « guerre hybride » que se livrent les « deux frères ennemis ».

    De notre correspondant à Kiev,

    La pomme de discorde du moment, c’est l’accord d’association entre l’Ukraine et l’Union européenne (UE), qui entre en vigueur ce 1er janvier. Le symbole politique est très fort pour les Ukrainiens : c’était le refus de l’autoritaire Viktor Ianoukovitch de signer l’accord, en novembre 2013, qui avait motivé les premiers rassemblements citoyens de ce qui allait devenir la « révolution de la dignité ».

    L’UE a régulièrement assuré que l’accord ne représentait « pas de conséquences négatives » pour la Russie. La vice-ministre ukrainienne du Commerce, Nataliya Mykolska, s’est dite prête à aménager « des périodes de transition dans des secteurs spécifiques », afin de laisser le temps aux entreprises de s’adapter aux changements annoncés.

    Les mesures de rétorsion russes

    Sans attendre, le président russe Vladimir Poutine a, lui, pris des mesures de rétorsion commerciales contre l’Ukraine, afin de protéger « les intérêts et la sécurité économiques » de son pays. Son souci premier serait d’empêcher l’arrivée de marchandises européennes, importées sans contrôle depuis l’Ukraine.

    « Nous sommes conscients de ces restrictions, et des dégâts qu’elles engendreront pour notre économie », a commenté son homologue ukrainien, Petro Porochenko. « Mais c’est le prix à payer pour notre liberté et notre choix européen ». En inaugurant une zone de libre-échange avec l’UE tout en se faisant exclure de celle des Etats post-soviétiques, le chef de l’Etat consacre un virage géopolitique sans précédent de son pays.

    Un revirement estimé à 548 millions d’euros de pertes en 2016. Il ne fait néanmoins que couronner une série d’interdictions commerciales que l’Ukraine et la Russie se sont imposées récemment, allant des produits alimentaires aux banques, en passant par les compagnies aériennes. De 15,7 milliards d’euros en 2012, les échanges commerciaux n’ont représenté que quelque 3,6 milliards d’euros en 2015.

    De multiples points de dissension

    Ces embargos ne doivent pas faire oublier les autres points de dissension entre Kiev et Moscou. En parallèle du conflit du Donbass, toujours meurtrier, l’interruption des livraisons ukrainiennes d’électricité à la Crimée, à partir du 21 novembre, avait déjà fait monter la tension d’un cran. Malgré des livraisons d’urgence de générateurs depuis la Russie et le rattachement à grande vitesse de la péninsule au réseau électrique fédéral, ce sont plus d’un million de personnes qui vivent depuis plus d’un mois au gré de longues coupures de courant.

    S’il a régulièrement promis le rétablissement des approvisionnements, le Premier ministre Arséni Iatseniouk a lui résolu d’entamer un blocus commercial de la péninsule à partir du 15 janvier. « Les seules exceptions, ce seront des objets personnels, des produits alimentaires de première nécessité, et de l’aide humanitaire », a-t-il déclaré, le 16 décembre.

    Comme un signe de défiance, la Banque fédérale de Russie a rendu public un billet de 100 roubles, dédié au patrimoine de Crimée. De manière plus concrète, Moscou avait suspendu ses livraisons de charbon à l’Ukraine, une denrée rare depuis la perte du bassin minier du Donbass. Dans la foulée, le géant gazier russe Gazprom avait interrompu ses approvisionnements en gaz naturel, pour cause de « facture impayée ».

    L'Ukraine devant la justice internationale ?

    Les Ukrainiens sont habitués à ces querelles énergétiques, après de sérieuses « guerres du gaz », notamment en 2006 et 2009. « Nous avons de quoi subvenir à nos besoins pour cet hiver », a martelé Arséni Iatseniouk, qui a ordonné il y a des mois la diversification des approvisionnements énergétiques ukrainiens. Nul doute qu’un embargo énergétique prolongé serait néanmoins désastreux pour le pays.

    Pour couronner le tout, le Premier ministre russe Dimitri Medvedev assure vouloir traîner l’Ukraine devant la justice internationale sur la question d’une dette de 3 milliards de dollars, que Kiev se refuse de rembourser. La ministre ukrainienne des Finances Nathalie Jaresko annonce « ne pas avoir les moyens de rembourser » ce qu’elle considère comme un « prêt privé », contracté par Viktor Ianoukovitch, quelques semaines avant sa fuite d’Ukraine.

    Moscou exige cependant un paiement intégral avant la fin 2015. Il est en cela soutenu par le FMI, qui considère ces 3 milliards comme une « dette souveraine ». Il pourrait conditionner ce remboursement au versement d’une prochaine tranche de son aide financière, de 1,7 milliard de dollars. Si les décisions du Fonds sont réputées pour leur justification principalement économique, on s’indigne en Ukraine qu’il soutienne « un pays occupant et belliqueux, aux dépens de sa victime », selon l’expression du chercheur Andreas Umland.

    Entre conflits énergétique, commercial et financier, la zone de guerre du Donbass est paradoxalement le plus calme des fronts de la « guerre hybride » que se livrent l’Ukraine et la Russie.

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