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    [Chronique] Nigeria: Okada, un roi du bitume en sursis

    media Les embouteillages sont légion à Lagos, la ville la plus peuplée du Nigeria. ©Reuters/Greg Ewing

    L'okada, le taxi-moto nigérian, est incontournable pour les Lagotiens afin d’éviter les embouteillages interminables de leur ville. Pourtant, ce véhicule est officiellement interdit dans plusieurs quartiers de Lagos, après qu’il a été utilisé pour des actes criminels. Si les okada roulent toujours dans la ville grâce à des arrangements avec la police, le moindre dérapage pourrait leur coûter cher.

    Lagos, la capitale économique du Nigeria, est célèbre pour ses embouteillages. Les fameux « go slow », « va doucement », font qu'il est possible d'effectuer un parcours de quelques centaines de mètres en plusieurs heures. Comment expliquer que Lagos soit une ville aussi embouteillée ? Comme nombre de grandes cités africaines, Lagos a crû très rapidement sans réel plan d'urbanisme. La capitale économique du Nigeria compte plus de vingt millions d'habitants. Afin de mettre fin à son expansion, les autorités nigérianes ont déplacé la capitale fédérale à Abuja dans les années quatre-vingt-dix. Mais, malgré la relocalisation des ministères et des ambassades à Abuja, l'ex-capitale a poursuivi son inexorable expansion. Selon les Nations unies, Lagos gagne près de 1000 habitants par jour.

    Les motifs d'embouteillages monstres sont aussi multiples qu'imprévisibles : il y a les véhicules qui tombent en panne et que leurs propriétaires laissent en plein milieu de la route, des automobilistes qui arrêtent leurs voitures en plein milieu de la chaussée pour acheter des cassettes vidéo pirates, des noix de cajou ou du papier toilette, etc. Chacun agit selon son bon plaisir sur les routes nigérianes. Parmi les conducteurs, peu ont réellement passé leur permis de conduire, qui s'achète aussi facilement qu'une carte téléphonique.

    En saison des pluies, lorsque les chaussées sont transformées en « piscine », la circulation devient vraiment cauchemardesque. Nombre de Lagotiens passent sept à huit heures par jour dans les embouteillages. Afin de se rendre sur leur lieu de travail, bien des Lagotiens qui officient dans les beaux quartiers (Ikoyi et Victoria Island) doivent quitter leur domicile à quatre ou cinq heures du matin pour échapper aux embouteillages.

    Pour tous ces « martyrs » des « go slows », il existe une potion magique : l'okada, le nom nigérian des taxis-motos. Ils sont très peu onéreux et peuvent se faufiler entre des voitures. Cette mode du taxi moto est d'abord venue du Bénin voisin. A Cotonou ou Porto Novo, les « zémidjans », nom local des taxis motos, ont envahi les rues il y a plus de vingt ans. On en compte des centaines de milliers au Bénin. Au point que dans une ville comme Cotonou (capitale économique du Bénin), les taxis classiques ont pratiquement disparu. Les taxis ont encore droit de cité dans les hôtels, mais dans la rue, ils se font très rares. Même les cadres béninois cravatés se déplacent parfois en « zémidjan » pour éviter les embouteillages. Et tout le monde semble s'en accommoder.

    Mais la situation est loin d'être aussi simple à Lagos, la ville la plus peuplée d'Afrique. Les okada sont officiellement interdits dans nombre de quartiers de la capitale économique du Nigeria. Lagos étant un haut lieu de la criminalité, un grand nombre de braquages sont commis par des okada ou par des passagers d'okada. Ils se faufilent dans les embouteillages. Ils braquent les automobilistes et repartent tranquillement comme si de rien n'était.

    Les okada n'ont pas toujours droit de cité

    Dans le nord du Nigeria, les okada jouent un rôle encore plus dangereux. Ils sont utilisés pour les assassinats et les attentats de Boko Haram. La secte islamiste a longtemps financé ses activités criminelles grâce, entre autres, à des compagnies d'okada. Elle les utilisait aussi à l'occasion pour braquer des banques, assassiner ses opposants politiques et organiser des raids meurtriers dans des villages qui refusaient de se soumettre à son autorité ou de se laisser racketter. A Lagos, la plupart des chauffeurs d'okada sont des nordistes. Ils parlent le haoussa. La police les soupçonne de pouvoir servir d'informateur à Boko Haram.

    Toutes ces raisons ont permis à Babatunde Fashola, l'ex-gouverneur de l'Etat de Lagos (au pouvoir jusqu'en mai 2015), de justifier leur interdiction. Ce dernier possède une grande légitimité à Lagos, puisqu’il y a rétabli un semblant de sécurité au terme de ses deux mandats de quatre ans à la tête de l'Etat le plus puissant de la fédération. Sous son règne, il n'était pas rare de voir des conducteurs de deux-roues menottés à l'arrière de véhicules de police. Les motos étaient ensuite saisies et rarement restituées aux intéressés.

    Akinwunmi Ambode, son successeur élu en avril 2015, a maintenu l'interdiction de circuler en okada. Mais elle n'est guère respectée. Avec la chute des cours du pétrole, la crise économique a durement frappé les Nigérians des classes moyennes. Combien d'entre eux peuvent encore se payer des taxis classiques ? Plus de 70 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Même si le Nigeria est la deuxième puissance économique d'Afrique, Lagos ne possède ni train, ni métro, ni transports en commun dignes de ce nom. L'okada reste donc incontournable. Afin de continuer à circuler où bon leur semble, les okada sont obligés de verser des pots-de-vin à la police. Un petit arrangement avec la légalité qui tient tant que les attentats commis avec des okada restent cantonnés au nord du Nigeria. Mais le jour où des attentats réalisés avec l'aide des okada toucheront Lagos, la tolérance laissera place à une répression féroce.

    Les autorités ne peuvent se permettre de laisser le chaos s'installer dans la capitale économique du Nigeria et de l'Afrique de l'ouest. A elle seule, la ville de Lagos possède un PIB supérieur à celui de la Côte d'Ivoire, du Sénégal et du Cameroun réunis. Les okada restent les rois du bitume à Lagos. Mais ils savent qu'à n'importe quel instant, ils peuvent déchoir de leur trône. Au moindre dérapage, à la moindre sortie de route, ils vont se retrouver au ban de la ville. A Lagos plus qu'ailleurs, les lois de la rue et de la route sont impitoyables.

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