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    Hebdo

    Un documentaire sensible sur la santé au Sénégal

    media «Dakar ta nostalgie», le premier film de la productrice de cinéma française Florence Arrigoni-Neri est sorti en salle le 6 janvier 2016 à Paris. DR

    Avec Dakar, ta nostalgie, son premier film, la productrice de cinéma française Florence Arrigoni-Neri rend un hommage poétique à la capitale du Sénégal. Sorti en salles en France le 6 janvier, ce documentaire très personnel traite de la fragilité de la vie, dans une ville où des jeunes sont facilement emportés par la maladie.

    Florence Arrigoni-Neri revisite les lieux de sa propre mémoire dans un documentaire très personnel, financé de manière participative. Derrière une « déambulation » dans les rues de Dakar, elle clôt un chapitre de sa vie et achève via l’image un long travail de deuil. La réalisatrice française a produit plusieurs films avec son ami sénégalais Tapha Ndoye, disparu en 2009, avec lequel elle a vécu à partir de 1995 entre Paris et Dakar. Elle veut rendre hommage aux disparus, « emportés comme lui par la maladie à la fleur de l’âge, du jour au lendemain ».

    « On ne meurt pas sérieusement ici », fait observer le comédien Dada, qui a veillé à l’hôpital principal sur bien des amis tombés malades. Parmi eux, Tapha Ndoye, mais aussi l’alter ego de ce dernier, Abdoulaye Salla dit « Grain », un autre « Boy Dakar » (équivalent du « Titi parisien »), qui a succombé en 2011 à une leucémie foudroyante. « Vous faites des projets avec un ami le soir et on vous appelle le lendemain pour vous dire qu’il est parti », témoigne Dada. Un artiste qui résiste à sa manière, en faisant le clown à l’hôpital pour « arracher un sourire » aux enfants malades.

    Le quart des Sénégalais meurt avant 40 ans

    « Terrible réalité, rappelle la voix off de Clémentine Célarié, au Sénégal l’espérance de vie est de 58 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes. Le quart de la population n’atteint pas l’âge de 40 ans. » En cause, le sempiternel manque de moyens dont souffre le pays, qui n’est pourtant pas l’un des plus pauvres d’Afrique, et se trouve même parmi les plus aidés du continent. Malgré les programmes d’aide et de développement qui se succèdent depuis l’indépendance, en 1960, le pouvoir d’achat reste désespérément bas, faute d’emplois. Du coup, consulter un médecin relève du luxe. Et quand les malades s’y résolvent, il est souvent trop tard.

    La caméra traîne, nonchalante comme peut l’être Dakar, sur les immeubles, les arbres, les rues et les gens qui la peuplent : une vendeuse d’arachides à un angle du Plateau, un quartier du centre-ville, un fou qui joue avec la circulation, ou encore l’artiste Joe Ouakam, figure incontournable de la ville, qui lit des poèmes en fumant sa pipe dans la nuit.

    La réalisatrice saisit par petites touches ce quelque chose d’indéfinissable qui marque toute la vie au Sénégal : le sentiment de l’éphémère, l’importance de chaque instant, même s’il s’agit d’une simple baignade ou d’une partie de lutte sur la plage, la vie au jour le jour… Avec, en toile de fond, la mort qui rôde, toujours présente.

    Une honte pour les responsables du pays

    Elle filme une litanie habituelle au Sénégal, avec cet homme démuni qui demande de l’argent pour payer l’ordonnance de son enfant malade. Elle raconte aussi comment, à l’hôpital, il incombe aux proches des patients d’acheter le coton, les antiseptiques et les bandages qui manquent cruellement à l’institution publique. Une honte pour les responsables politiques du pays, même s’ils ne sont jamais directement pointés du doigt dans le film.

    Comme un reflet de l’état d’esprit qui prévaut face à la mort au Sénégal, Florence Arrigoni-Neri ne s’appesantit pas sur le pathos et les larmes. Elle va au-delà de la fatalité, souvent invoquée au Sénégal mais que l’on n’entend guère dans son film, pour exprimer sa tristesse tout en continuant à observer la vie. Elle souligne, entre autres, la présence d’une foule de jeunes, le soir sur les plages, qui s’entraînent et font du sport, comme pour prendre des forces face à un avenir incertain.

    Un rappel plus qu’utile, si l’on veut comprendre les raisons qui poussent tant de jeunes Africains à prendre des pirogues et risquer leur vie pour atteindre les côtes de l’Europe, en quête de meilleures perspectives pour eux-mêmes et leur famille.

    La bande annonce du film sur Allociné.
    Dakar, ta nostalgie, par Florence Arrigoni-Neri. Neri Productions. Distribution Hévadis Films.

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