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    Hebdo

    Courrèges et Dolce & Gabbana, aux deux extrémités de la mode

    media Mini-robe à manches longues avec broderies de sequins sur organdi créée par André Courrèges pour son défilé Automne-Hiver 1969-1970. AFP

    Alors que le créateur de mode André Courrèges, chantre de la mini-jupe, vient de mourir à 92 ans, le très clinquant Dolce & Gabana présente une collection de hijabs pour ses riches clientes du Moyen-Orient. Deux faces de la mode, deux mondes qui s’entrechoquent sur fond de millions.

    André Courrèges, qui vient de mourir à 92 ans, représente plus que quiconque les années 1960. Nul autre que lui en France n’a su mieux anticiper et accompagner ces années joyeuses où la révolution était avant tout sexuelle et, éventuellement, idéologique. Courrèges habille les filles et les femmes qui n’ont pas peur de se montrer. 

    Le vinyle quitte alors le cabas de grand-mère et vient structurer les silhouettes et les épurer. L’ancien ingénieur des Ponts et chaussées qu’il est accroche le vêtement aux épaules, laissant le corps libre comme jamais.
     
    Le corps des femmes
     

    Les iconiques go go boots créées par André Courrèges en 1965. Wikipédia CC/ Mabalu

    Egérie du couturier, la chanteuse Françoise Hardy symbolise mieux que toute autre l’allure « Courrèges ». Couleurs franches, lignes futuristes et go go boots, des bottes plates à mi-mollet avec le blanc, sa couleur fétiche en étendard, André Courrèges secoue à l’époque et pour longtemps, les codes du chic à la française.
     
    « Le vêtement doit échapper aux conventions », aimait à dire Courrèges pour qui la mode n’était « pas un modèle, mais un mode de vie ». C’est bien dans cet esprit qu’il construit son œuvre autour du corps des femmes qui, dans les années 1960, investissent le monde du travail.
     
    Une idée en amenant une autre, ses jupes ultra-courtes lui inspirent l’invention du collant, mettant du même coup au placard bas et porte-jarretelles inappropriés dans ce monde où les femmes courent du matin au soir.
     
    Humour et hijabs
     

    Femmes des sixties et femmes du XXIe siècle, l’histoire ne se répète pas. Un demi-siècle sépare cette idée de joyeuse liberté à la Courrèges du défilé que vient de réaliser la maison italienne de couture Dolce & Gabbana. Sa nouvelle collection, Abaya, est destinée à célébrer la « grâce et la beauté des merveilleuses femmes d’Arabie », indiquent les deux célèbres créateurs siciliens.
     
    Bien loin des éblouissantes teintes méditerranéennes auxquelles nous ont accoutumés Domenico Dolce et Stefano Gabbana, les robes et les hijabs (voiles) de cette collection « capsule » vont du beige au noir. Conformes à la tradition musulmane, les robes frôlent le sol. Des appliqués de dentelle à la transparence décente, des broderies, du satin, donnent ce qu’il faut de glamour à ces tenues qui demeurent malgré tout un rien sévères.
     
    Mais, concession à l’esprit Dolce & Gabbana, les tissus sont ici et là ponctués de marguerites, de roses rouges, de citrons, de pois blancs. Le voile couvre la tête et les épaules comme il se doit, mais des lunettes de soleil habillées de mini-citrons ou cerclées de marguerites rappellent que la célèbre maison ne serait pas elle-même sans une pointe d’humour.
     
    Les milliards de la mode
     

    Robe et hijab de la collection Abaya créée par Dolce & Gabbana, présentée à Milan en janvier 2016. Courtesy of Dolce & Gabbana

    Dolce & Gabbana n’est pas la première maison à cibler les clientes musulmanes, mais c’est certainement la plus prestigieuse à le faire. La présentation de cette micro collection s’est tenue le 6 janvier à Milan, la veille de la mort d’André Courrèges, comme s’il s’agissait de marquer la fin d’un cycle : les voiles qui viendraient recouvrir la brillante mini-jupe de vinyle.  
     
    Selon ses créateurs, Abaya a reçu un bon accueil sur les réseaux sociaux où, même des femmes se disant non-musulmanes, déclarent « adorer le style ». A l’opposé, certaines ne se privent pas de fustiger une marque bling-bling et sexy entre toutes qui, subitement, se met à vendre des tenues « censées protéger la pudeur des femmes », mais en réalité ne font que « répondre aux diktats des hommes ». D’autres encore n’ont pas manqué d’y voir un simple stratagème commercial. Direct, l’écrivain Majid Oukacha affirme que Dolce et Gabbana fait ainsi la « démonstration de l’islamisation du monde occidental ».

    Le créateur de luxe n’a pas encore annoncé le prix qu’il faudrait consentir pour acquérir les pièces de la collection Abaya. Mais, vu la clientèle visée, il s’agit vraiment d’un détail négligeable. Dolce & Gabbana semble avoir bien intégré que la clientèle musulmane avait dépensé 266 milliards de dollars en 2013 pour sa garde-robe. Plus que les dépenses dans le secteur du prêt-à-porter de l’Italie et du Japon réunis ! Et selon une étude de Thomson Reuters, en 2019 ce seront 484 milliards de dollars que les femmes musulmanes dépenseront dans la mode. De quoi fouetter la créativité des maisons de couture de la planète, toutes voiles dehors ! 

     

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