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    Afrique: ces mesures protectionnistes pour défendre l’agriculture

    media La Société nationale des bois du Gabon à Owendo, sur le port de Libreville, en octobre 2012. AFP/STEVE JORDAN

    Plusieurs pays à travers le continent ont pris des mesures protectionnistes, assorties d’interdictions à l’importation ou l’exportation, pour développer des filières locales. Ces décisions courageuses vont à l’encontre des théories libérales sur l’ouverture des marchés. Elles s’avèrent néanmoins exemplaires, de l’oignon du Sénégal aux grumes du Gabon, en passant par le riz du Nigeria.

    La production d’oignons au Sénégal a plus que triplé en dix ans, selon les chiffres officiels, passant de 70 000 tonnes en 2004 à 250 000 tonnes en 2015. D’importateur, le pays est devenu un exportateur à l’échelle de la sous-région, en Guinée et en Mauritanie notamment. Afin de protéger les producteurs locaux de la concurrence européenne, les autorités gèlent depuis 2003 les importations pendant six mois, de février à août.

    Dans la presse sénégalaise, les articles détaillant la supériorité de l’oignon néerlandais, moins gorgé en eau et plus facile à conserver, ainsi que les obstacles qui restent à surmonter pour organiser la filière de l’oignon sénégalais, s’avèrent plus nombreux que les commentaires positifs sur la réussite de cette politique publique. Faut-il des Etats forts et interventionnistes, comme en Europe et aux Etats-Unis, pour protéger certaines filières ?

    Production de riz stimulée au Nigeria

    « Sans l’agriculture, pas de développement », rappelle le nouveau président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina. Cet ancien ministre de l’Agriculture du Nigeria est bien placé pour vanter l’intervention de l’Etat dans l’économie. Il a fait partie du gouvernement de Goodluck Jonathan, qui a décidé en 2011 de réduire les importations de riz du Nigeria, un marché massif de 3 millions de tonnes par an, soit la moitié de la consommation annuelle des 170 millions de Nigérians.

    Les maraîchers de Niayes, en banlieue de Dakar, au Sénégal. RFI/Sayouba Traoré

    L’objectif visait là aussi à développer une filière de production locale, en incitant les investisseurs nationaux à apporter des financements, en échange de quotas précis sur les importations de riz, étroitement contrôlées par l’Etat. De grands groupes comme celui du capitaine d’industrie Aliko Dangote ont joué le jeu, tandis que d’autres ont profité du système sans vraiment investir dans la production locale. Quoi qu’il en soit, entre 2012 et 2015, le pays est passé de 45% à 80% d’autosuffisance en riz paddy, selon Akinwumi Adesina.

    « Nous avons fait attention à importer les bonnes semences et augmenté la production avec deux récoltes au lieu d’une par an, poursuit l’ancien ministre. Les rizières ont augmenté de 2 millions d’hectares, et nous avons touché 6 millions d’exploitants. »

    La mesure est plus que symbolique, dans la mesure où l’agriculture représente 37% du PIB du Nigeria, plus que les mines et le pétrole réunis (30% du PIB). Les autorités du Nigeria envisagent d’interdire toute importation de riz à l’horizon 2017, ce qui permettra d’économiser près de 2 millions de dollars de devises par an. Le pays ambitionne par ailleurs de devenir un exportateur net de riz, tout comme l’Inde et la Thaïlande.

    Grumes au Gabon, cacao en Côte d’Ivoire

    Autre mesure protectionniste : l’interdiction, depuis 2010, d’exporter des grumes brut coupés dans les forêts du Gabon. Le pays d’Ali Bongo Ondimba, largement dépendant du pétrole, veut lui aussi diversifier son économie et favoriser l’essor d’une filière locale de transformation du bois. Des scieries ont été ouvertes, de même qu’une Zone industrielle spéciale, mais une main-d’œuvre compétente reste à former pour que la transformation du bois représente un atout sérieux.

    Dans la mesure où l’économie du Gabon reste dépendante de son pétrole à 80%, les bailleurs de fonds se montrent sceptiques. Un document préparé par un expert de l’établissement public français Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture détaille ainsi les avantages, mais surtout les inconvénients des limitations à l’exportation de grumes.

    Dans un rapport publié en septembre 2014 par la Banque mondiale sur la diversification et la compétitivité des exportations du Gabon, les experts estiment que la politique enclenchée en 2010 ne porte pas ses fruits. Ils recommandent un meilleur climat des affaires, des infrastructures routières plus développées et une énergie moins coûteuse.

    L’interventionnisme est-il la panacée ? Là où les Etats restent très conciliants face au secteur privé, les développements souhaités tardent à se produire. De son côté, la Côte d’Ivoire a elle aussi décidé de pousser à l’émergence d’une industrie locale de production du chocolat, sans pour autant influer sur les exportations de cacao ou les importations de chocolat. Principale exportatrice de cacao, un produit dont elle tire la moitié de ses recettes à l’exportation, la Côte d’Ivoire pourrait s’imposer comme un géant du chocolat si elle raffinait sur place ses fèves.
     
    Sur les douze usines de transformation de cacao que compte le pays, la plupart sont axées sur le broyage des fèves avant leur exportation. La toute première industrie de beurre de cacao à exister en Côte d'Ivoire se destine exclusivement au marché ivoirien. Elle a ouvert en mai dernier, sous l’égide du chocolatier français Cemoi, présent depuis plus de vingt ans en Côte d’Ivoire. Trop peu d'ambition pour un si fort potentiel ? La question reste posée.  

    Un sac de cacao en provenance de Côte d'Ivoire. Getty Images/Jacob Silberberg

     

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