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    Hebdo

    La reconnaissance des peuples autochtones: une longue histoire

    media Un Amérindien d'Amazonie. Getty Images/Luoman

    Ceux que l’on a appelés successivement « premières nations », « peuples indigènes » ou « aborigènes », et que certains disaient condamnés à disparaître face aux « bulldozers de la modernité », constituent aujourd’hui un ensemble que les Nations unies désignent comme « peuples autochtones ». Depuis la nuit des temps, ces peuples ont réussi à survivre en formulant d’autres réponses, en préservant leurs identités, leurs cultures, leurs langages et parfois leurs territoires. Ils ont lutté pour faire entendre leurs voix et faire valoir leurs droits face aux pressions subies.

    Les peuples autochtones sont présents dans 70 pays sur les cinq continents. On estime globalement leur nombre entre 370 000 et 400 000 personnes, réparties en près de 5 000 groupes humains avec des identités et des cultures particulières. Ces minorités, considérées par les Nations unies comme les plus vulnérables, sont pour la plupart marginalisées et exclues des processus décisionnels des pays où ils vivent.

    Les nombreuses violences qu’ils ont subies pour les assimiler, les exploiter ou récupérer leurs territoires les ont amenés à se défendre de multiples manières. Certains, face à la répression, à la torture ou au meurtre, ont dû se réfugier à l’étranger, d’autres ont organisé la résistance et tenté de faire appliquer un droit international qui les protège. Un droit qui a considérablement évolué ces dernières années.

    La dernière « guerre indienne »

    En 1973, un événement va très probablement bénéficier à l’ensemble des peuples autochtones. Conséquence d’une des dernières confrontations armées entre les représentants du gouvernement des Etats-Unis et les Amérindiens, ce dernier épisode des guerres indiennes en Amérique du Nord va amener des représentants de plusieurs nations amérindiennes à investir les Nations unies pour faire évoluer leurs droits. Un nouveau conflit venait d’éclater à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, sur la réserve indienne de Pine Ridge : un lieu symbolique où s’était déroulé,le 29 décembre 1890, le dernier grand massacre de populations indiennes (Lakota Miniconjou), qui avait marqué la fin de la guerre entre les Sioux et les troupes fédérales.

    Pour protester contre les conditions de vie sur la réserve, le racisme et la persécution dont les Amérindiens se disent victimes, 200 membres de l’American Indian Movement (AIM ) occupent Wounded Knee pendant soixante-et-onze jours. L'AIM, mené par Dennis Bank et Leonard Peltier, et fondé en 1968 dans la région de Minneapolis pour mettre fin au harcèlement de la police sur les Amérindiens, a rapidement acquis une notoriété nationale pour ses actions, dont l’occupation de Wounded Knee qui tuera deux Amérindiens et blessera grièvement un commissaire de police. A la fin du siège, la justice donnera raison à l’AIM, mais cela entraînera par la suite de violents conflits locaux qui feront une centaine de morts chez les Amérindiens et 2 morts parmi des agents du FBI. Pour les meurtres des agents du FBI, Leonard Peltier sera condamné en tant que responsable de l’AIM à deux peines de prison à vie : il est actuellement le plus ancien prisonnier politique américain.

    Les peuples autochtones à l’ONU

    Cette histoire dramatique va marquer la fin d’une époque et lorsque les leaders des peuples autochtones d’Amérique du Nord, dont Dennis Bank, vont apprendre qu’une conférence organisée par le Haut Commissariat aux droits de l’homme propose de rassembler à l’ONU à Genève toutes les minorités qui s’estiment être un peu les perdants de la décolonisation, ils vont s’y inviter pour tenter un autre type de négociation. Estimant qu’ils ne peuvent pas se faire entendre dans leur propre pays, ils vont essayer d’y parvenir auprès des Nations unies.

    La première délégation de leaders autochtones qui viendront à Genève avec plumes et calumet de la paix, invitera dans son périple des leaders d’autres peuples autochtones d’Amérique latine et du Pacifique. Ce premier voyage, largement couvert par la presse suisse de l’époque, plus amusée par l’exotisme de ces négociateurs que par leurs revendications, retiendra toute l’attention de la sous-commission de la Commission des droits de l’homme, qui décidera de constituer en 1982 un groupe de travail sur les populations autochtones.

    Ce groupe de travail, qui se réunira ensuite tous les ans, fin juillet à Genève, va rapidement s’élargir à d’autres peuples autochtones invités à partager ses travaux. En quelques années, se retrouveront des représentants de ces peuples venant de tous les continents et se reconnaissant entre eux comme « peuples autochtones » ayant en partage les mêmes caractéristiques, les mêmes problèmes et les mêmes revendications.

    Inuits des régions arctiques, Maoris du Pacifique, Papous de Nouvelle-Guinée, Navajos des Etats Unis, Kayapos du Brésil ou Pygmées d’Afrique centrale pour n’en citer que quelques-uns, feront entendre leur voix et œuvreront ensemble pour l’instauration de normes internationales concernant leurs droits.

    En 1992, ces peuples ont participé au Sommet de la Terre à Rio pour faire entendre collectivement leurs préoccupations face à la dégradation de leur environnement. De multiples organes des Nations unies (PNUD, Unicef, FIDA, Unesco, Banque mondiale, OMS) ont depuis pris des mesures spécifiques à leur égard. 1993 est proclamée par l’Assemblée générale de l’ONU « Année internationale des populations autochtones », ainsi que la décennie 1995-2004. Mais l’une des principales avancées viendra en 2000 avec la création d’une instance permanente sur les questions autochtones au Conseil économique et social des Nations unies, où des experts autochtones siègent désormais à un niveau de parité avec les experts nommés par les gouvernements.

    Les droits des peuples autochtones

    Depuis longtemps, l’Organisation internationale du travail (OIT) leur reconnaît, avec la Convention 169, des droits que de nombreux pays comme la France n’ont jamais ratifiés. Mais suite aux travaux entrepris par le groupe de travail à Genève, le Conseil des droits de l’homme a adopté la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, que l’Assemblée générale a entérinée le 13 septembre 2007.

    Cette déclaration établit les droits individuels et collectifs des peuples autochtones, notamment ceux ayant trait à la culture, l’identité, la langue, l’emploi, la santé et l’éducation. Elle insiste sur le droit des peuples autochtones à perpétuer et renforcer leurs institutions, leurs cultures et leurs traditions et promouvoir leur développement selon leurs aspirations et leurs besoins. Elle interdit toute forme de discrimination à leur égard et encourage leur participation pleine et effective à toutes les décisions qui les intéressent, notamment le droit de conserver leur intégrité en tant que peuple distinct et d’assurer librement leur développement économique et social.

    Il s’agit de droits de référence, à l’image des droits de l’homme, encore peu respectés par de nombreux pays comme en témoignent, encore aujourd’hui, de nombreuses situations dramatiques : conflits avec des compagnies minières, conflits par destruction des forêts où vivent ces peuples ou par tentatives d’assimilation par la force… Mais quelque chose a changé. Ces peuples font maintenant entendre leurs droits, ils peuvent bénéficier d’appui international dans leur lutte pour survivre et de plus en plus d’exemples récents montrent qu’ils sont capables de résister face à de très puissantes entreprises qui, en d’autre temps, les auraient fait totalement disparaître. 

    Raoni, porte-parole de la communauté Kayapo, avec le secrétaire général à la présidence du Brésil, le 20 juin 2012 à Rio. Buda Mendes/LatinContent/Getty Images

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