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    Hebdo

    Chasse aux taupes dans l'appareil sécuritaire américain

    media En fuite à Hong Kong après ses révélations, Edward Snowden avait fait la Une des journaux locaux en chinois et en anglais, où sa photo s’affichait à côté de celle de Barack Obama, le 11 juin 2013. REUTERS/Bobby Yip

    A Washington, on n'a toujours pas tout à fait digéré les affaires Snowden et WikiLeaks. Le renseignement dans un cas et la Défense dans l'autre ont ainsi été piégés par des lanceurs d'alertes qui ont révélé quelques-uns des secrets les plus précieux des Etats-Unis. Depuis, l'administration multiplie les audits pour se prémunir contre la menace de ces infiltrés.

    Aux Etats-Unis, la rentrée 2016 rime avec inspection générale dans les institutions liées à la défense et au renseignement. Il s'agit d'évaluer, près de trois ans après l'affaire Snowden, si les secrets nationaux sont mieux protégés contre d'éventuels « insiders », des infiltrés susceptibles de trahir la confiance qui leur a été accordée.

    Ce sont plusieurs memo - eux-mêmes censés être classifiés - qui ont filtré dans la presse américaine et qui montrent que Washington n'est toujours pas convaincue de l'imperméabilité de ses services de renseignement. Au contraire. Principale mission de l'équipe chargée de l'évaluation d'après les documents en question : « Déterminer que les méthodes et les contrôles techniques de la NSA sont efficaces pour garantir un accès limité aux systèmes et données de la NSA et veiller à ce que les personnels accrédités n'aient pas d'activités inappropriées ou interdites ». Faire la chasse aux taupes est devenu, aux Etats-Unis, une véritable spécialité.

    L'impossible secret

    A l'été 2013, la NSA avait été frappée de plein fouet par les révélations d'un sous-traitant, Edward Snowden, qui avait diffusé des documents révélant une surveillance mondiale d'internet et des téléphones portables. En réponse, l'agence de renseignement a durci sa surveillance : désormais, chaque document téléchargé par un employé est numéroté et tracé. Pour les plus sensibles, il faut que deux personnes soient présentes pour pouvoir les consulter.

    « La NSA, ce sont 36 000 employés et 64 000 sous-traitants, note Olivier Kempf, co-auteur de L'affaire Snowden, une rupture stratégique. C'est énorme. Il y a forcément le risque d'un individu, au milieu, qui décide de révéler des informations. » Depuis les attentats de 2001, toutes les agences de renseignement ont mis en commun leurs bases de données, accessibles en temps réel grâce à l'informatique. Une personne habilitée par une agence peut ainsi accéder au renseignement produit par une autre... En espérant qu'il n'y ait pas d'erreurs sur la confiance accordée par la première.

    Les autorités américaines ont également noté d'importantes failles du côté du département de la Défense. A l'été 2015, les différentes recommandations qui avaient été faites au Pentagone n'étaient toujours pas appliquées. L'institution est pourtant concernée en premier lieu par la problématique des infiltrés puisque c'est un militaire, Bradley Manning, qui a permis à WikiLeaks de divulguer des quantités considérables de documents classifiés sur les guerres en Afghanistan, en Irak et sur les communications diplomatiques américaines. Alors simple soldat, il avait pu télécharger des dizaines de milliers de rapports classifiés.

    Le Government Accountability Office (GAO), l'une des administrations chargées d'enquêter sur ces problématiques, a ainsi répété son conseil au département de la Défense : il faut une « sensibilisation de tout le personnel ayant des accès sécurisés, à la menace d'un insider ». La peur de la taupe concerne aussi bien le lanceur d'alerte qu'un éventuel espion étranger.

    Le secteur privé propose aussi sa participation à l'effort de guerre en faveur du secret. Le fabricant de logiciels de sécurité informatique Symantec faisait ainsi part de sa propre expertise en la matière début janvier : « La technologie peut aider, puisque des outils d'identification sophistiqués et une gestion des accès sont des clefs pour prévenir les dommages causés par des infiltrés mal intentionnés. »

    Le secret, gage de souveraineté

    Plus personne, aux Etats-Unis, ne croit qu'il soit possible d'empêcher toute fuite au sein des services de sécurité. Au vu du nombre de personnes impliquées, il existe toujours un risque. Il s'agit de le prendre en compte et de l'assumer, pour pouvoir réagir le jour où des documents sont révélés. « On peut ajouter des barrières, confirme Olivier Kempf. Mais on ne pourra jamais réduire le risque à zéro : quelqu'un de déterminé pourra toujours les contourner. »

    La question du secret reste complexe. Si les informations révélées grâce à Bradley Manning, puis par Edward Snowden, ont permis de contrôler les méthodes du renseignement américain, elles ont aussi pu mettre des vies en danger. Surtout, elles mettent en péril l'autonomie de ce pays en matière de décisions stratégiques.

    « Il n'y a pas de souveraineté sans secret, estime Olivier Kempf. L'exercice de la souveraineté est lié à la capacité de protéger ses informations, notamment sur ses propres intentions. Avoir du renseignement sur les autres, c'est avoir de la marge de manœuvre. Mais protéger les informations concernant ce que l'on sait sur soi-même, c'est garantir sa souveraineté dans la prise d'une décision. »

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