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    Hebdo

    France: victime des attentats de Paris, Aurélie interroge son avenir

    media RFI / Antoine Jeuffin

    La jeune femme de 28 ans a été criblée de balles, le 13 novembre 2015, sur la terrasse du bar Le Carillon, dans le XIe arrondissement de Paris. Toujours hospitalisée aujourd’hui, elle ne lâche pas prise et va de l’avant.

    Devant son petit lit d’hôpital, Aurélie, 28 ans, contemple le mur qui lui fait face. Devant ses yeux, une bonne centaine de cartes et mots de rétablissement. Sur plusieurs photos, sa famille lui sourit. Un peu plus bas, des chatons lui font coucou. De nombreux mots égayent cette véritable fresque toute en couleurs qui habille ce mur de chambre d’hôpital d’ordinaire si neutre.

    « On t’aime ! », dit son quartier. Ses amis avec lesquels elle fait du théâtre écrivent : « On pense à toi, fort, tous les jours, pendant les cours, dans les coulisses, sur scène, quand on rit, quand on s’émeut, quand on serre quelqu’un dans nos bras […] On te dit à très vite ! ». Son infirmier lui a également laissé un mot, sur l’ardoise qui servait au début à la jeune femme à communiquer.

    Fin décembre, peu avant sa permission, l’infirmier d’Aurélie lui a laissé un mot. RFI / Antoine Jeuffin

    Le rire d’Aurélie est communicatif. Son regard est doux. Rien dans son comportement ne pourrait laisser croire que « Poupou », ou « Lilibellule », comme l’appellent ses amis, a vécu le pire. Le 13 novembre au soir, Aurélie prend un verre sur la terrasse du bar Le Carillon avec deux amies quand les rafales de kalachnikovs des terroristes claquent. Aurélie est criblée de sept balles. Elle restera consciente toute la nuit.

    La jeune femme est blessée aux jambes, aux bras, à la fesse. Une balle lui démolit la mâchoire. Opérée à de multiples reprises, elle attend encore aujourd’hui l’intervention qui lui permettra de la reconstituer, à l’aide de son propre péroné. Pour l’heure, la Parisienne doit faire beaucoup d’efforts pour parler et se faire comprendre, quitte à répéter inlassablement ce qu’elle vient de dire, au prix d’une incroyable force mentale.

    Chaque jour, ses compresses et ses bandages sont changés. « Vous avez mal ou pas ? », demande l’infirmière venue prendre sa tension. « Non, ça va », répond Aurélie. La seule fois où elle se plaint, c’est à l’évocation de la nourriture. « C’est dégoûtant, et ça fait mal », lâche-t-elle d’un ton léger en montrant du doigt la sonde gastrique qui l’alimente encore, en attendant de manger avec une paille.

    Elle rit, elle marche, elle danse !

    Il y a un mois, Aurélie a reçu une permission pour passer les fêtes de fin d’année et son anniversaire chez sa famille. « Elle avait une sacrée pêche ! On a pu discuter, elle a dansé un peu avec nous », se souvient sa sœur, Raphaëlle. « Je ne m’attendais pas à ce que physiquement elle puisse en avoir la force », avoue-t-elle. Côté moral, Aurélie a plus que jamais envie de rire. « Elle est vraiment positive, elle a beaucoup d’humour. Je ne l’ai pas sentie abattue du tout », se réjouit Raphaëlle. Ce côté « battante », cette passionnée de théâtre l’a toujours eu en elle. Sa sœur confie d’ailleurs « ne pas être du tout inquiète pour elle ».

    Le ton posé, la voix sereine et calme, Aurélie n’envisage pas une seconde de sombrer : « C’est une étape de ma vie et je la franchirai, je n’ai aucun doute là-dessus. Ce qui s’est passé, c’est horrible, mais je ne peux pas me permettre de pleurer, de m’apitoyer », lance-t-elle, avant de poursuivre d’une voix émue mais forte : « Moi, j’ai perdu deux amies, je les ai vues mourir. Et rien que pour elles, je n’ai pas le droit de rester dans mon lit et de me dire : " C’est horrible, je veux mourir, j’ai envie de mourir… " Non ! Au contraire ! J’ai envie de vivre, de reparler, de remarcher, d’aller mieux quoi ! » 

    Aurélie a plein de projets en tête et se battra pour les concrétiser. RFI / Antoine Jeuffin

    Voyages, massages et théâtre
     
    Pour l’instant, Aurélie ne sait pas quand elle pourra sortir de l’hôpital. En attendant, la jeune femme s’interroge sur son avenir. « Je ne sais pas si je pourrai continuer à faire le même métier, dans la communication », avoue-t-elle. Déterminée à remonter sur scène avec sa troupe comique d’improvisation, les Zarbi et Orbi, Aurélie balaie l’espace d’un revers de main, confiante : « Je referai du théâtre, c’est sûr ! ».

    Pour le reste, cette fan de l’humoriste Florence Foresti pense à prendre davantage le temps de vivre (« Carpe Diem, à fond ! »). Et pourquoi pas à faire des voyages, elle qui a fait une partie de ses études à Dubaï, aux Emirats arabes unis.

    D’ici là, Aurélie pourra compter sur ses amis et sa famille, très présents à son chevet. Ses proches ont d’ailleurs réuni plusieurs milliers d’euros pour qu’elle puisse profiter d’un an de massages. Rien ne semble pouvoir doucher son optimisme. « Bientôt dehors ! », écrit-elle au marqueur sur son ardoise.

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