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    Hebdo

    Cyclisme: Ambiance Tropicale

    media L'équipe nationale du Burkina Faso à Libreville. Photo: Farid Achache / RFI

    La Tropicale Amissa Bongo est une course à part. En la suivant, on a l’impression d’être encore plus près de ces « forçats de la route » que décrivait Albert Londres. Du Gabon et de cette 11e édition qui s'est déroulée du 18 au 24 janvier, il reste des souvenirs indélébiles et des images plein la tête. Carnet de route.

    Peut-être les nouveaux cyclistes de demain ? Photo: Farid Achache / RFI

    Des enfants, on en croise à chaque début et fin d’étape. A Kango, lors de la première, ceux-là semblaient bien sages. Sur le bord de la route, ils sortent de la classe pour regarder passer la course. Au Gabon, chaque école à son uniforme. Au passage des coureurs, les enfants lèvent les bras et crient à plein poumon pour les encourager. C’est toujours drôle et surtout efficace. Durant la semaine, les coureurs ont certainement apprécié les applaudissements malgré l'allure effrénée des étapes !

     


     

    Daniel Tekléhaimanot et Michel Thèze. Photo: Farid Achache / RFI

    On a retrouvé Daniel Teklehaimanot loin du Tour de France et de sa cohue médiatique. Il nous a reconnus, a esquissé un sourire et a pris de nos nouvelles. C'est le monde à l'envers ! Daniel Teklehaimanot est venu recevoir son prix de Meilleur cycliste africain de l’année. Il a fait plus de trente heures de voyage pour rejoindre Libreville depuis Asmara en Erythrée. On a assisté aux retrouvailles avec son mentor, Michel Thèze, qui l'avait découvert sur une course au Maroc il y a quelques années. Les deux hommes sont comme père et fils. D'un coup, on se remémore l’émotion de Michel Thèze sur le Tour 2015 où il était allé voir son poulain au départ d'une étape à Rennes. On l’avait même vu verser une larme d'émotion.

    Steven Tronet le Champion de France. Photo: Farid Achache / RFI

     Loin de l’hiver européen, loin de ses repères occidentaux, Steven Tronet, le champion de France, a découvert l’Afrique. Et ce fut une belle surprise pour ce coureur dont l’histoire ressemble presque à un conte de fées. En devenant Champion de France, il a pu trouver une équipe ambitieuse qui lui fera découvrir les courses les plus importantes du calendrier. Peut-être même le Tour de France l’été prochain ? Et si on le croise en juillet, on se souviendra que c’est au Gabon qu’il a lancé sa saison 2016 avec son maillot tricolore.

     

     

     

    La Tropicale, c’est aussi des paysages. Cette route tracée dans la forêt équatoriale est un vrai décor de théâtre. Pas très loin du Cameroun et de la Guinée équatoriale, un coureur marocain pédale seul devant la course. Notre groupe s’est arrêté pour le voir passer. On a d’abord profité du silence. Puis il est apparu comme un éclair et le bruit des moteurs de voitures qui suivaient cette échappée solitaire est venu rompre le calme ambiant. Le goudron a continué à chauffer sous le soleil et on est vite reparti avant de se faire avaler par le peloton qui arrivait juste derrière à vive allure. 

    Glenn Morvan Moulengui, meilleur coureur gabonais. Photo: Farid Achache / RFI

    Glen Morvan Moulengui a terminé sa Tropicale avec le maillot de Meilleur coureur gabonais. Il faut dire qu’il a passé quarante-cinq jours en Espagne, parcourant 4 500 kilomètres, entre novembre et décembre, pour préparer cette échéance avec son équipe et son entraîneur Abraham Olano. Et le garçon de 21 ans a dû apprécier les conseils de l’ancien Champion du monde. « C’est un coach de très haut niveau », confie la relève du cyclisme gabonais. Sur le podium protocolaire, le dernier jour, à Libreville, avec son beau maillot, il avait fière allure.
     

     

     

    Les Burkinabè sont arrivés au Gabon avec de la tristesse dans les yeux. Les attaques terroristes, qui ont fait 29 morts le 15 janvier 2016 en plein centre de Ouagadougou étaient encore dans leur tête. Ils se sont même posé la question de leur participation sur la Tropicale. Mais ils ont préféré que la vie continue. Leur gentillesse, leur dignité, nous ont impressionnés. Et dans l’adversité de cette course si exigeante, ils n’ont jamais baissé les bras. 

    Ses coéquipiers, le public et les suiveurs ont vu Tesfom Okubamariam avec le maillot Jaune sur les épaules et ils ont ressenti un bien fou. L'Erythréen est devenu le premier Africain noir à porter cette tunique lors la Tropicale en tant que coureur amateur. C’était à Oyem, sous une chaleur écrasante. Le lendemain, à Libreville, Okubamariam a perdu sa tunique lors du contre-la-montre individuel. Son regard triste était touchant. « Je n'ai pas pu faire mieux », a-t-il chuchoté en anglais. Okubamariam n’a pas gagné la Tropicale mais il a gagné le cœur des suiveurs. « Les incidents, les drames ou les héros, tout est là, comme dans un roman qui défile devant vos yeux », raconte le journaliste Jean-Louis Le Touzet à propos du cyclisme. Il a tellement raison.

    Le Français Brice Feillu participait à sa première course en Afrique. Photo: Farid Achache / RFI

    « Si c’est une question sur Chris Froome, ce n’est pas la peine ». Chaque jour, le Français Brice Feillu , qui découvre la Tropicale, se moque gentiment. Pourquoi ? Parce-que je lui ai rappelé qu’il m’avait envoyé sur les roses alors que je tentais d’avoir une réaction de sa part lors du Tour de France 2015. Je voulais connaître son sentiment sur l’écrasante supériorité du Britannique Chris Froome lors de la montée de la Pierre-Saint-Martin dans les Pyrénées. Ce jour-là, j’avais vite rangé mon micro. Mais pour sa première Tropicale, Brice Feillu n’a pas été avare de commentaires. On a eu son sentiment chaque soir à table. « C'est une sacrée expérience. Je ne m'attendais pas à vivre ces moments intenses ». Il a vraiment apprécié cet intermède africain.

    Retrouvez tous les articles concernant l'édition 2016

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