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    Hebdo

    Mali: Gatia et CMA à Kidal, les enjeux

    media La force onusienne de la Minusma lors d'une visite à Kidal, dans le nord du Mali, en septembre 2015. Photo MINUSMA/Marco Dormino

    Un accord a été signé, le samedi 6 février, entre la Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA, ex-rebelles, et la Plateforme pro-gouvernementale. Il s'agissait de mettre un terme à la tension qui prévalait depuis le mardi précédent à Kidal, dans le nord du pays. Des combattants du Gatia, membres de la Plateforme pro-Bamako, avaient pénétré armés avec plus de 50 pick-up dans la cité. Appels sur l’actualité revient sur cet accord et, surtout, sur les contours de cette brouille. Une situation toujours évolutive. Tôt ce vendredi matin, 12 février, une nouvelle fois, la base de la force de l'ONU à Kidal a été prise pour cible par des jihadistes présumés. Eclairage.

    Pourquoi le Gatia, le groupe d’autodéfense pro-gouvernemental, est-il rentré à Kidal ?
    Il est vrai que la situation est compliquée. Pour bien comprendre ce qui s’est passé, il faut d’abord présenter les groupes dont on parle. La Coordination des mouvements de l’Azawad, la CMA, est formée d'anciens groupes rebelles, ceux qui demandaient l’indépendance du nord du Mali et qui, finalement, ont accepté de rester dans l’Etat malien en signant l’accord de paix en juin dernier. Dans la CMA, il y a plusieurs groupes dont certains à dominante touareg, comme le Mouvement national de libération de l’Azawad, le MNLA, ou le Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad, le HCUA. En face, il y a le Gatia, un groupe armé à dominante touareg lui aussi, qui est signataire de l’accord de paix, mais qui est « pro-Bamako » : il fait partie de la Plateforme pro-gouvernementale.

    Et c’est la CMA, les ex-rebelles, qui contrôle Kidal…
    C’est même leur fief. L’accord de paix signé avec les autorités maliennes prévoit qu’à terme, Kidal revienne sous administration de l’Etat malien. Qu’il y ait un gouverneur, un maire, des fonctionnaires de l’Etat malien… Mais tout cela doit se faire de manière progressive et, pour le moment, c’est toujours la CMA qui administre la ville.

    Mais revenons au Gatia, le groupe d’autodéfense pro-gouvernemental. Pourquoi est-il rentré à Kidal ?
    Après l’accord de paix de juin dernier, les groupes armés avaient eu de nouveaux accrochages : ils ont continué de se battre, à Ménaka puis à Anefis. Et c’est justement à Anefis, pour mettre un terme définitif à ces combats, qu’une série d’accords a été conclue entre chefs militaires et chefs traditionnels. C’était au mois d’octobre 2015. Ce sont les accords intra et inter-communautaires d’Anefis, qui ont donc été conclus en marge du processus de paix, après la signature de l’accord, qui ont permis de mettre un terme aux combats.Des petits arrangements qui ont aussi permis du jour au lendemain de mettre un terme aux incidents : depuis quatre mois, et jusqu’à ce fameux mardi, la CMA et la Plateforme affichaient une entente parfaite.
     
    Alors, pourquoi cette irruption du Gatia dans Kidal ?
    La suite de ces accords d’Anefis, c’est que la CMA accepte de partager la gestion de la ville de Kidal avec le Gatia, et donc de permettre aux membres du Gatia de revenir à Kidal. De fait, cela faisait des semaines que les combattants du Gatia pouvaient déjà se balader dans la ville et rendre visite à leur famille. Et des discussions étaient déjà en cours entre la CMA et le Gatia sur les modalités de cette implication nouvelle du Gatia dans la gestion de la ville. Lundi 1er février au soir, ces discussions en étaient au point que la CMA acceptait que le Gatia siège dans les différentes commissions de gestion de la ville, mais pas avec le même nombre de représentants qu’eux. Pas à parité, pas à 50/50. Et sur le volet sécuritaire, point sensible, la CMA voulait remettre la décision à plus tard. Une grande cérémonie était programmée pour la mi-février, en présence de tous les chefs militaires, et l’idée était de reporter à cette date la décision sur la sécurisation de la ville.

    Et que se passe-t-il alors le lendemain, 2 février ?
    Nous en sommes donc là des discussions lorsque, le mardi matin à l’aube, au moins une cinquantaine de pick-up avec à leur bord des combattants du Gatia armés pénètrent dans la ville de Kidal. La CMA les laisse entrer, aucun coup de feu n’est tiré. Le Gatia assure être venu pacifiquement. Du côté de la CMA, on n’apprécie évidemment pas du tout cette démonstration de force. Les ex-rebelles exigent donc le retrait des combattants du Gatia afin de poursuivre les discussions. Les civils ou les représentants politiques sont bienvenus, mais la branche militaire est priée de s’en aller afin d’éviter tout débordement et de préserver un climat sain pour les discussions.
     
    C’est donc sur ce retrait qu’ont porté les négociations qui ont finalement permis de trouver un accord le samedi 6 février…
    Absolument, et le compromis qui a été trouvé, c’est que le Gatia s’engage à « alléger son dispositif militaire à Kidal », donc un retrait partiel de ses combattants. Le texte qui a été signé ne dit pas dans quelle proportion… L’accord précise aussi que les éléments de la Plateforme intègreront bien les commissions chargées de la gestion de la ville de Kidal, mais là encore aucun détail sur le nombre de leurs représentants. Donc, cela signifie que sur le sujet, il n’y a pas eu d’avancées, et que les discussions vont en fait reprendre là où elles avaient été laissées il y a une semaine. Et c’est la fin de cet épisode qui a suscité énormément de tensions, mais au terme duquel la paix a finalement été préservée.
     


    A voir aussi sur le site de France 24 :
    Mali: attaque à l'arme lourde contre un camp de l'ONU à Kidal

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