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    Ces think tanks africains qui fleurissent à travers le monde

    media Les autorités congolaises et la communauté humanitaire ont lancé le Plan d'action humanitaire 2015 de la RDC afin de fournir de l'eau potable à près de 5,2 millions de personnes. Photo OCHA/ Philippe Kropf

    Après les Etats-Unis, l’Europe et la Chine, les think tanks essaiment en Afrique et dans la diaspora. A la fois laboratoires d’idées et réseaux d’influence, ces groupes de recherche indépendants sont lancés par de jeunes diplômés qui rêvent d’un avenir meilleur pour le continent, et veulent rassembler des forces en dehors des partis politiques ou des ONG classiques.

    Signe des temps : un économiste et politologue reconnu, Gilles Yabi, Béninois de 40 ans installé à Dakar, a fondé en septembre 2015 le West African Think Tank (WATHI). Pour ce faire, il a eu le courage de renoncer à un certain confort, et quitté fin 2013 son poste de directeur du projet Afrique de l’Ouest de l’ONG International Crisis Group (ICG).

    Quelle est la raison d’être de son centre de réflexion indépendant, citoyen, participatif et bilingue, qui réfléchit en français et en anglais ? « L’état de l’Afrique de l’Ouest et de

    Olakounlé Gilles Yabi, économiste et analyste politique, initiateur du Wathi, nouveau think tank citoyen pour l'Afrique de l'Ouest. Gilles Yabi

    ses habitants dans les cinq prochaines décennies », répond Gilles Yabi. Le WATHI veut canaliser les bonnes volontés, sur le continent comme dans la diaspora, pour accompagner la démocratisation et l’essor d’une région qui reste secouée par de nombreuses crises – coups d’Etat, terrorisme, contentieux électoraux, épidémies, etc.

    Ce laboratoire d’idées est ouvert à toutes les contributions allant dans le sens de l’intérêt général et posant la question cruciale des responsabilités. Le dernier débat en date, qui sollicite les internautes, s’intitule : « Comment lutter contre la corruption ? ».

    De la recherche pure au réseau d’influence

    Les plus anciens des think tanks africains sont devenus des institutions de recherche renommées, comme le South African Institute International Affairs (SAIIA) à Johannesburg ou le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), basé depuis 1973 à Dakar. De nouveaux cercles apparaissent chaque année, tel le Club 2030 Afrique, lancé en 2012 par l’ingénieur béninois Khaled Igue, manager chez Eurogroup Consulting France, pour accompagner les gouvernements dans leurs efforts d’émergence économique.

    L’élan est tel qu’une cinquantaine de think tanks africains se sont réunis pour la première fois en février 2014 à Pretoria, pour écouter le philosophe camerounais

    Achille Mbembé, professeur d'histoire et de sciences politiques à l'université Witwatersrand de Johannesburg. RFI

    Achille Mbembe mais aussi l’éminente Tanzanienne Frannie Léautier, ancienne secrétaire exécutive de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF). Ce premier sommet a été suivi d’une seconde édition en avril 2015 à Addis-Abeba, portée par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), mais aussi l’ACBF, l’Institute for Strategic Studies (ISS) de Pretoria et le département consacré aux think tanks de l’université américaine de Pennsylvanie.

    Ces cercles de réflexion prennent parfois la forme de réseaux. Thème racoleur, « L’Afrique, moteur du monde », lieu prestigieux, à Saint-Germain-des-Prés, et parrains de renom pour un premier « panel de haut niveau » : le think tank Afrikamaono s’est lancé avec un certain panache, le 14 janvier 2016 à Paris. Il a réuni l’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal Cheikh Tidiane Gadio, l’ex-Premier ministre malien Oumar Tatam Ly, désormais conseiller du gouverneur de la BCEAO, et le journaliste Francis Kpatindé, enseignant à Science-Po Paris. Tous trois ont parlé économie, sécurité et démocratie devant un parterre qui réunissait un peu moins des « 150 éminentes personnalités » invitées, pour la plupart des professionnels africains.

    Cheikh Tidiane Gadio, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal. DR

    En toile de fond, les espoirs d’émergence

    « Maono » signifie « Vision » en swahili, l’une des langues les plus parlées d’Afrique. Le nouveau think tank a été fondé par 28 anciens étudiants originaires de 13 pays africains d’une filière spécifique de Science-Po Paris, « Potentiel Afrique », un master exécutif (Bac + 6) de formation continue axé sur les questions de développement. Afrikamaono sera dirigé pendant deux ans par Mamadou Touré, actuel conseiller technique à la présidence de la Côte d’Ivoire, chargé de la Jeunesse et des Sports.

    Il organisera des conférences et des ateliers de réflexions afin de « proposer des solutions concrètes à des problèmes précis ». Il sera aussi un « do-tank », explique Raphaël Fofana, 28 ans, Sénégalais, banquier à la Société Générale et président du comité scientifique d’Afrikamaono : « Nous allons mener des projets humanitaires en Afrique, en cours d’élaboration ». L’objectif : « Aller à contre-courant des think tanks classiques qui mettent l’accent sur ce que l’Afrique ne sait pas faire, en encourageant au contraire ses transformations positives et ce qu’elle sait faire ».

    Dans la brousse florissante des think tanks africains, les plus efficaces sont parfois les plus discrets – comme ce Groupe d’intérêt pour l’Afrique (GIA), qui ne communique guère mais rassemble d’anciens responsables politiques de haut niveau autour des enjeux africains. Ou encore l’Espace Jappo, un réseau qui réunit chaque année depuis 2005 l’élite sénégalaise dans un hôtel de La Défense, à Paris, pour échanger cartes de visite, idées et expériences. Parmi les invités réguliers les plus connus de ce think tank qui ne dit pas son nom figurent Souleymane Bachir Diagne et Mamadou Diouf, professeurs à Columbia (New York), l’ancien président de l’Olympique de Marseille Pape Diouf, mais aussi Moctar Fall, ancien vice-président de la banque d’affaires JP Morgan à New York pour les marchés émergents, ainsi que la fine fleur du patronat sénégalais.

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