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    Hebdo

    JO 2016: des réfugiés dans la course aux médailles à Rio

    media Un enfant réfugié jouant au frisbee dans un camp en Serbie, le 11 février 2016. REUTERS/Darrin Zammit Lupi MALTA OUT

    En raison de la crise migratoire sans précédent qu’affronte le monde, des réfugiés seront, lors des Jeux olympiques d’été de Rio, dans les starting-blocks aux côtés des quelque 10 000 autres athlètes. Une première pour un événement planétaire, un pas de plus du Comité international olympique en faveur des réfugiés.

    Au Brésil cet été pour les JO, une équipe de réfugiés figurera aux côtés des 206 nations participantes. Cette délégation défilera, le 5 août lors de la cérémonie d’ouverture, sous la bannière olympique et sera positionnée juste avant l’équipe du Brésil, pays hôte des JO qui bouclera la parade.

    Un symbole fort

    Ainsi, du 5 au 21 août prochain, ils seront entre cinq et dix athlètes à prendre place dans les rangs de cette équipe inédite formée pour l’occasion; des sportifs sélectionnés par le Comité international olympique (CIO). Pour l’heure, trois athlètes pourraient prétendre à une qualification pour les Jeux : une nageuse syrienne qui s'entraîne en Allemagne, une Iranienne pratiquant le taekwondo et qui s'entraîne en Belgique et un judoka de République démocratique du Congo réfugié au Brésil. Par ailleurs, le Comité identifie les sportifs de haut niveau victimes de déplacement forcé et susceptibles de se qualifier pour Rio.

    « Envoyer un message d'espoir et de confiance aux réfugiés et attirer l'attention du monde sur le sort et le problème des 60 millions de réfugiés dans le monde », tel est le message que souhaite faire passer le CIO. Un message extrêmement symbolique alors que le monde, et plus particulièrement l’Europe, fait face à une crise migratoire sans précédent. A titre d'exemple, en 2015, les Syriens ont décroché la triste médaille de la plus importante population de réfugiés au monde (plus de quatre millions), suivis par ceux venus d’Irak, d’Afghanistan, des Balkans, du Maghreb ou d’Afrique noire.

    Ces sportifs réfugiés seront classés dans la catégorie « Athlètes olympiques indépendants ». Des athlètes originaires de pays en guerre ou en conflit, mais également issus de pays dont le Comité national olympique (CNO) n’est pas reconnu par le CIO, ont déjà concouru en tant qu’indépendants. Aux Jeux d’été de 1992, en pleine guerre des Balkans, ce fut par exemple le cas pour les sportifs serbes et monténégrins qui concouraient sous une bannière neutre. Mais cette année, en raison de la crise migratoire, c’est la première fois qu'une délégation de migrants intègre les rangs de ce groupe.

    Un partenariat qui va au-delà du sport

    Depuis plus de vingt ans, pour demeurer en adéquation avec les principes du baron Pierre de Coubertin (rénovateur des Jeux olympiques de l'ère moderne en 1894 et fondateur du CIO), le Comité international olympique collabore avec le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR). Ensemble, par le sport, ils viennent en aide aux déplacés et aux réfugiés pour promouvoir l’éducation, l’intégration sociale mais aussi la santé. Depuis 2004, via le programme mondial commun Donner, c’est gagner, athlètes, officiels, sponsors des JO, CNO, etc. font don de centaines de milliers de vêtements pour les réfugiés et plus de 170 000 denrées ont déjà été distribuées dans une vingtaine de pays.

    Le camp de réfugiés d'Azraq en Jordanie, ici en août 2015. REUTERS/Muhammad Hamed

    Par ailleurs, en avril 2014, le CIO et l’ONU ont signé un accord historique visant à renforcer leur collaboration. Le soutien du Comité s’effectue également par l’implication directe de Jacques Rogge, président d’honneur du CIO et envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies pour les jeunes réfugiés et le sport. Une mission entamée lors de sa visite aux réfugiés d’Azraq, en Jordanie, en 2014.

    Parallèlement, face à l’ampleur de la crise des réfugiés, le CIO est venu en aide financièrement aux Comités nationaux olympiques qui avaient mis en place des programmes d’aides aux migrants. Ainsi, en septembre dernier, le CIO a annoncé la création d’un fonds d’urgence de deux millions de dollars (1,79 million d’euros). « Nous avons tous été très touchés par les terribles nouvelles et les reportages bouleversants de ces derniers jours, a déclaré Thomas Bach, président du CIO, en septembre dernier. Face à cette effroyable crise qui sévit à travers le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Europe, le sport et le Mouvement olympique tenaient à prendre leur part en apportant un peu d’aide humanitaire aux réfugiés. Nous avons pris une décision rapide sur la nécessité d’agir et de mettre ce fonds immédiatement à disposition. » Et parmi les CNO contribuant à l’aide aux réfugiés, la Grèce figure au premier plan.

    Berceau de l’olympisme (VIIIe siècle avant J.C), la Grèce est en 2016 le principal pays où débarquent les réfugiés après leur traversée périlleuse en Méditerranée. Désormais, dans le plus grand centre de réfugiés d’Athènes, quatre terrains de basket permettent aux nouveaux arrivants de « s’évader » par le sport. Cette année aussi, le camp Eléonas doit voir passer la flamme olympique - allumée en avril à Olympie, dans le Péloponnèse - qui sera portée par l’un ou l’une des quelque 500 demandeurs d’asile et migrants.

    Le sport, un bienfait pour la santé physique et mentale

    Près de la Jungle de Calais en février 2016, dans le nord de la France, des migrants se détendent en jouant au football. REUTERS/Pascal Rossignol

    « Amener le sport à des jeunes dans des situations difficiles est simplement une question d'humanité. Ils n'ont pas de perspectives. Ils vivent dans une situation très difficile et ont souvent été victimes de violences et de brutalités inimaginables. Je suis convaincu que le sport peut contribuer à leur redonner un sens de l'identité. Cela les aide à reconstruire leur vie. Cela leur redonne de la dignité et une activité sur laquelle ils peuvent se concentrer », confiait Jacques Rogge en avril dernier au HCR. « Nous savons par expérience que le sport peut soulager la détresse des réfugiés, qui comptent parmi eux beaucoup de jeunes et d’enfants, où qu’ils se trouvent au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe ou dans d’autres parties du monde », a de son côté réaffirmé Thomas Bach. En effet, parmi les valeurs que prônent les sportifs, amateurs ou professionnels, le respect, la confiance et l’amitié sont légion. « Le sport les protège également. Ils apprennent à dire non à l'attrait de certaines milices ou à l'implication dans des activités illégales. Cela leur redonne un sentiment de dignité, d'espoir et de joie », ajoutait l’envoyé spécial de l’ONU pour les jeunes réfugiés et le sport.

    Ainsi, peut-être qu’un réfugié montera pour la première fois sur la plus haute marche du podium de cette XXXIe Olympiade de l'ère moderne, avec pour hymne celui des JO et pour bannière le drapeau multicolore.

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