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    Hebdo

    Iran: l’application qui permet de contourner la police des mœurs

    media Gershad, application mobile, permet de géolocaliser, et donc de contourner, la police des mœurs, très rigoureuse en Iran. Capture d'écran YouTube/Gershad

    « Pour résister et récupérer une partie de nos libertés », un collectif anonyme a lancé une application mobile qui permet de savoir où se trouve la police des mœurs en Iran. Celle-ci doit s’assurer que la loi sur le code vestimentaire est bien appliquée, en particulier que les femmes portent le hijab. L'application Gershad a rencontré un vif succès, même si des craintes ont émergé sur la sécurité des données des utilisateurs.

    En Iran, le code vestimentaire est très rigoureux depuis la révolution de 1979. C'est la police des mœurs qui est chargée de s’assurer qu’il est bien respecté. Elle circule donc dans la rue pour vérifier si les femmes sont bien couvertes, avec des vêtements amples de la tête aux pieds et si elles portent correctement le hijab. Les hommes peuvent également être visés, à une moindre échelle, s’ils ont des cheveux longs ou des vêtements jugés inappropriés par la police de mœurs.

    Pour échapper à ces patrouilles, un collectif anonyme a donc décidé de lancer une application mobile qui permet aux citoyens de savoir où se trouve la police des mœurs : Gershad, qui est la contraction de « Gasht-e-Ershad », signifiant « officier de la police des mœurs ».

    Comme le rapporte Les Observateurs, l’application fonctionne ainsi : « Si un utilisateur voit dans la rue (…) un officier de la police des mœurs, il signale son emplacement sur l’application, et les autres utilisateurs en sont immédiatement avertis. Ils peuvent dès lors modifier leur itinéraire pour éviter l’officier. »

    Les Observateurs ajoutent qu’« il est également possible de savoir combien de personnes ont déjà pointé la présence d’un officier à un endroit précis : plus il aura été répertorié, plus l’information sera digne de confiance ».

    A l’heure où nous écrivons, plus d’une quinzaine de patrouilles sont géolocalisées dans tout le pays, pour la majorité à Téhéran.

    Plus de tolérance au sujet du hijab, mais des retards en termes d’égalité

    Azadeh Kian, professeure de sociologie à l’université Paris-Diderot, expliquait à L’Express en mai 2014 : « De nombreux témoignages font état de passants qui s’interposent pour soutenir les femmes mal voilées lorsqu’elles sont contrôlées. Quand les contrôles se produisent, toutefois, les contrevenantes sont embarquées au poste et libérées contre une amende. Elles risquent les coups de fouet au bout de trois récidives. » De fait, les coups de fouet ne sont aujourd’hui plus donnés.

    Dans son rapport annuel 2015/2016, Amnesty International explique que « les lois sur le port obligatoire du voile (hijab) permettaient toujours à la police et aux forces paramilitaires de harceler les femmes, de leur infliger des violences et de les emprisonner ».

    En octobre 2013, le président Hassan Rohani avait pourtant demandé à la police de faire preuve de plus de tolérance au sujet du hijab, lui qui avait fait campagne pour davantage de liberté culturelle et sociale.

    Mais comme le relève Les Observateurs, « le gouvernement iranien n’a pas à 100 % le contrôle sur la police : le chef de la police est nommé par le Guide suprême, mais il rend des comptes à la fois à l’autorité religieuse et au ministère de l’Intérieur ». Or, le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, affirmait en avril 2014 que les femmes « ne parviendront à leur statut qu’en s’occupant de leurs foyers et mari plutôt que de se soucier de leur travail et de leur éducation ».

    « Résister et récupérer une partie de nos libertés »

    Les programmeurs de l’application expliquent leur intention : « Nous avons décidé de nous battre pour résister et récupérer une partie de nos libertés de manière pacifique et avec moins de risques. » Toujours selon les créateurs de Gershad, « selon le chef adjoint de la police, entre mars 2013 et mars 2014, trois millions de personnes ont reçu des avertissements de la police des mœurs. »

    L’application rencontre un vif succès, surtout auprès des jeunes et en particulier auprès des femmes, premières cibles de cette police. Elle a déjà été téléchargée plus de 10 000 fois. Mais dans les vingt-quatre heures suivant son lancement le 8 février dernier, Gershad était inaccessible en Iran, avant de fonctionner à nouveau. L’application n’est pour l’instant disponible que sur les appareils Android et est encore en version bêta, c’est-à-dire en test.

    Sur les réseaux sociaux, certains se demandent toutefois si les données des utilisateurs sont en sécurité, notamment ce qui leur arriverait si leur adresse IP venait à être découverte par les autorités. Lors du téléchargement, l’application demande à l’utilisateur de ne lui transmettre que sa position. Et comme le rapporte le pure-player IranWire, d’autres internautes s’inquiètent que les autorités se mettent à utiliser Gershad en y ajoutant de fausses informations, « pour ruiner complètement l’application ».

     

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