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    Bernard Lapasset: «On a une histoire à écrire»

    media Bernard Lapasset le 24 février dernier dans les locaux du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) à Paris (XIIIe). Christophe Carmarans / RFI

    Coprésident du Comité de candidature de Paris aux J.O. 2024, Bernard Lapasset se montre confiant dans les chances parisiennes après les échecs de 1992, 2008 et 2012. Les expériences du passé et la force du dossier constituent, selon lui, des atouts majeurs. Interview.

    Quels sont les principaux atouts de la candidature de Paris pour l’organisation des jeux Olympiques 2024 ?

    Il faut d’abord marquer notre différence avec les autres candidatures. On veut envoyer le signal qu’on est dans une situation olympique moderne, tournés vers le futur, tournés vers la référence de ce que sera demain la société, telle que le sport pourra l’améliorer. Ce que je veux dire, c’est que la force motrice, ce sont les athlètes. Je pense que la dimension dans laquelle nous sommes aujourd’hui, c’est la bonne voie : donner aux athlètes la capacité d’exprimer à la fois leur passion, leur force, leur engagement.

    Ça, c’est la philosophie de la candidature, mais d’un point de vue plus concret ?

    Sur la force du dossier en lui-même, nous avons la chance d’avoir 70% des équipements qui sont déjà construits et 25% qui seront modulaires, donc qui seront temporaires et qui sont déjà financés par le CIO. C’est dans la charte. Cela veut dire que l’on aura seulement 5% des équipements à construire. C’est peu. Parallèlement à cela, on a un plan transport qui est un élément qui est déjà voté, déjà inscrit, qui va permettre d’accélérer le processus du Grand Paris. Ce sont des améliorations durables, qui seront dans l’héritage que l’on va laisser. Ce sont des éléments extrêmement forts dans la candidature. On va aussi apporter à la Seine-Saint-Denis - le département le plus jeune de France d’un point de vue démographique - un développement considérable. 

    Vous êtes deux coprésidents avec Tony Estanguet. Comment vous répartissez-vous les tâches ?

    On est à 100% dans la même mobilisation. On se partage selon la référence dans laquelle nous sommes. Souvent, c’est une affaire d’agendas. Mais on partage tous les deux les mêmes informations. On a les mêmes éléments, les mêmes références, on participe aux mêmes réunions, on a la même vision, on est complètement attelés à la même charrette. Notre différence, c’est que lui, il faut qu’il exprime avec force ce qu’il est. Le soutien des athlètes, ce n’est pas moi. Je ne peux pas me revendiquer de cette génération d’athlètes. Lui c’est son bain, il les connaît bien. Il sait comment travailler avec eux. Il est membre du CIO élu par les athlètes, donc il a cette influence légitime. Cette force-là, il faut qu’il l’exploite au maximum. Par contre, quand il faut aller voir les politiques, il n’a pas trop envie, donc c’est moi qui y vais.

    Le coprésident de la candidature Paris 2024 croit très fort dans les chances parisiennes. Christophe Carmarans / RFI

    En quoi les attentats de janvier et novembre 2015 ont-ils changé la donne pour le dossier Paris 2024 ?

    Là, il y a deux analyses. Une analyse étrangère et une analyse franco-française. L’analyse franco-française est extraordinaire : ça a donné un regain de positivisme. Il y a eu un regain fort, immédiat, d’une France solidaire. Et d’une France qui veut montrer son unité, qui veut faire valoir ses valeurs. On a eu beaucoup de retours extrêmement positifs sur la candidature. On a fait trois sondages et on n’a publié que le plus faible : celui d’IPSOS qui montre que 64% des Français interrogés sont en faveur des Jeux, 65% de Franciliens et 66% de Parisiens. Au plan international, cela a été un schéma quasiment identique. Le nombre de mails que l'on a reçu, c’est énorme ! Des mails, des lettres, des cartes, cela a été considérable ! Aujourd’hui, à l’international, on va mesurer le risque. Je ne pourrai vous donner une réponse que quand on aura passé l’Euro 2016 de football. C’est pour nous le baromètre. On va voir ce qu’il se passe. J’en ai parlé avec Jacques Lambert (le président de l’organisation de l’Euro 2016, ndlr) et il a accepté que quelqu’un de chez nous soit associé en permanence à ce travail (de la sécurité durant l’Euro, ndlr) avant, pendant et après. C’est donc un Anglais, qui fait partie de la sécurité du gouvernement mais qui a aussi travaillé pour le CIO en termes de sécurité, qui va tenir ce rôle. Donc on va avoir en permanence durant l’Euro quelqu’un qui aura la connaissance de ce qu’accepterait le CIO en termes de sécurité et ce qui sera la limite du pas acceptable. On ne peut pas mettre un gendarme derrière chaque athlète et un gendarme derrière chaque manifestation à laquelle participe un membre du CIO.  Mais on raisonne en termes de 2017. Qu’est-ce qui se passera en 2024 ? Personne ne le sait. Ce n’est pas un handicap en soi. Mais ça se mesure, ça s’analyse parce que c’est objectivement un souci pour tous les membres du CIO.

    Cela peut aussi avoir une incidence importante sur le budget, non ?

    Oui, mais dans tous les pays c’est pareil. Le budget, il est le même dans tous les pays en matière de sécurité. On a vu ce qui s’est passé à San Bernardino près de Los Angeles, ça peut arriver demain matin à Los Angeles. On n’est pas l’abri dans n’importe quelle ville du monde. La partie financière, elle, sera absorbée par le dispositif de l’Etat qui mettra en place des services de sécurité. Mais ce sera pareil à Los Angeles, Rome ou Budapest.

    Les Américains se disent assez confiants que Los Angeles obtienne les Jeux de 2024 car, disent-ils, l’USOC (le Comité Olympique Américain, ndlr) a réglé ses problèmes avec le CIO et la chaîne NBC a mis 7,5 milliards de dollars sur la table. Qu’en pensez-vous ?

    Il faut être lucide. Ce raisonnement existe. La référence économique dans les Jeux, c’est une donnée qu’il faut bien sûr intégrer dans une candidature. Il n’y a pas de solution miracle. Si l’on considère que le seul critère sur lequel vont s’appuyer les membres du CIO, c’est le pouvoir financier, on a perdu d’avance ! Ce qu’il faut mesurer en face, c’est la diversité du monde olympique. Aujourd’hui, il y a 92 membres. Il faut savoir qu’après Rio, ils seront certainement une dizaine de plus. Et nous aurons en 2017 à peu près 30% des membres du CIO qui vont être des jeunes, des nouveaux, qui n’auront jamais connu la référence du passé ou de l’histoire. On a donc, nous, une histoire à écrire pour donner la référence de ce que l’on porte à travers la génération qui va arriver, qui va donner quelque chose de différent, peut-être. Il faut en même temps arriver à toucher ceux qui ont peut-être un regret vis-à-vis de Paris sur le fait que, pour 2012, cela s’est peut-être joué sur des éléments externes à la candidature de Paris et pas sur la valeur du projet lui-même. Los Angeles va créer son histoire autour de la finance parce que c’est leur ADN. Notre histoire à nous, il faut qu’on la crée. On a cet inconvénient de pas être des riches mais on quand même une fidélité à l’histoire du CIO. C’est De Coubertin qui a inventé les Jeux modernes, l’histoire s’est créée sur Paris, on a des choses à dire. Sans vouloir être passéiste ni arrogant, on a quand même des éléments de valeur qui sont, pour certains membres du CIO, des éléments de référence.

    L'Arc de Triomphe en haut des Champs-Elysées le 17 février, jour du dépôt officiel des candidatures. (Reuters)

    Ça reste important ce lien originel de la France avec les Jeux, De Coubertin, Paris 1900, Paris 1924 ?

    C’est important mais il ne faut pas en user, en abuser ou en faire un mobile de com’. Il ne faut pas l’oublier, il faut le rappeler, il faut construire quelque chose avec. Mais il ne s’agit pas d’en faire un élément de référence majeur. C’est un élément dans l’histoire, il existe, il a sa force, il a sa réalité mais il ne faut pas être arrogants. Ce n’est pas parce que l’on a créé les Jeux qu’on est devenus incontournables pour les Jeux, non. Il faut savoir à quel moment on pourra l’utiliser et comment on va l’utiliser. Il faut l’exploiter, mais de manière intelligente.

    L’échec de 2012 est-il un avantage, finalement ?

    Je pense que oui. Je pense que 2012 a laissé des traces. J’en ai vu plusieurs qui m’ont dit : «  Il s’est passé quelques chose en 2012, vous avez été battus sur le fil parce que vous " avez pas su manœuvrer " ». Ça fait partie de l’histoire, donc il faut que l’on en ait conscience.  

    Vous avez réussi à convaincre Anne Hidalgo de l’importance d’avoir les Jeux à Paris, alors qu’elle restait mortifiée par l’échec de 2012 et ne voulait plus en entendre parler. Sacrée performance !
     
    Oui, mais à partir du moment où elle a été partante, elle s’est beaucoup impliquée. Le jour où je suis venu faire ma présentation, j’ai vu tout de suite qu’elle avait énormément travaillé ses dossiers. J’étais impressionné. Et quand elle a senti un soutien du gouvernement et aussi de la région, hop, c’était parti ! A présent, on se tutoie et on s’envoie des mails pratiquement tous les jours.
     
    Est-ce que la nouvelle présidente de la région Ile-de-France est aussi impliquée (Valérie Pécresse, qui est une opposante politique d’Anne Hidalgo) ?
     
    Oui. Complètement. En plus, ses deux enfants jouent au rugby. Déjà c’est bien ! (Bernard Lapasset a été président de la Fédération française de rugby de 1991 à 2008 et il est encore, pour quelques semaines, président de la Fédération internationale, ndlr). Elle est super ! C’est un tempérament aussi fougueux qu’Anne Hidalgo. Mais elle s’estiment, il y a du respect entre les deux femmes. Elles sont vraiment attelées à leur ville et à leur région. Après, il y aura forcément des divergences entre les deux mais ça va fonctionner, j’en suis sûr ! Pour nous, c’est indispensable.

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