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    Retour sur le «non» des Boliviens à un 4e mandat d’Evo Morales

    media Ces derniers mois, plusieurs scandales de corruption ont ébranlé le gouvernement Morales. REUTERS/Bolivian Presidency/Handout via Reuters

    Appels sur l’actualité analyse la victoire du « non » au référendum en Bolivie le 21 février concernant une modification de la Constitution. En effet, 51,3% des Boliviens ont voté non, et donc contre la possibilité pour Evo Morales de briguer un quatrième mandat en 2019. Pourtant, lors de sa réélection en 2014, il avait encore obtenu 61% des suffrages.

    Comment expliquer la baisse de popularité du président bolivien Evo Morales malgré son bon bilan ?

    Pendant dix ans, Evo Morales était l'un des présidents les plus populaires en Amérique latine. Arrivé au pouvoir en 2006 avec 54% des voix, il a été réélu en 2009 avec 64% et en 2014 avec 61%. Sa popularité, Evo Morales la doit avant tout à ses succès économiques, obtenus notamment grâce à la nationalisation des ressources naturelles, dont le gaz et le pétrole. Et alors que les cours des matières premières s'effondrent, la Bolivie prévoit quand même une croissance de 5% pour la période 2016-2020.

    La bonne santé de l'économie bolivienne lui a ensuite permis des investissements importants : tout d'abord dans des programmes sociaux, bien sûr, mais aussi dans d'autres projets. On se souvient du lancement d'un satellite de télécommunication dans l'espace ou encore de la construction du plus haut et du plus long téléphérique au monde à La Paz. Les Boliviens des classes défavorisées lui ont voué un véritable culte, parce qu’Evo Morales a réussi à faire reculer de manière tangible la faim et la pauvreté dans son pays. En 2006, plus d’un tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté. Aujourd’hui cela concerne encore 15% de la population.

    Et pourtant, lors du référendum, une majorité des Boliviens a dit « non » à leur président. Que s'est-il passé ?

    Ces derniers mois, plusieurs scandales de corruption ont ébranlé le gouvernement Morales. Le plus important est celui qui concerne le fonds de développement autochtone, un fonds alloué par l’Etat pour soutenir les communautés amérindiennes et paysannes. Plusieurs dizaines, voire des centaines, de millions de dollars ont été détournées. Or, les paysans et Amérindiens constituent précisément le principal levier électoral d’Evo Morales.

    Pire encore, les Boliviens ont appris en pleine campagne pour le référendum que leur président était personnellement mis en cause dans un autre scandale. Cette fois, il s’agit d’accusation de trafic d’influence supposé en faveur de l’ex-compagne de Morales, Gabriela Zapata. La jeune femme de 28 ans est la chef de l’entreprise chinoise CAMC, société qui a signé des contrats avec le gouvernement pour 576 millions de dollars. Plusieurs enquêtes sont en cours.

    Morales, lui, a rejeté toute idée d’un trafic d'influence et a accusé l'ambassade des Etats-Unis d'avoir monté l'affaire pour lui nuire lors du référendum. Mais indéniablement, ces accusations de corruption ont renforcé la crainte des Boliviens qu’un pouvoir qui se maintient trop longtemps devient opaque et laisse la porte ouverte à des affaires de corruption, justement.

    Que va-t-il se passer désormais avec la victoire du « non » ? Comment a réagi le président ?

    Le chef d’Etat a tenté de minimiser la victoire du « non » en soutenant être heureux d’avoir encore le soutien de la moitié de la population. Avant le référendum, Evo Morales s'était déjà montré serein face à une éventuelle défaite. Il avait estimé qu'avec de tels résultats à la tête de la Bolivie, il pourrait rentrer « heureux et content » chez lui. Au journal espagnol El Pais, ce fan de football avait même confié qu'il adorerait être dirigeant sportif.

    Mais on n’y est pas encore. Evo Morales doit quitter la présidence début 2020, ce qui lui laisse encore presque quatre ans. La question est maintenant de savoir quel impact la nouvelle de son départ aura sur le paysage politique dans le pays. Depuis dix ans, cet ancien éleveur de lamas règne sur la Bolivie et sur son parti politique, le MAS, le Mouvement vers le socialisme, avec une personnalisation croissante. D’éventuels dauphins n’ont donc pas eu l’occasion d’émerger. Le départ du président en 2020 va forcément réveiller des appétits, au sein de sa famille politique tout comme dans les rangs de l’opposition.

    Quelle sera la stratégie de l'opposition pour remporter la présidentielle en 2019 ? Et est-ce que Evo Morales va pouvoir éviter des luttes de pouvoir au sein de son parti ? Les prochains mois et années en Bolivie seront sans aucun doute très intéressants à suivre.

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