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    Hebdo

    Les femmes, une «chance inexplorée» pour l'Afrique

    media Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, a demandé à ce que « l’Afrique parle en son nom propre ». RFI/Charlotte Herzog

    A quelques jours de la Journée internationale des femmes, une journée de débats intitulée « Les femmes, avenir du continent africain », a été organisée par Le Monde Afrique en partenariat avec RFI, à Paris le 23 février dernier. De nombreux invités de marque étaient présents pour parler de la place et des droits des femmes en Afrique, un continent où les femmes sont plus vulnérables aux violences. Mais les femmes sont aussi une « chance inexplorée » pour ce continent, qui a tout à gagner à donner plus de place aux femmes, que ce soit pour sa croissance, sa santé et sa stabilité.

    De nombreuses questions ont été évoquées lors de cette deuxième édition* des débats du Monde Afrique au musée du Quai Branly à Paris : l’accès aux soins, l’économie, l’éducation, les violences faites aux femmes, le féminisme, la politique, etc.

    Comme l’ont rapporté de nombreux intervenants, dont Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, ou Ebele Okobi, directrice des politiques publiques de Facebook Afrique, mais aussi des personnes dans l’assistance, l'un des problèmes en Afrique est celui des données. Le manque d’informations et de chiffres fait que l’action politique peut parfois être limitée.

    Des chiffres encourageants, mais une réalité encore inéquitable

    Mais les chiffres existent, et certains sont encourageants. Les femmes produisent ainsi 80% des ressources alimentaires en Afrique subsaharienne. Elles représentent 70% de la force agricole du continent et sont propriétaires d’un tiers des entreprises en Afrique. Par ailleurs, 63% des Subsahariennes sont bénéficiaires d'un micro-crédit (contre 37% pour les Subsahariens). Au Rwanda, les femmes occupent 51 des 80 sièges de l’Assemblée nationale.

    Mais la réalité est que les femmes restent les premières victimes de violences, notamment sexuelles, et qu'elles subissent plus de discrimination, en raison à la fois de traditions ou de normes culturelles et de lois inéquitables.

    Thierry Michel, réalisateur du film L’Homme qui répare les femmes, a ainsi rappelé le travail de Denis Mukwege, chirurgien qui a soigné près de 40 000 femmes victimes de viols de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo. Quelque 220 enfants de moins de 5 ans ont également subi ces viols. Et Thierry Michel de qualifier le docteur Mukwege de « conscience politique du Congo aujourd’hui ».

    Des progrès ont été également faits, notamment sur la mortalité maternelle, qui a été réduite environ de moitié depuis 1990. « Mais de nombreux progrès restent à faire », a rappelé Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, en particulier sur les inégalités de revenus entre hommes et femmes.

    Quant aux questions de santé et de l’accès aux soins pour les femmes africaines Awa Marie Coll Seck, ministre de la Santé du Sénégal, a notamment évoqué son travail dans des associations féministes pour imposer aux hommes l’utilisation de préservatifs, mais a surtout appelé les Etats à « prendre [leurs] responsabilités ». « Il faut que les femmes accouchent à l'hôpital, certaines ne comprennent pas pourquoi c'est important », a poursuivi Liya Kebede, mannequin éthiopienne qui milite sur la question de l'accouchement.

    Des débats « y compris en Afrique »

    La ministre Awa Marie Coll Seck a appelé à ce que ce type de journées de débats se reproduisent, « y compris en Afrique ». Elle a été rejoint en ce sens par Leymah Gbowee, travailleuse sociale et militante libérienne, co-lauréate 2011 du prix Nobel de la paix, qui « adore participer à ce genre d’événements. Mais je suis fatiguée. Je veux que cela se déroule en Afrique. »

    « Je suis une femme, féministe, et je suis Africaine au plus profond de moi-même. Et je soutiens fermement l’Afrique », a insisté Leymah Gbowee.

    « Nous essaierons de faire une rencontre tous les mois de septembre à Abidjan, une rencontre tous les ans à Paris, et deux ou trois autres par an en Afrique. L’idée est d’installer une alternance entre l’Afrique et Paris, et pourquoi pas ailleurs en Europe, pour faire parler la diaspora africaine, qui est très dynamique », a rassuré Serge Michel, rédacteur en chef du Monde Afrique.

    L’objectif affiché par Serge Michel était de raconter le continent africain, autrement que « par ses guerres, ses coups d’Etats, etc. Notre mission, c’est d’élargir le contenu africain ». Ainsi, de nombreux intervenants étaient anglophones, ce qui correspondait à une volonté de « ne pas parler que de l’Afrique francophone », mais de toute l’Afrique.

    L’académicien Erik Orsenna a ainsi retenu une phrase en anglais, prononcée par la romancière nigériane Chimamanda Ngozi Adichie : « Own yourself », « appartenez-vous vous-mêmes ». Celle-ci s’est faite la porte-voix d’un « féminisme heureux qui ne déteste pas les hommes ».

    Un credo repris notamment par Leymah Gbowee, qui a expliqué que « la femme africaine a[vait] le pouvoir en elle-même, mais qu’elle a besoin des ressources ».

    Leymah Gbowee a insisté : « Les femmes connaissent leur pouvoir. Dans n’importe quel village où vous pouvez aller, il y a des femmes fortes qui veulent changer les choses. Elles n’ont pas besoin de nous pour ça. »

    Les femmes, le courage et l’économie

    Fadumo Dayib, candidate à la présidentielle en Somalie, a été une preuve de ce courage, elle qui se présente à une élection dans un pays où les femmes ont une situation extrêmement précaire :

    « Je n’avais pas le choix que de m’engager en voyant la situation », a ajouté Fadumo Dayib, qui reconnaît que ses chances de remporter l’élection présidentielle restent minces.

    La question du rôle des femmes dans l’essor économique du continent africain a également été évoquée, avec les interventions de Caren Grown, directrice du pôle Genre et égalité des sexes à la Banque mondiale, Safia Otokoré, chargée des relations extérieures genre de l’Agence française de développement, Bruktawit Tigabu, entrepreneuse sociale qui a créé le premier dessin animé pédagogique éthiopien et Ebele Okobi, directrice des politiques publiques de Facebook Afrique.

    Deux entrepreneurs rencontrés dans les couloirs de la salle expliquaient être venus « par curiosité » : « Pour rencontrer des gens, se renseigner sur l’Afrique. C’est vraiment très intéressant. » L’économie a également été abordée par Magatte Wade, entrepreneuse fondatrice de Tiossan, une entreprise sénégalaise de cosmétiques de luxe.

    Les débats ont été entrecoupés de deux intermèdes musicaux de Patricia Essong et de Salif Keita, car « on voulait se différencier des débats où l’on ne fait que parler », a expliqué Serge Michel.

    *La première édition s’était déroulée à Abidjan les 10 et 11 septembre 2015 autour du thème : « L’Afrique, avenir du monde ».

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