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    Hebdo

    Jungle de Calais: les raisons du démantèlement

    media Destruction d'une cabane d'habitation de la «Jungle». RFI/Guilhem Delteil

    Début mars, le démantèlement du camp de Calais a laissé l’impression d’une action menée dans la précipitation. Pourquoi la « Jungle » a-t-elle été évacuée ? Guilhem Delteil, qui s’était rendu plusieurs fois sur place, a rappelé, mercredi 9 mars dans Appels sur l’actualité, les étapes de la construction de ce bidonville aux alentours du centre Jules Ferry. Eclairage.

    Dans quelles conditions s’est développé ce camp ?
    A Calais, en décembre 2013, la « Jungle » n’existait pas. Les migrants - quelques centaines à l’époque - vivaient dans des squats ou différents petits camps autour du port, près du lieu de distribution des repas. Au printemps 2014, le gouvernement français a décidé de mener une politique « alliant humanité et fermeté » : l’expulsion de ces squats et campements du centre-ville et, quelques mois plus tard, début 2015, l’ouverture d’un centre d’accueil de jour. L’établissement accueille désormais les distributions de repas le soir. Le centre Jules Ferry comprend aussi 400 places réservées aux femmes et aux enfants. C’est ainsi que les migrants se sont progressivement installés aux abords du centre situé dans une zone industrielle à l’extérieur de la ville, sur un terrain vague. En parallèle, la sécurité a été renforcée sur le port et sur le site d’Eurotunnel, le tunnel sous la Manche. Les passages ont été de plus en plus difficiles, voire désormais impossibles. En novembre dernier, le ministre de l’Intérieur se félicitait d’ailleurs que la frontière soit devenue « étanche ».

    Parallèlement, les arrivées en Europe ont été de plus en plus nombreuses…
    Oui, et les passages vers le Royaume-Uni l’étant de moins en moins, le nombre de migrants à Calais a augmenté très rapidement. De quelques centaines, on est passé à 7 000 ou 8 000 personnes. Les abords du centre Jules Ferry sont devenus une véritable petite ville, faite de bric et de broc, de cartons et de planches… Et ce campement a été qualifié de « Jungle » par ses habitants.

    Alors, pourquoi le démantèlement ? Et pourquoi maintenant ?
    Le gouvernement voulait éviter que ce bidonville ne se développe indéfiniment. Dès lors, il a décidé d’ouvrir un camp d’accueil provisoire au sein de la « Jungle ». Ce fut chose faite en janvier 2016. Il s’agit de conteneurs pouvant accueillir 1 500 personnes. Parallèlement, depuis fin octobre, des maraudes d’agents de l’Etat ont eu lieu dans la « Jungle », pour présenter aux migrants les alternatives de logement, en l’occurrence les Centres d’accueil et d’orientation (CAO) : des lieux pour accueillir les migrants, leur présenter leurs droits en France pour qu’éventuellement ils demandent l’asile ici et renoncent à se rendre au Royaume-Uni. L’objectif est donc de vider progressivement la « Jungle » de ses habitants.

    Comment les choses se sont-elles passées formellement ?
    Le 12 février dernier, Fabienne Buccio, la préfète du Pas-de-Calais, a annoncé le démantèlement prochain de la zone sud de la « Jungle », la moins aménagée par les services de l’Etat. Plusieurs associations d’aide aux migrants attaquent alors cette décision en justice et déposent un recours devant le tribunal administratif de Lille. Recours rejeté, dans ses grandes lignes, le jeudi 25 février. La justice a simplement demandé que les lieux de vie collective soient préservés. Les travaux de démantèlement ont ensuite commencé le lundi suivant, le 29 février.

    Où vont aller les personnes délogées de la zone sud de la « Jungle » ?
    Il y a plusieurs possibilités. La première est le centre Jules Ferry pour les femmes et les mineurs, où il restait plus de 200 places en fin de semaine dernière, le 5 mars. Il y a aussi le Camp d'accueil provisoire, le CAP, ces conteneurs qui peuvent accueillir hommes, femmes et enfants. Il restait aussi 200 places. Autre possibilité : les tentes de la sécurité civile de la zone nord. Là aussi, il y avait près de 200 places de libre. Ou encore l’un des 102 CAO qui existent en France : 137 personnes sont parties vers l’une de ces structures après le début du démantèlement et près de 3 000 ont été relogées dans ce cadre-là depuis la mise en place du dispositif fin octobre.

    Comment cette décision est-elle accueillie ?
    La préfecture assure que la plupart des cabanes détruites étaient vides, que les relogements se font par la persuasion. Mais ce n’est pas l’avis de bon nombre d’associations qui interviennent dans la « Jungle ». J’ai vu également des migrants déplacer leurs cabanes lorsque les forces de l’ordre s’en approchaient pour éviter qu’elles soient détruites. Plusieurs ONG craignent que se développent des mini-camps aux alentours de Calais. Des camps plus difficiles à trouver, moins structurés que la « Jungle ».

    Comment leur situation va-t-elle être régularisée ?
    Tout le monde ne sera pas régularisé ! Le gouvernement ne cesse de répéter que les migrants économiques doivent être renvoyés dans leur pays. Seuls resteront ceux qui peuvent prétendre au statut de réfugié, donc ceux qui fuient une guerre ou des persécutions. Et tous les migrants présents à Calais ne souhaitent pas voir leur situation régularisée en France. La plupart maintiennent leur projet d’émigration vers le Royaume-Uni. Une étude britannique menée auprès de 870 habitants de la « Jungle » montre que 92% des personnes interrogées affirment vouloir passer au Royaume-Uni malgré les difficultés rencontrées. Et parmi ceux qui réfléchissent à une nouvelle destination, il y en a qui pensent plus à l’Europe du Nord, la Suède ou l’Allemagne qui ont la réputation, désormais pas toujours à juste titre, d’être plus accueillantes.

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