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    Hebdo

    Takeshi Kitano, d’Asie en Afrique

    media Takeshi Kitano, ici en 2010 au Festival de Cannes. Festival de Cannes

    Takeshi Kitano est le porte-drapeau culturel du Japon au Bénin. Le réalisateur japonais entretient des liens inattendus avec ce pays avant tout grâce à son amitié de vingt ans avec Zomahoun Idossou Rufin. Ce linguiste, arrivé en Chine en 1988 puis au Japon en 1994, est aujourd’hui ambassadeur du Bénin au Japon et en Asie. Leur amitié née d’une rencontre lors d’un programme à la télé nippone s’est encore fortifiée avec le développement d’une coopération pédagogique et culturelle entre les deux pays.

    Takeshi Kitano, c’est un univers intimiste où l’esthétisme côtoie le tragique, mais jamais gratuitement. La filmographie de ce réalisateur nippon se distingue par un univers où silences et regards ont les premiers rôles. On pense à Sonatine, Hana-Bi qui le fit connaître au monde lors du Festival de Cannes 1997, et à L'été de Kikujiro, road-trip d’un petit orphelin à la recherche de sa mère. Celui qui a également joué aux côtés de David Bowie dans l’inoubliable Merry Christmas, Mr. Lawrence est longtemps resté un animateur de divertissements aux yeux des Nippons.

    Sa vie est pourtant le reflet d’un tempérament bien plus tourmenté, comme en témoigne cet accident qu’il qualifia ensuite de « tentative de suicide inconscient » et qui l’a laissé à jamais marqué par des tics, d’où sans doute la force de ses personnages. Rebelle Made in Japan, son œuvre jongle avec la naïveté, la mélancolie, la violence et le code de l’honneur. Kitano est un Monsieur Loyal à la tête bien faite qui a fait ses armes dans les bars tokyoïtes. Un parcours que l’on retrouve en filigrane dans Kid’s Return, un film qui photographie le spleen d’une jeunesse nipponne en quête de voie, tout comme il a dépeint celui de la jeunesse américaine dans Aniki, mon frère. Et si la voie du justicier Zatoichi est une réponse cinématographique, celle-ci lui a enfin valu la considération de ses compatriotes.

    Echange culturel « télévisé »

    Takeshi Kitano est un écorché vif aussi énigmatique qu’anticonformiste, avec un état d’esprit laissant la porte ouverte aux rencontres les plus inattendues, comme celle en 1998 avec Zomahoun Idossou Rufin. Kitano est alors animateur et meneur de débats dans l’instructive émission Koko ga hen da yo, nihonjin (« Hé les Japonais, ceci est bizarre ! »). Dans ce programme, un groupe de 100 gaikokujin ou gaijin (étrangers, expatriés) débattent avec des célébrités japonaises de leur expérience de vie au Japon.

    Doctorant en linguistique depuis 1994 à l’université de Sophia (Tokyo), Zamahoun vit seul en subvenant à ses besoins grâce à des petits boulots. Un jour, dans un restaurant, un cadre de la télé japonaise TBS, qui cherche des gaijin, lui propose de participer à l’émission présentée par Kitano. Le coup d’essai est tellement concluant qu’il devient l’un des invités récurrents jusqu’en 2002, le temps de se forger une amitié fidèle. Il participe ensuite à la célèbre téléréalité Ainori où il fait découvrir la culture béninoise à un groupe de jeunes Japonais célibataires.

    De Zomahoun le Japonais à Kitano le Béninois ?

    Leur amitié permettra à Zomahoun Idossou Rufin d’accéder à la notoriété, médiatique mais aussi diplomatique ! Il crée la Fondation Ifê pour favoriser les projets pédagogiques et culturels, avant d’être nommé en 2011 ambassadeur du Bénin au Japon et en Asie. De son côté, Takeshi Kitano s’investit dans une association d’aide aux orphelins, grâce à laquelle il récolte même des fonds dans le « Qui veut gagner des millions » nippon, vêtu de la tenue traditionnelle dahoméenne.

    Ces initiatives sont soutenues aussi bien par le Bénin que par le Japon, et en particulier par l’ambassadeur du Japon sur place, Daini Tsukahara. Les remerciements et correspondances aux familles marraines se font par photos interposées pour contourner la barrière de la langue. La langue japonaise est enseignée à l’école Takeshi Nihongo Gakkou, fondée au Bénin avec le soutien de l’Etat nippon et un programme de parrainage a permis de rendre la cantine scolaire accessible à tous. Déjà, 54 élèves béninois ont bénéficié d’une bourse et d’un permis de travail valable plusieurs années.

    Fort de son expérience, l’ambassadeur Rufin estime que le Japon et le Bénin partagent de fortes valeurs communes. Il rêve de faire de sa patrie « le Japon de l’Afrique »…

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