GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Lundi 5 Décembre
Mardi 6 Décembre
Mercredi 7 Décembre
Jeudi 8 Décembre
Aujourd'hui
Samedi 10 Décembre
Dimanche 11 Décembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Afrique

    Journée mondiale de l’eau: l’emploi avant tout

    media Un pêcheur sur sa pirogue, à'Abidjan, en Côte d'Ivoire Getty/Cultura Exclusive/WALTER

    Chaque année depuis 1993, le 22 mars est consacré dans le monde entier à l'eau, avec cette année un gros plan sur le lien entre ce précieux élément et le travail. Sans eau, pas de travail, serait-on tenté de résumer, et cela n’est pas qu’une formule, comme le démontre le dernier rapport des Nations unies.

    Les trois quarts de la main d’œuvre mondiale ont un emploi qui dépend de l’eau. Ces travailleurs, 40 % de femmes, œuvrent avant tout dans les secteurs de l’agriculture, de la pêche et de la sylviculture, des domaines qui emploient à eux seuls près d’un milliard de personnes dans le monde. Sans oublier l’énergie, le secteur manufacturier, le recyclage, la construction et le transport…

    La pression du nombre
     
    Selon le rapport que publie ce 22 mars 2016 le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau (WWAP), entre 2011 et 2050, la population de la planète devrait augmenter de 33 %, passant de 7 milliards actuellement à 9,3 milliards. La pression du nombre s’exercera avant tout autour de la demande alimentaire qui progressera en parallèle de 70 % peut-on y lire.
     
    Évidemment, note l’agence de l’ONU, le défi à relever est immense, mais il sera particulièrement difficile pour le nord et le sud de l’Afrique et en Asie centrale et du sud. La COP 21 nous l’a démontré récemment, le manque d’eau risque de nous affamer plus rapidement qu’on ne croit.
     
    Ce que les spécialistes appellent le stress hydrique concernera des milliards de personnes d’ici 2050. Ils estiment ainsi qu’en 2030, un écart de 40 % se sera creusé entre la demande et l’offre en eau. L’agriculture risque bien d’être la première activité touchée par la pénurie.
     
    Ce secteur vital représente actuellement 70 % de l’utilisation d’eau douce ; sans intervention énergique pour améliorer l’efficacité des prélèvements, la consommation pourrait encore croître de 20 % d’ici 2050, avertit le Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau.


    On atteint les limites
     
    L’industrie de l’énergie, grande consommatrice d’eau est également dans le viseur des prévisionnistes qui prévoient là aussi un accroissement de la demande de plus d’un tiers d’ici 2035 principalement dans les pays non-OCDE. Les prélèvements d’eau que l’homme opère pour ses activités, doublés des effets qu’il produit sur le climat, atteignent leur limite estime le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
     
    Sécheresses et inondations de plus en plus marquées sont des indices qui ne trompent plus sur la modification climatique en cours. Et le lien vital qui unit l’eau et le travail risque de s’en trouver profondément modifié si on en croit l’ONU selon qui « l’impact du changement climatique devrait entraîner un chômage considérable dans toute l’économie mondiale à la suite de réductions d’emploi, voire une diminution de 2 % des emplois d’ici 2020 ».
     
    Cette eau si précieuse est souvent gaspillée relève le rapport. Ainsi, des études britannique et norvégienne estiment que de simples fuites totalisent 30 % de l’eau perdue dans le monde. Cette dilapidation ne se produit pas seulement dans les pays pauvres : Londres laisse ainsi se perdre dans les entrailles de la Terre 25 % de son eau potable, alors que la Norvège atteint le record de 32 %. En France on n’a pas de quoi pavoiser avec 20 % d’eau potable qui fuit dans la nature en pure perte, selon une enquête de 60 Millions de Consommateurs menée en 2014.
     
    Le salut dans les infrastructures vertes   
     
    En même temps que cette appréciation pessimiste, le rapport du WWAP relève les efforts de certains centres urbains dans le monde qui ont dorénavant recours à la collecte des eaux de pluie, aux toitures végétales et à d’autres infrastructures vertes. « Ces initiatives ont un impact pour réduire non seulement la consommation d’eau, mais aussi les risques d’inondation. En période de canicule, elles contribuent à limiter la montée en température en même temps qu’elles améliorent l’environnement urbain », constate l’agence.
     
    Mais généralement, à l’échelle planétaire il n’y a pas de quoi se rassurer sur la disponibilité de l’eau. Des records de chaleur sont battus régulièrement comme le montrent les relevés de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). Le dernier en date concerne le mois de février 2016 (+1,21°C) : jamais en février on n’a observé une telle moyenne dans le monde depuis le début de l’enregistrement des températures en 1880.
     
    Des petits degrés qui coûtent cher
     
    Ces petits degrés qui n’ont l’air de rien coûtent très cher en réalité. Le GIEC a ainsi évalué que pour « chaque degré de réchauffement, environ 7 % de la population mondiale (près de 380 millions de personnes) sera exposée à une diminution d’au moins 20 % des ressources en eau non renouvelables ».
     
    Une gestion non durable de l’eau, avertit le Programme mondial, « peut sérieusement menacer les avancées durement acquises pour faire reculer la pauvreté et créer des emplois ». À l’inverse, remarque le WWAP, investir dans les infrastructures et la gestion améliorée de l’eau « équivaut à investir dans l’emploi ». 

    L’eau est donc un moteur de croissance. L’investissement dans des projets à petite échelle donnant accès à l’eau potable et à l’assainissement de base en Afrique, estime l’ONU, pourrait avoir un retour sur investissement de près de 28,4 milliards de dollars par an, soit près de 5 % du produit intérieur brut (PIB) du continent. Le rôle-clé de l’eau est ainsi confirmé à la fois dans la création d’emplois, la santé et la croissance économique.

    Cliquez sur l'image pour voir notre infographie :

     

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.