GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 22 Septembre
Vendredi 23 Septembre
Samedi 24 Septembre
Dimanche 25 Septembre
Aujourd'hui
Mardi 27 Septembre
Mercredi 28 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Hebdo

    Mode: le wax universel de Nash Prints It

    media Shade Affogbolo (G) et Nafi Diarra, mère et fille dans le stylisme. Alyson Grcar

    L’une vit à Ouidah, l’autre à Paris. La mère et la fille, passionnées de couture, ont lancé en 2013 la marque de prêt-à-porter Nash Prints It, qui taille dans des coupes occidentales des motifs africains. Leur objectif : inscrire le wax, ce coton imprimé très répandu en Afrique de l’Ouest, dans un style urbain, contemporain et globalisé.

    Nafi Diarra, métisse dano-sénégalaise, a ouvert dans les années 1980 son studio de couture à Dakar, qui a connu un certain succès. Styliste formée dans les plus grandes écoles, l’Esmod à Paris et l’Institut Marangoni à Milan, elle a travaillé chez Dior et a tout fait, à ses débuts, pour rencontrer Issey Miyake. Le grand couturier japonais lui a conseillé de travailler à partir de sa culture. C’était avant que des problèmes de santé ne la contraignent à s’établir à Paris, où ses deux enfants, nés à Dakar, ont grandi et étudié.

    Sa fille Shade Affogbolo, 29 ans, après deux années de droit à Assas et une école de journalisme, avait le projet de devenir chroniqueuse musicale, pour partager sa passion de mélomane. Elle a finalement décidé de marcher dans les pas de sa mère, pour laquelle elle ne cache pas son admiration. Sur les conseils de son père, un financier béninois, elle lance en 2013 une petite maison de couture familiale à consonances anglo-saxonne, Nash Prints It, pour solliciter les talents maternels inexploités.

    Rendre hommage à l’Afrique

    « Je voulais aussi rendre hommage à l’Afrique et participer à la promotion du continent, avec ce discours nouveau porté par la diaspora depuis quelque temps, explique Shade Affogbolo. Nous partons d’un style classique pour faire admettre le wax avec des coupes intemporelles. »

    Basée à Ouidah, Nafi gère les commandes passées à un atelier de couture au Bénin, qui fait vivre une dizaine d’artisans. Shade, elle, dessine et écoule le stock à Paris, par le biais de ventes privées dans l’appartement familial, situé au pied du palais du Tokyo, ainsi que chez La Botica, une boutique multimarques de la rue de Bagnolet. Elle est aussi présente lors des événements de la mode « world » à Paris, comme Major Wax ou le Labo International, salon de la mode ethnique à Paris.

    Mère et fille se retrouvent au Bénin, régulièrement, pour aller chercher de nouveaux imprimés auprès de grossistes de la place, et se plonger dans le dédale du marché de Dantokpa, qui aligne des piles et des piles de wax sur ses étals. « Shade a l’œil pour repérer le bon imprimé, celui qui va plaire à Paris et se mêler à des garde-robes classiques », explique Nafi.

    Le wax, un imprimé et non un « déguisement »

    Ses premières ventes privées ont permis à Shade de tester la marchandise, en lui servant d’étude de marché. Les chemises basiques plaisent, de même que les jupes crayon et les robes un peu plus sophistiquées, dos nu, à volants ou plissées. « Les premières réactions des clients parisiens sont toujours de l’étonnement face à la qualité des finitions, pour des produits faits en Afrique. J’insiste toujours sur l’excellence de nos couturiers. »

    Contrairement à la griffe Maison Château Rouge, qui utilise le wax en jouant plus sur son image africaine, Nash Prints It vise à décomplexer les Occidentaux qui veulent porter du wax sans se sentir « déguisés ». « C’est juste un imprimé, et nous l’expliquons sans cesse à nos amis qui pensent être en boubou : le boubou c’est une forme de vêtement, et non une matière, tandis que le wax est un imprimé, qui n’est d’ailleurs pas africain, mais à l’origine indonésien ».

    Développer une marque internationale

    Lors du lancement de sa griffe en 2013, Shade Affogbolo participe à l’émission de télé-crochet The Voice sur TF1, où elle chante pour le plaisir, sans pour autant développer un projet de disque ou un plan de carrière musicale. La presse, qui l’a repérée, lui envoie néanmoins des clients pour ses produits wax, portés par des stars comme la chanteuse d’origine comorienne Imany.

    « La petite Shade », comme on l’appelle, vend ses pièces entre 60 et 250 euros et tient à ce qu’elles restent accessibles. Pour développer la griffe, elle est prête à la faire « incuber » à Paris, pour s’initier aux règles du business – un passage obligé.

    Son rêve : développer une marque internationale, en commençant par une boutique « lifestyle » à Paris, pour décliner le wax de toutes les manières possibles – vêtements, décoration intérieure, accessoires. « Je me sens prête à repeindre un immeuble avec un imprimé wax », sourit Shade Affogbolo, enthousiaste, en rangeant son ordinateur dans une pochette matelassée aux grandes fleurs bleues, made in Benin.

    ►Evènement : Major Wax, du 9 au 16 avril, 10 rue Béranger, 75003 Paris (métro République)
     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.