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    Hebdo

    Faudra-t-il bientôt se passer de poisson dans nos assiettes?

    media Arrivage du poisson au marché à la criée de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, sur la côte Atlantique française, le 4 mai 2016. LOIC VENANCE / AFP

    Mets de choix et excellente source de protéines, le poisson n’est cependant pas une ressource illimitée comme on le croit encore trop souvent. En France, où l'on en consomme chaque année 35 kg par habitant, on dépasse ainsi largement ce que l’on peut pêcher ou élever dans nos propres eaux territoriales. Au prix d’une surpêche qui peut compromettre les ressources halieutiques.

    Le 31 mai dernier, si la France ne consommait que le poisson qu’elle pêche dans ses eaux territoriales, elle aurait dû fermer toutes les poissonneries de son territoire. Ce jour correspond à ce que des ONG spécialisées appellent le « jour de dépendance à l’égard du poisson », autrement dit, la date à laquelle on a épuisé notre propre production, élevage y compris. Cette année, en cinq mois à peine, l’Hexagone a déjà consommé jusqu’à la dernière sardine, tout le poisson dont elle dispose. 

    Mais, les poissonneries n’ont pas baissé leur rideau et saumons, morues et crevettes sont toujours aussi abondants sur les étals de nos marchés. Aucune pêche miraculeuse n’a pourtant été signalée sur nos côtes après le 31 mai. Tout simplement, la France importe ce qu’elle ne pêche pas elle-même.

    Prendre chez les autres
     

    Retour de pêche à Hastings en Angleterre, le 9 mai 2016. Le Royaume-Uni est autosuffisant à 80 % pour les produits de la mer. REUTERS/Luke MacGregor

    Chaque année, notre période d’autosuffisance en produits de la mer se raccourcit. Ainsi, en 2000, rappelle la navigatrice Isabelle Autissier, présidente du WWF France (World Wild Fund), la France « tenait » avec sa propre pêche jusqu’au 25 juillet.

    D’autres pays font moins bien que nous, la Slovénie, dont l’autonomie cesse le 5 février, et d’autres font beaucoup mieux, comme la Grèce qui est autosuffisante à près de 100 % et le Royaume-Uni qui l’est à 80 %. La France, elle, n’est autosuffisante qu’à 40 %...

    Pour les pays grands consommateurs de poisson, mais « petits » pêcheurs comme le sont par exemple la France ou l’Allemagne, seule l’importation leur permet de répondre à la demande. Ces prélèvements sont importants ; pour la France ils représentent les trois quarts de sa consommation.

    Selon les spécialistes de l’Association française d’halieutique, si on tient compte des ressources de toute la planète et en respectant le renouvellement des stocks, chaque terrien dispose de 11 kg de poisson. À ce total il convient de soustraire 3 kg destinés à être transformés en farines animales. Restent donc 8 kg par personne, si chacun se contentait de la part qui lui revient.

    La Chine, « seigneur des mers »

    Mais les choses sont bien loin de se passer de cette façon puisque dans le monde, ce sont 16,4 kg de poissons qui sont engloutis par habitant chaque année. Largement au-dessus de cette moyenne, chaque Japonais mange, bon an mal an, la bagatelle de 72 kg de poissons ou crustacés.

    Loin devant en volume, la Chine est dorénavant le « seigneur des mers ». Même si selon une étude de l'université de Colombie-Britannique au Canada, elle surévalue ses prises « parce que le régime veut afficher une progression constante », il n'en reste pas moins qu'elle est devenue la première exportatrice au monde.

    En même temps, la consommation intérieure chinoise ne cesse de croître : de moins de 5 kg/an par habitant dans les années 1970, elle atteint près de 35 kg actuellement. Ce qui, compte tenu de l’étendue de la population chinoise, a contribué pour l’essentiel à la croissance de la consommation mondiale par habitant. Et selon une étude prospective de la Banque mondiale (The World Bank, Fish to 2030), la Chine comptera pour 38 % de la consommation mondiale de poisson en 2030.
     

     
    La guerre du poisson
     

    Sa flotte de bateaux-usines, la plus importante du monde pêchant à l'étranger, sillonne les océans, pas toujours dans le plus grand respect des lois. Un de ces bateaux a d'ailleurs été coulé en mars 2016 par les garde-côtes argentins alors qu'il pêchait, selon ces derniers, dans les eaux territoriales de l'Argentine.

     
    Mais les zones de prédilection des navires chinois sont les côtes d'Afrique de l'Ouest, et cela, depuis trois décennies. Là, c'est un véritable pillage qui se produit grâce à quelques centaines de bateaux battant pavillon chinois. Greenpeace Asie a enquêté durant deux ans et constaté : « Rien qu'en 2014, en Afrique de l'Ouest, nous avons réussi à démontrer seize cas de pêches illicites. Nous […] avons dépêché sur place notre principal navire, organisé des surveillances avec un hélicoptère et utilisé des radars et des liaisons radios pour suivre en temps réel les mouvements de ces bateaux ».

    Résultat : preuves à l'appui, l'ONG a ainsi relevé des falsifications de tonnage, des détournements d'autorisations et des campagnes de pêche dans des eaux interdites. Les petits pêcheurs locaux sont évidemment les premières victimes de ces comportements délictueux. Ils doivent aller de plus en plus loin pour pêcher de moins en moins de poisson, quand ils n'ont pas purement et simplement abandonné leur activité. 

    Un appel et un accord

    Face à cette situation, les représentants de 24 pays africains réunis à Yaoundé, au Cameroun en décembre 2015, ont lancé un appel à la Chine pour qu'elle fasse cesser ces activités illégales. Sans préjuger de la réaction chinoise, le chef de la commission régionale de la pêche dans le golfe de Guinée, Emile Essema, souligne que le problème ne fait que s'aggraver, car de nombreux pays africains n'investissent pas dans le secteur de la pêche.

    L'entrée en vigueur, le 5 juin 2016, d'un accord international, « le premier traité mondial contraignant visant à lutter contre la pêche illégale », entrouvre la perspective d'un meilleur outil pour assurer la survie des ressources marines. Selon cet accord signé par une trentaine de pays sous l'égide de la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), les signataires sont tenus de mettre en place un certain nombre de mesures dans leurs ports.

    Ces mesures auront pour objectif de détecter la pêche illégale, d'empêcher que le poisson pêché illégalement soit déchargé et vendu et d'assurer le partage des informations concernant les navires peu scrupuleux à l'échelle mondiale. Frein de taille à une large application, la Chine et le Japon n'ont pas signé l'accord. 

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