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    La yourte, l’habitat des nomades d’Asie centrale

    media Dernière étape avec le placement de la deuxième toile de toit de la yourte. RFI/Muriel Pomponne

    En Asie centrale, les peuples kazakhs et kirghizes sont traditionnellement nomades, à la différence des Tadjiks ou des Ouzbeks. Ainsi, l’habitat traditionnel des populations nomades du Kirghizstan et du Kazakhstan est la yourte. Et la plupart des yourtes proviennent du même endroit, Kyzyl-Tuu, une petite ville du Kirghizstan. Aujourd’hui, même si de nombreux habitants d’Asie centrale sont sédentarisés, la yourte est encore très appréciée et largement utilisée, notamment en été. Et à Kyzyl-Tuu, on continue à fabriquer des yourtes.

    De notre envoyée spéciale,

    La yourte est une tente ronde constituée d’une structure en bois recouverte de peaux ou de toiles. Dans certaines régions comme dans la République russe de Bouriatie (une région de Sibérie très boisée), les yourtes peuvent être hexagonales et constituées de rondins de bois. Toutes les yourtes ne sont donc pas identiques, en raison notamment des contraintes climatiques.

    En Mongolie, la yourte est plus large, plus basse et la pente de toit est moins prononcée qu’au Kirghizstan et au Kazakhstan. Son ossature de bois est aussi beaucoup plus lourde, afin qu’elle résiste aux vents qui soufflent dans les grandes steppes mongoles. Au contraire, au Kirghizstan, un pays très montagneux, la yourte est plus haute, et le toit plus pentu, afin que la neige ne s’y installe pas. La structure de bois est plus légère, et donc plus facile à transporter pour les estives en altitude.

    Les Kirghizes et les Kazakhs utilisent sensiblement le même type de yourtes. Et elles sont pratiquement toutes fabriquées à Kyzyl-Tuu, une petite ville du Kirghizstan située sur la rive sud-ouest du lac Issyk kul, deuxième plus grand lac de montagne du monde.

    Kyzyl-Tuu est une localité plutôt prospère dans un pays assez pauvre. A Kyzyl-Tuu, les troupeaux sont en bonne santé, les maisons cossues et joliment peintes, dans les jardins, les fruits et les légumes sont abondants. Et dans les cours, on peut voir de nombreuses branches de saules qui sèchent. Certaines sont bruts, d’autres peintes. Des femmes s’activent à la confection des nattes de paille, des enfants foulent du feutre. Parfois, un aigle apprivoisé avec un masque sur la tête, rappelle que l’on est aussi au pays des chasseurs à l’aigle et au faucon. Le commerce de la yourte est rentable. Mais c’est un travail difficile, qui occupe les hommes et les femmes.

    La structure de la yourte

    La structure de la yourte, sur laquelle on posera des peaux, une toile ou des nattes, est en bois de saule, un bois léger que l’on peut courber assez facilement. Les murs ou ailes de la yourte sont constitués de treillis (croisillons) que l’on appelle keregue. La taille de la yourte est définie par le nombre de keregue assemblés ; la yourte fait en général entre 5 et 8 mètres de diamètre ce qui correspond à l’assemblage de 4 ou 5 keregue. Les treillis sont constitués de  branches de saule clouées avec des clous en cuir de vache, ce qui donne une grande souplesse au keregue, attachés entre eux par des cordes. Entre deux keregue, on laisse un espace pour placer la porte, constituée d’un cadre de bois. La porte donne toujours au Sud. On fait tenir l’ensemble à l’aide d’une corde plate. Toutes les cordes utilisées sont plates.

    Le toit est constitué de plusieurs dizaines de perches, appelées uukh, qui s’appuient sur les treillis. Là encore, chaque perche est attachée au treillis par une corde avec un nœud selon une technique particulière. Les perches sont cintrées à la base, ce qui leur donne une forme d’arc, à même de mieux résister au poids de la neige, tout en rehaussant le toit. La tradition veut qu’il y ait 40 perches comme le nombre de clans kirghizes.

    Au sommet du toit, les perches s’appuient sur les encoches du tunduk, un cercle de bois rigidifié par 2 fois 3 tiges parallèles, ou 2 fois 4 tiges parallèles, qui se croisent en son milieu. Le tunduk est la clef de voûte du toit.  Une fois qu’il est bien placé, on ancre le tunduk grâce à 2 cordes croisées et attachées au treillis. Les treillis, les perches et les tunduk sont presque toujours peints en rouge. Le tunduk est devenu le symbole du Kirghizstan. Il est visible au milieu d’un soleil sur son drapeau rouge.

    La yourte doit pouvoir être montée par deux personnes seulement. Mais le montage des perches et du tunduk est particulièrement sensible. Une perche mal attachée, et tout l’édifice s’écroule. Cette partie du montage de la yourte est donc la plus importante. Une fois la structure bien montée, on relie tous les uukhs les uns aux autres avec des cordes plates.

    Une yourte doit être solide, mais également belle. On placera donc des bandes décoratives en laine tissée au niveau du tunduk, et en bas des perches, là où commence le toit. On peut aussi ajouter des pompons aux treillis. Puis on va compléter les murs avec des nattes de pailles, décorées de quelques tiges colorées ou de laines de couleur. Dans l’entrée, il peut y avoir une porte à deux battants en bois peint, ou seulement une natte qui se rabat. Dans tous les cas, l’entrée sera recouverte d’un couvre-porte en feutre, l’eshiik shii, qui tient grâce à une corde passée dans le tunduk. Pour faire passer la corde dans le tunduk, qui est environ à 3 mètres de hauteur, on utilise une perche, et il faut faire preuve de beaucoup de dextérité. Cette porte de feutre protège du froid.

    Puis, les nattes de pailles sont recouvertes de couvertures de feutre et d’une toile imperméable que l’on entoure d’une large corde plate. Traditionnellement, on n’utilise que le feutre, qui, s’il est bien fait, très serré, résiste à l’humidité. Une ou plusieurs cordes plates entourent le tout. Enfin, encore à l’aide de la perche, on couvre le toit de deux couvertures de feutres, que l’on tend, et qui sont attachées à la corde entourant les murs. Au niveau de la clef de voûte, on replie la couverture pour laisser un trou qui permet à la lumière d’entrer dans la yourte. La nuit, on le referme.

    La yourte est souvent agrémentée d’un poêle avec un tuyau qui sort par un trou effectué dans le toit, ou sur le coté. Le carburant sera constitué des excréments séchés du bétail.  Le mobilier, très succinct consiste en tapis, couvertures, nattes et coffres.

    La fabrication des éléments constituant la yourte

    Le saule est le bois de base de la yourte. Il en pousse le long des nombreuses rivières du pays, qui est le château d’eau de l’Asie centrale, avec des montagnes entre 3 000 et 7 000 mètres, et de très nombreux lacs.

    Les branches de saule servent à la fabrication des perches recourbées qui soutiennent le toit. Elles sont tout d’abord rabotées, tout en étant assouplies entre deux barres métalliques. Puis elles sont passées à la vapeur, pour être encore plus souples et coincées pendant plusieurs semaines entre trois barres métalliques afin d’adopter la courbure requises. Pour faire le tunduk, la branche est tendue et progressivement enroulée autour d’une roue métallique. Le travail du bois est un travail d’homme.

    Les femmes vont fabriquer les nattes avec des pailles de roseaux tissées et de la laine. Certaines pailles sont entourées de laine de couleur afin de créer un motif décoratif. Une activité d’extérieur. Les bandes décoratives sont constituées de laine tissée par les femmes sur des métiers à tisser. Il existe différents motifs traditionnels toujours constitués de deux couleurs, avec des bordures plus travaillées. C’est une activité qui se pratique dans les maisons. Une bonne tisserande tisse 22 mètres en 5 à 6 jours. 

    La fabrication du feutre est également une tâche féminine. On fait sécher et on carde de la laine de mouton. Elle peut être teinte. La laine est  ensuite étendue dans une natte, que l’on roule sur elle-même pour y serrer la laine. L’ensemble est imbibé d’eau bouillante. Puis la natte et la laine sont nouées dans un sac qui sera foulé et roulé pendant plusieurs heures par toute la famille. Puis le feutre sèche au soleil. On peut ensuite coudre entre eux des feutres de plusieurs couleurs découpés selon des motifs traditionnels.

    En Asie centrale, les Ouzbeks et les Tadjiks sont traditionnellement des sédentaires, alors que les Kirghizes et les Kazakhs sont des nomades. L’Ouzbékistan est notamment connu pour les magiques monuments de Samarcande, Khiva et Boukhara. Sur cette même route de la soie, qui allait de Chine en Europe en passant par l’Asie centrale, il existe en revanche très peu de vestiges architecturaux au Kirghizstan. Mais la longue tradition des yourtes décorées est, elle bien vivante, et le secret de leur fabrication se dévoile à Kyzyl-Tuu.

    La technique s’exporte désormais en Europe où la mode des yourtes, comme hébergement estival, se développe. Kyzyl-Tuu accueille maintenant souvent des Européens qui viennent apprendre la fabrication et le montage des yourtes.

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    REPORTAGE KIRGHIZSTAN : A KYZYL-TUU, CAPITALE DE LA FABRICATION DE LA YOURTE RFI/Muriel Pomponne

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