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    La police de Manchester a annoncé ce mardi 23 mai qu'il y avait «des morts et des blessés» à la suite d'un «incident grave» survenu dans une salle de concert à Manchester, dans l'ouest de l'Angleterre, où se produisait lundi soir la chanteuse américaine Ariana Grande. «Les services de secours répondent actuellement à des informations selon lesquelles il y aurait eu une explosion», a indiqué la police dans un communiqué sur son compte Twitter. Elle a établi un périmètre de sécurité.

    Hebdo

    Cuba: il y a dix ans, Fidel Castro cédait le pouvoir à Raul

    media Le président cubain Fidel Castro et son frère Raul, alors ministre de la Défense, en décembre 2003, durant une session du Parlement. ADALBERTO ROQUE / AFP

    Ce 31 juillet marque les dix ans de la passation de pouvoir entre le « Lider Maximo » Fidel Castro, père de la révolution cubaine, et son frère Raul Castro. Au pouvoir depuis une décennie, d’abord provisoirement avant d’être officiellement élu en 2008, le cadet des Castro est devenu l’artisan du rapprochement avec les Etats-Unis et d’une relative ouverture économique de l’île. Retour sur cette page majeure de l’histoire de Cuba.

    Le 31 juillet 2006, le secrétaire personnel de Fidel Castro, Carlos Valenciaga, apparaît à la télévision nationale pour lire un communiqué officiel. Pour la première fois depuis le début de la révolution en 1959, Fidel Castro annonce dans cette « proclamation du Commandant en chef au peuple de Cuba » qu’il va déléguer ses pouvoirs de premier secrétaire du Parti communiste, ainsi que de président du Conseil d’Etat et de commandant en chef de l’armée, à son frère Raul Castro, de 5 ans son cadet.

    La note, longue d’une dizaine de minutes, précise que suite à une opération chirurgicale en urgence destinée à soigner des saignements intestinaux, il restera éloigné du pouvoir pendant plusieurs semaines. Des semaines qui se transforment en mois, et la passation de pouvoir provisoire s’éternise. Raul Castro, jusque-là éminence grise évoluant dans l’ombre de son aîné, multiplie les apparitions publiques.

    De l’ombre à la lumière

    Vice-président du Conseil des ministres et ministre de la Défense depuis 1959, l’éternel second est souvent décrit à la fois comme plus dogmatique mais plus pragmatique que son frère. Raul est un des principaux artisans de la révolution armée mais aussi de la répression qui lui succède, en tant que chef de la police et des renseignements, réputé sévère, terne, loin du charisme flamboyant du « Lider Maximo » et de ses discours fleuves.

    L’homme de l’ombre prend les rênes du pouvoir. L’incertitude règne dans le pays, alors que les hypothèses sur l’avenir de l’île et du régime vont bon train. Le monde scrute, les Cubains attendent. Mais l’absence de Fidel dure, rythmée par la publication de photos du « Comandante », vêtu d’un survêtement Adidas, et des « réflexions » qu'il signe dans le journal Granma, le quotidien du Parti communiste, comme ultimes preuves que le père de la révolution est toujours bien là, bien vivant.

    Une photographie d'archive montrant Raul Castro (G) et son frère Fidel Castro (D) dans la Sierra Maestra, à Cuba, à la fin des années 1950. HO / CUBADEBATE / AFP

    Le 26 juillet 2007, lors de la fête nationale, et moins d’un an après l’hospitalisation de son grand frère, le chef d’Etat par intérim se fend d’un discours retentissant. Il y annonce des « changements structurels et conceptuels ». L’orateur reste vague mais la déclaration préfigure, timidement, une nouvelle ère.

    Le 18 février 2008, Fidel Castro annonce : « Je n’aspirerai pas à être président du Conseil d’État ni n’accepterai de l’être. » Six jours plus tard, le 24 février, Raul Castro est élu président du Conseil d’État et du Conseil des ministres par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire.

    La laborieuse transition prend un virage, s’accélère. Désormais officiellement à la tête du pays, Raul est d'abord entouré de la vieille garde en signe de continuité puis fait son ménage, écartant les dauphins et collaborateurs de son aîné, opère un large remaniement des ministres pour placer des proches. Et il met notamment son second à la tête de Gaesa, la holding qui gère en grande partie l’économie du pays, et son fils au ministère de l’Intérieur.

    Le nouveau chef de l’Etat parfait son couronnement en avril 2011, avec le VIe congrès du Parti communiste cubain. Raul Castro est élu Premier secrétaire du PCC. L’appareil communiste a son nouveau chef, la passation de pouvoir est complète. Fidel Castro, dans un jogging bleu sombre, tient de sa main gauche le bras levé de son cadet et scelle ainsi sa succession dans une image à forte portée symbolique.

    Fidel Castro soulève le bras de son frère lors de son élection au poste de Premier secrétaire du PCC, Raul, à l'issue du VIe congrès du parti, le 19 avril 2011. ADALBERTO ROQUE / AFP

    Réformes économiques

    Cinq ans plus tard, les deux frères apparaissent une nouvelle fois côte-à-côte, à l’issue du VIIe congrès du PCC qui s’est tenu en avril dernier. Entre-temps, le gouvernement de Raul Castro a mis en œuvre un certain nombre de réformes économiques.

    Les Cubains peuvent désormais acheter et vendre biens immobiliers et voitures, acquérir ordinateurs et téléphones portables, alors que le secteur privé connaît un essor non négligeable. Le secteur non étatique emploie officiellement 30% de la population active cubaine, soit environ 1,4 millions de travailleurs.

    Mais l’émergence du secteur privé n'est pas du goût de tous. Car si 178 métiers différents ont été libéralisés, d'autres professions, comme médecin, enseignant, avocat ou ingénieur, dépendent toujours de l'Etat. Or, ces catégories sont payées en pesos tandis que celles du secteur privé se font payer en CUC, une monnaie forte. Depuis des années, deux monnaies circulent à Cuba, l'une – faible - utilisée pour les transactions domestiques (le peso cubain) et l'autre - forte - initialement utilisée pour payer les produits et services importés (le CUC). Mais depuis deux ans, le système n'est plus compartimenté.

    Un problème de dualité monétaire qui a abouti à une division de l'économie. D'un côté, il y a un secteur émergent de travailleurs indépendants qui utilisent le CUC, reçoivent de l'argent de l'étranger, travaillent au contact des touristes ou pour des entreprises étrangères, et, de l'autre, la majorité des Cubains, qui perçoit et émet en pesos.

    « Certains se sont enrichis de façon spectaculaire mais cela a provoqué pour d'autres un déclassement social et professionnel : ce que les Cubains appellent la pyramide inversée », analyse Janette Habel, chercheur à l'Institut des hautes études en Amérique latine (IHEAL). Car ce double système peut amener une serveuse dans un bar privé a gagner bien plus qu'un chirurgien, qui dépend de l'Etat.

    A cela vient s'ajouter une « bureaucratie imprégnée d'une mentalité datant de l'Union soviétique, une hyper centralisation politique », souligne cette spécialiste de Cuba. « Des mécanismes institutionnels et des méthodes verticalistes et autoritaires qui sont un frein et qui bloquent les initiatives populaires ». Face à ces résistances, notamment au sein de l'appareil d'Etat, Raul Castro, lors du dernier congrès du PCC, a promis que l’ouverture de l’île à l’économie de marché se ferait à un rythme modéré, graduel, en dépit des attentes nourries par le rapprochement avec les Etats-Unis.

    Rapprochement américain

    Le rétablissement des relations diplomatiques avec l’ennemi historique reste d'ailleurs  l’un des chantiers majeurs de la présidence de Raul Castro. Mais là encore le chemin semble semé d'embûches. Depuis l'annonce choc de leur rapprochement fin 2014, les deux pays sont certes parvenus à concrétiser quelques avancées mais malgré ces progrès, la normalisation complète des relations risque de buter encore longtemps sur plusieurs contentieux hérités de la guerre froide.

    Cuba réclame la levée de l'embargo imposé à l'île depuis 1962. Le président Obama l'a assoupli en partie mais il a échoué à le faire lever par le Congrès, dominé par la majorité républicaine. La Havane réclame aussi la restitution de la base de Guantanamo, l'abandon de lois migratoires qui encouragent les Cubains à émigrer, ainsi que 300 milliards de dollars de compensations pour les dommages liés à l'embargo. De leur côté, les Etats-Unis réclament 10 milliards de dollars à Cuba suite aux expropriations d'entreprises américaines après la révolution de 1959. Et la question des droits de l’homme et des libertés continue d’être un point sensible entre les deux parties.

    Une pancarte à l'entrée d'un restaurant à La Havane, quelques jours avant la visite historique du président américain Barack Obama sur l'île. Reuters

    De l’aveu de Jeffrey DeLaurentis, grand artisan du dégel, le processus de normalisation sera à la fois « complexe et long ». Alors que le départ du président Obama en 2017 approche, le diplomate américain avoue à l'AFP être « concentré sur le fait d’aller de l’avant […] dans les derniers mois de cette administration ». Et d’ajouter : « J’ai l’impression que les partenaires cubains souhaitent la même chose ».

    Raul Castro, de son côté, termine son second mandat en 2018 et a promis qu’il quittera le pouvoir. C'est désormais la question de sa passation de pouvoir qui se pose, après 68 ans de « castrisme », dont 10 de « raulisme ». Si Miguel Diaz-Canel est pressenti pour lui succéder à la présidence, personne « n'apparaît se démarquer pour prendre la relève » quand il s'agit du poste de premier secrétaire du Parti, note Janette Habel, chercheur à l'IHEAL.

    La spécialiste de Cuba insiste sur le fait que l'île est à un « tournant historique majeur » et à une « croisée des chemins avec beaucoup d'inconnues ».

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