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    [Portrait] Salman Rushdie, l'homme des deux mondes

    media L'écrivain Salman Rushdie, lors de la Foire internationale du livre de Guadalajara, le 29 novembre 2015. AFP/Hectir Gyerreri

    La parution cet automne chez Actes Sud de Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits, le nouveau roman de Salman Rushdie, est l’événement majeur de la rentrée littéraire 2016. Rushdie est l’un des romanciers les plus importants de notre époque qui raconte inlassablement notre monde tel qu’il ne va pas. A l’occasion de la parution en France de son nouveau livre, retour sur l’itinéraire de cet écrivain hors du commun.

    Le titre du nouveau roman de Salman Rushdie peut paraître énigmatique à la première lecture, mais en réalité il ne l’est pas. En effet, Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits est une autre façon de dire Mille et une nuits, livre dont le romancier anglo-indien est un lecteur assidu. Avec son douzième roman, Rushdie revient à ce chef-d’œuvre de la littérature mondiale qui a enchanté son enfance. Puisant dans ce fond des contes orientaux plurimillénaires, il a écrit un nouveau récit délicieusement parodique qui fait cohabiter le monde des esprits surnaturels venus du fond des âges et l’Amérique du XXIe siècle sur laquelle planent des menaces terroristes et l’obscurantisme religieux. L’intrigue fait bien sûr écho à l’actualité de la terreur qu’infligent sur des populations innocentes d’Orient et d’Occident les terroristes d’Al-Qaeda ou de Daech.

    Pour Bertrand Py des Actes Sud, le nouvel éditeur en France du romancier, « ce qui fait vraiment l’originalité de Rushdie, c’est la formidable synthèse qu’il a réussi à effectuer entre ses propres racines persanes et arabes, et la dimension américaine et anglaise de sa formation. » Et l’éditeur d’ajouter : « On est ébloui par la modernité de sa perception romanesque, sa capacité à intégrer dans un roman à la fois les Mille et une nuits et l’esthétique des mangas, l’esthétique des jeux vidéo, la bande dessinée, le théâtre, la théâtralité du livre, le comique. »

    Une double dissidence

    Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits s’inscrit dans une œuvre magistrale qui a profondément bousculé les normes de la littérature de langue anglaise. C’est dans les années 1970 que Salman Rushdie a publié son premier roman, Grimus, à mi-chemin entre le fantastique et la science-fiction et jamais traduit en français. Depuis, il a publié une dizaine de romans, mais aussi des récits pour la jeunesse, de nombreuses nouvelles et des essais.

    De livre en livre, l’écrivain a construit une œuvre de grande créativité et de profonde dissidence. Une double dissidence qui vise d’une part les hiérarchies sociales, et la langue anglaise d’autre part qu’il a contribuée à décoloniser à coup de néologismes et d’emprunts.

    Paradoxalement, la modernité de Rushdie doit beaucoup, comme l’ont souvent expliqué les exégètes de l’œuvre du maître, à la culture traditionnelle et multiculturelle indienne dans laquelle il a baigné dans son enfance. Les Rushdie qui vivaient à Bombay jusqu’aux premières années de l’indépendance indienne, étaient une famille musulmane progressiste et cultivée. Le jeune Salman a grandi, comme l’intéressé l'a lui-même raconté, en lisant les épopées indiennes et en participant aux fêtes tant hindoues que musulmanes et chrétiennes.

    A l’âge de 13 ans, Rushdie part en Angleterre pour y poursuivre ses études secondaires et universitaires. Les enfants de minuit qu’il publie en 1981 et qui lui vaut le Booker prize la même année, est le roman qui l’a fait connaître. Ce roman est une biographie de l’Inde post-coloniale, racontée à travers la vie du narrateur autofictionnel né au moment de l’indépendance en 1947. A ce titre, son destin est indissolublement lié à celui de son pays. Si Rushdie a écrit ses premiers romans avec le sous-continent indien au cœur, sa fiction est devenue au fur et à mesure globale et universelle. Son nouveau roman est un éloge et une apologie de New York où l’écrivain Rushdie vit en exil depuis 17 ans, après avoir longtemps habité dans l’Angleterre de Thatcher et de Blair.

    Livre brûlé sur les places publiques

    Mais le roman auquel le nom de Rushdie reste lié, c’est certainement Les Versets sataniques. L’un des livres les plus aboutis du romancier, Les versets paraît en 1988. C’est un roman sur l’immigration, qui dénonce le racisme ambiant dans l’Angleterre thatchérienne. Mais le récit que fait Rushdie, en marge de l’intrigue principale, des errements réels et supposés du Prophète, mettant en doute par fiction interposée la sacralité même du livre saint, a enflammé le monde musulman. La tête de l’auteur avait même été mise à prix par le redoutable Ayatollah Khomeiny et son livre brûlé sur les places publiques en Angleterre par des musulmans.

    Dans ses Mémoires parues il y a 4 ans, Salman Rushdie raconte comment sa vie a basculé un 14 février 1989, lorsque l’imam iranien a lancé sa terrible fatwa contre lui, appelant les musulmans du monde entier à l’abattre. Il sera contraint de vivre au cours des années qui ont suivi sous protection policière. Pour Denise Coussy, spécialiste des littératures postcoloniales et auteur du Roman indien de langue anglaise (Karthala), Rushdie est emblématique du devenir du monde libre menacé par le fanatisme religieux. La fatwa appelant à sa mise à mort paraissait marginale en 1989, mais annonçait en fait l’avenir.

    « Salman Rushdie représente une nouvelle figure d’écrivain qui n’appartient pas à un lieu spécifique, mais qui est un écrivain du Tout-Monde, selon la formule chère à Edouard Glissant, soutient Coussy. Son œuvre est prophétique. La fatwa qui plane sur lui l’est aussi, car elle atteint aujourd’hui tout le monde. Rushdie est ainsi devenu l’emblème clairvoyant de cette terreur qui régne sur le monde actuel. »

    Quant à la fatwa, elle court toujours. Mais Rushdie qui vit désormais à New York s’y sent moins menacé. Il refuse d’être réduit à un statut de symbole. Presque trois décennies se sont écoulées depuis la proclamation de la fatwa en 1989. Les nombreuses tribunes qu’il a publiées depuis dans les médias tout comme les romans qu’il a fait paraître témoignent de la combativité de cet auteur qui a lutté pied à pied pour récupérer sa liberté de parole. « Je suis vivant et chaque mot que j’écris est une victoire contre ceux qui veulent me supprimer », répète à qui veut l’entendre Salman Rushdie, l’un des écrivains le plus admiré du monde. Et le plus haï aussi.

    Salman Rushdie en 5 dates

    1947 : Naissance à Bombay (Inde)

    1981 : Publication des Enfants de minuit (le livre recoit le Booker prize)

    1988 : Publication des Versets sataniques

    1989 : Proclamation d’une fatwa contre le romancier par l’ayatollah Khomeini, appelant les musulmans à l’abattre

    2016 : Publication de Deux mois, huit mois et vingt-huit nuits, douzième roman de Rushdie.

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