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    Hebdo

    Capitaine Alexandre, le slameur citoyen

    media Marc Alexandre Oho Bambe, né en 1978 à Douala au Cameroun, slameur et écrivain, vient de publier «Résidents de la République». DR / Brigitte Costa Léardée

    Marc Alexandre Oho Bambe, né en 1978 à Douala, slameur et écrivain, vient de publier Résidents de la République (La Cheminante / Harlem Renaissance), un manifeste en forme de poésie qui apporte des réponses aux débats récurrents sur l’immigration, l’intégration, l’islam, l’autre, la violence. Prix Paul Verlaine de poésie de l’Académie française en 2015 pour Le Chant des possibles, il vise à élargir le débat hors des murs des salles de classe où il intervient, en France comme dans le monde francophone. Des échanges qui lui ont inspiré ce livre.

    « C’est le "Cahier" qui m’a tué »… Voilà l’un des chapitres du dernier livre-poème de Marc Alexandre Oho Bambe, slameur camerounais résidant en France. Il fait ici référence au Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, tout en racontant comment il s’est suicidé en mots, à 20 ans, pour mieux renaître…

    Avec un flow qui lui vient naturellement et une verve difficile à interrompre, Marc Alexandre Oho Bambe explique avoir eu l’idée de cet ouvrage au lendemain des attentats du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo.

    Avec son collectif « On a slamé sur la Lune », il intervient alors dans une classe de seconde d’un lycée de Lille – la ville où il vit depuis qu’il a quitté Douala, au Cameroun, en 1996, pour rejoindre une tante et faire ses études en France. Le malaise est frappant : « Tout d’un coup, des élèves, qui étaient entrés dans la dynamique collective que je leur proposais, sont devenus des étrangers les uns pour les autres. »

    Le choc de l’attentat contre Charlie Hebdo

    Un garçon l’interpelle, l’appelant « Monsieur » au lieu de l’habituel « Capitaine Alexandre », son nom de scène. L’élève est choqué d’avoir été exclu par un professeur d’art plastique parce qu’il avait déclaré « ne pas être Charlie » – non pas parce qu’il approuvait les attentats, mais à cause de sa distance critique avec l’hebdomadaire satirique.

    « La sanction était en contradiction avec tout l’objectif de mon atelier, qui incite les jeunes à prendre part aux débats, à faire acte de présence, au lieu d’assister en spectateurs à la marche du monde. C’était la première fois qu’ils m’appelaient "Monsieur" et convoquaient l’adulte et non l’artiste en moi, tellement ils se sentaient désemparés. »

    Le professeur d’art plastique s’est ensuite excusé, mais Marc Alexandre Oho Bambe a ressenti comme un état d’urgence à apporter des réponses aux jeunes. Il se met alors à écrire un texte, « pour leur dire qu’ils avaient la parole et ne devaient pas s’en priver, car la violence arrive quand il n’y a plus de mots ». D’où l’intitulé de l’un des chapitres du livre : « Etre ou ne pas être Charlie, là n’est pas la question ! »

    Résident de la République

    « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. C’est la première phrase de la Constitution française. Alors soyons résidents de cette République, et veillons sur les valeurs trop souvent bafouées qu’elle affiche sur le fronton de ses mairies, car en protégeant ces idéaux, nous nous protégeons nous-mêmes. »

    Le slameur citoyen se fait volontiers didactique, humaniste, occupé à « tout faire pour que les différences arrivent à tenir ensemble », persuadé que tout changement part de soi-même. L’une de ses phrases préférées vient d’Edouard Glissant : « Agis dans ton lieu, pense avec le monde ».

    Fils d’une professeure de français et de philosophie, il a grandi à Douala « noyé » dans les livres et retenu Césaire, Frankétienne et René Char parmi ses auteurs majeurs. Son rêve a toujours été « d’être publié et de devenir écrivain », dit-il. Il entretient avec la langue française un rapport qu’il juge plus étroit encore qu’avec la France, dont il n’est jamais reparti, pour cause de vie et de liens. Un pays « dont on dit qu’il est celui des droits de l’homme dans le monde » et qu’il sillonne pour aller dans ses lycées. Il observe, de Lille aux Pyrénées, une majorité silencieuse peu préoccupée par les débats médiatiques, et plus soucieuse d’harmonie sociale que des politiciens en « quête de bouc émissaire ».

    Sans complexes

    Il voyage aussi dans le monde francophone en tant qu’intervenant depuis cinq ans pour la Mission laïque française, une association qui oeuvre à l’enseignement du français et des valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité). Dans les pays du Maghreb, en Afrique francophone ou au Canada, il estime avoir partout des discussions de la même teneur autour de l’énergie de la jeunesse « et ce que n’en font pas les gouvernants. »

    Fan de Fela et de Richard Bona, ce « dandy de grand chemin », comme il aime à se décrire, appartient à cette génération qui n’a plus besoin de clamer sa négritude, déterminée qu’elle est à vivre sans complexes dans le village global. Exemple : l’auteur évite la « règle des trois "I" – identité, immigration, insécurité » et évoque un « exil » bien plus universel. Il lance aussi cette question en forme de boomerang à la France qu’il aime : « Sait-elle que mon voeu d’écriture vient de mes lectures d’auteurs français ou francophones, qui m’ont enseigné la liberté, et la vitale et nécessaire urgence de cultiver la sienne ? »

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