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    Cinéma: ce qui a changé dans le regard occidental sur l’Afrique

    media Omar Sy dans le rôle de «Chocolat» dans le film de Roshdy Zem. Mandarin Cinéma - Gaumont / Julian Torres

    Hollywood a revisité un vieux pan de l’imaginaire colonial avec un remake de Tarzan sorti en 2016. Il n’empêche : le regard porté sur l’Afrique par le cinéma occidental a sensiblement changé. De Cry Freedom réalisé par Richard Attenborough en 1987 aux adaptations de thrillers comme La Constance du jardinier du Brésilien Fernando Meirelles ou Zulu du Français Jérôme Salle, les personnages et les décors africains sont dépeints de manière de plus en plus juste.

    Le phénomène reste relativement récent, mais se confirme de film en film. On est loin des images de carte postale de Out of Africa ou des clichés sur les Africains malaxés par des comédies françaises qui vont de Black Mic-Mac (1986, Benoît Gillou) aux Intouchables (2011, Olivier Nakache et Eric Tolédano), un grand succès français jugé « raciste » aux Etats-Unis, en passant par Le Crocodile du Botswanga (2012, Fabrice Eboué et Lionel Steketee). Ce dernier film brocarde « le néocolonialisme façon Françafrique et l’immaturité africaine », selon Télérama, sans se rendre compte, lui non plus, de son flirt lancinant avec un vieux fond raciste hexagonal.

    Quelque chose a changé malgré tout dans le regard que portent les cinéastes occidentaux sur l’Afrique, y compris dans les anciennes métropoles coloniales que sont Londres et Paris. Le continent noir, même lorsqu’il ne sert que de prétexte à une intrigue ou de simple décor, comme dans Coup de torchon de Bertrand Tavernier (1981), n’est plus l’objet de purs fantasmes.

    En France, ce glissement progressif a commencé dans les années 1980 avec le cinéma d’auteur. Avec son film intimiste Chocolat (1988), Claire Denis proposait une palette de jeu bien plus subtile à l’acteur de Black Mic-Mac, Isaac de Bankolé, tout en repartant sur les traces de son enfance au Cameroun. Plus tard, en 2010, Claire Denis est retournée en Afrique pour tourner White Material, dans un Cameroun de brousse épuré de toute identité propre, avec une violence latente et des protagonistes noirs et blancs évoquant plutôt l’Afrique australe.

    Veine sud-africaine

    La lutte contre l’apartheid a d’ailleurs inspiré de nombreux films à partir des années 1980, éveillant un souci du détail pour ce qui n’était pas encore la « nation arc-en-ciel ». Le jeune Denzel Washington a ainsi incarné avec brio Steve Biko dans Cry Freedom, en 1987. L’un des acteurs sud-africains qui lui donnait la réplique, John Matshikiza, avait également joué aux côtés de Jane Birkin en 1985 dans le film Dust de la Belge Marion Hänsel. Cette adaptation de l’un des premiers romans de John Maxwell Coetzee, Au cœur de ce pays, décrivait avec justesse toute la perversité de ce que l'on appelle en Afrique du Sud « Race relation » (« rapports de race » en français) sous l’apartheid, dans le huis clos d’une ferme sud-africaine.

    C’était au tour de John Malkovich, acteur américain, d’entrer dans la peau et l’extrême complexité d’un Blanc sud-africain dans Disgrace, adaptation d’un autre roman de J.M. Coetzee faite en 2008 par le cinéaste australien Steve Jacobs. « Des images d’une précision intellectuelle peu commune au cinéma », avait alors souligné une critique du Monde, au sujet du film, dans lequel il n’y avait rien à redire dans la description de la violence sous toutes ses formes en Afrique du Sud.

    En dehors des films tournant avec plus ou moins de bonheur autour de Nelson Mandela (Invictus, 2009, de Clint Eastwood avec l’acteur Morgan Freeman, Mandela, 2013, de Justin Chadwick), toute une veine de fictions inspirées par l’Afrique du Sud parvient elle aussi à trouver la bonne tonalité. Tiré du roman de Caryl Férey, Zulu, un film de Jérôme Salle, a offert le visage étonnamment juste – bien plus que dans le livre – de l’atmosphère spéciale qui règne dans la ville du Cap. Ce long-métrage aux intonations et à l’ambiance très fidèle est porté par deux acteurs exceptionnels : Forest Whitaker dans le rôle d’un inspecteur de police sud-africain traumatisé, et Orlando Bloom en collègue et comparse.

    Complexité africaine

    D’autres films ont plu sur le continent pour leur souci du détail ou le jeu des acteurs, avec un Forest Whitaker inoubliable en Idi Amin Dada dans Le Dernier roi d’Ecosse(2006). Ce film de Kevin MacDonald, un Britannique traite de la violence des rapports entre le dictateur et son jeune médecin personnel en Ouganda, ex-colonie anglaise. La Constance du jardinier (2005), tiré par un réalisateur brésilien d’un roman du célèbre auteur britannnique John Le Carré, a aussi livré des images inspirées d’une Afrique telle qu’elle est, dans toute sa complexité : à la fois souriante et violente, riche et pauvre, rebelle et complaisante, intègre et corrompue.

    Quant à Blood Diamond porté à l’écran par l’Américain Edward Zwick en 2006, avec Leonardo Di Caprio et Djimon Hounsou dans les rôles principaux, il évoque les fameux « diamants de sang » extraits de pays laminés par des guerres civiles comme la Sierra Leone. Une thématique courageuse, d’autant plus que l’industrie du diamant, le groupe sud-africain De Beers en tête, avait protesté contre le projet de film, par craintes de retombées négatives sur ses ventes. C’était sans doute prêter au cinéma une influence qu’il n’a pas forcément : les gemmes extraits du sous-sol africain s’écoulent toujours aussi bien, du Japon aux Etats-Unis. Et le regard sur l’Afrique, cinquante-cinq ans après les Indépendances, continue sa lente sortie de l’époque coloniale.

     

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