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    Ouganda: Jamil Mukulu, le procès attendu du chef des ADF

    media Le leader des Forces démocratiques alliées (ADF) Jamil Mukulu a été arrêté en mars 2015 en Tanzanie. AFP PHOTO/ ISAAC KASAMANI

    Arrêté en mars 2015 en Tanzanie, le leader des Forces démocratiques alliées (ADF), Jamil Mukulu, a depuis été extradé vers l'Ouganda, où son procès devant la Haute cour de justice devrait débuter sous peu, selon le ministère de la Justice. L'occasion de revenir sur la personnalité de ce chef de guerre qui voulait fonder un Etat islamique et chasser Museveni du pouvoir.

    De notre correspondant en Ouganda,

    L'homme qui a été arrêté dans la région de Kagera, en Tanzanie, le 19 mars 2015, avait l'air d'un businessman ordinaire, qui cherchait à obtenir des passeports pour ses enfants, sous une fausse identité. Des noms d'emprunt, les enquêteurs en découvriront au moins une dizaine et autant de passeports de nationalités diverses.

    Ces dernières années, Jamil Mukulu aurait ainsi dirigé sa rébellion en bon père de famille, depuis la Tanzanie, profitant de son activité de revendeur de voitures pour rencontrer les membres et sympathisants de son mouvement dans la région. Nous sommes loin de l'image traditionnelle du chef de groupe rebelle traqué dans le bush (maquis), tel un Joseph Kony, tout en treillis et dreadlocks, partageant le bivouac avec ses hommes. Pourtant, quelques parallèles avec l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) peuvent tout de même être établis.

    Le mouvement tabligh

    « Jamil Mukulu, tout comme Joseph Kony, a cherché à établir un Etat religieux, explique ainsi Nicholas Opiyo, avocat spécialisé dans ce type de dossier. C'était une personne profondément religieuse. » Après avoir été un chrétien pratiquant, Jamil Mukulu s'est converti à l'islam, avec une formation théologique intense au Pakistan, au Soudan et surtout en Arabie saoudite. Il adhère alors au mouvement Tabligh, un mouvement rigoriste venu d'Inde. Très politisé, le mouvement musulman ougandais s'est déchiré au début des années 90, et beaucoup se sont sentis écartés du pouvoir.

    « La LRA est née d'un sentiment de persécution de l'ethnie acholie, les ADF, eux, sont nés de l'exploitation politique de la marginalisation d'une partie de la communauté musulmane », confirme Kristof Titeca, chercheur à l'université d'Anvers, qui vient de co-publier une étude sur les activités des ADF dans l'est de la RDC. Le même sentiment d'exclusion, également ressenti par les populations du Rwenzori, à l'ouest du pays, et qui a donné naissance à l'Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (Nalu), un autre groupe rebelle devenu par la suite allié des ADF.

    Mais pour Nicholas Opiyo la comparaison avec la LRA s'arrête là. Il estime que « contrairement à Joseph Kony, qui est juste un hérétique, un homme cruel et un monstre, Jamil Mukulu avait un véritable agenda politique. Il voulait renverser Museveni. Et c'est cela qui lui a donné du crédit auprès de gens qui voulaient se battre contre le gouvernement de l'Ouganda. » Les témoignages recueillis auprès d'ex-membres de la rébellion évoquent également la discipline de fer qui régnait au sein des camps ADF, où la connaissance et le respect des préceptes du Coran était la règle.

    Nord-est de la RDC

    Mukulu et ses ADF ont commis leurs principaux faits d'arme en Ouganda à la fin des années 90, dont le plus tristement célèbre restera certainement l'attaque en 1998 de l'institut technique de Kichwamba, dans l'ouest du pays. Entre 20 et 80 étudiants selon les sources seront brûlés vifs dans leurs dortoirs, et une centaine enrôlés de forces par les ADF. « Le dossier de procédure qui sera présenté devant la division des crimes internationaux de la Haute cour de justice, nous confirmera quelles seront les charges retenues contre Jamil Mukulu. Mon sentiment est qu'il devrait être poursuivi pour violation de la Convention de Genève, ou pour des crimes contenus dans le statut de la Cour pénale internationale, tels que des meurtres de masse, des destructions de propriétés, etc. » Le gouvernement ougandais accuse les ADF d'avoir causé la mort d'au moins un millier de personnes sur son territoire.

    Après avoir subi de lourdes défaites de la part des forces armées ougandaises (UPDF), les ADF se sont repliés complètement, à partir de 2008 dans le nord-est de la RDC, où ils commettent depuis de nombreux crimes. Des attaques qui connaîtraient selon les autorités, une certaine recrudescence depuis 2013. Mais pour Kristof Titeca, « il est vraiment difficile de savoir réellement qui commet ces crimes aujourd'hui, au regard de l'absence d'enquête et de la situation très obscure qui règne dans cette région. [Incriminer les ADF], c'est une façon trop parfaite de résoudre une situation qui est extrêmement difficile à comprendre, et dans laquelle de nombreux groupes peuvent intervenir. »

    Le silence médiatique observé par le groupe durant les années 2000 a selon le chercheur en effet permis aux différents acteurs de la région de les utiliser à des fins géopolitiques, que ce soit pour obtenir des financements dans la lutte antiterroriste, ou pour couvrir des trafics illégaux dans la région. Le procès de Jamil Mukulu pourrait permettre de répondre à certaines de ces questions.

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