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    La langue française, vecteur d'intégration et d'émancipation pour les migrants

    media Au cours Cada, de France Terre d'asile, des bénévoles offrent des cours de français aux réfugiés pour les aider à s'intégrer. France Terre d'asile

    Depuis des siècles, la notion sociologique de l'intégration sociale, complexe et régulièrement débattue, s’est constamment élargie. Aujourd’hui, dans le cadre de ce qu’on appelle « l’intégration linguistique », de nombreuses associations et organismes proposent des cours de français aux migrants. Hervé Adami est maître de conférences à l’université de Nancy et auteur de La formation linguistique des migrants adultes (2012). Il livre son opinion sur ce vaste processus.

    De nombreux outils, applications ou ateliers sont mis en place pour aider les réfugiés à s’intégrer à travers la langue. Notamment de la part de certaines associations, qui proposent des cours de français dans plusieurs villes de l’Hexagone, comme l’école Thot qui a vu le jour en juin dernier à Paris. A quoi est dû cet engouement des associations ?

    L’engouement peut être lié à deux choses : la première est de dire qu’il y a un afflux de réfugiés, et une sorte de prise de conscience. Chacun veut essayer de faire sa bonne action, en se mettant, par exemple, à donner des cours de français.

    La deuxième, sûrement plus prosaïque, c’est qu’il y a peut-être des financements. Ce qu’il faut savoir concernant la formation linguistique des migrants, c’est qu’il y a un marché. Le financeur est le ministère de l’Intérieur, et l’opérateur, c’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Un appel d’offres est lancé tous les trois ans, y répondent les gros organismes de formation qui ont souvent un statut associatif, mais qui sont en fait des organismes de formations professionnelles.

    Dans ce cadre, ce n’est pas un engouement. Car ceux qui se placent sur ce marché, ce sont des gens, des organismes de formation qui sont connus, qui ont une longue expérience professionnelle. Il peut aussi y avoir un effet de mode. C’est un peu ce qui s’est passé en Allemagne : faute de combat politique ou syndical, la mouvance militante va reporter son attention sur des migrants qu’elle va considérer comme les « damnés de la terre », des gens à aider. Un genre de charity business, pas forcément péjoratif.

    Quel rôle joue la maîtrise de la langue dans l’intégration des migrants ?

    Pour pouvoir s’intégrer dans une société, quelle qu’elle soit, il faut savoir parler la langue. On pourrait dire que c’est une évidence et que ça relève même du sens commun. C’est une condition de base de l’intégration, mais ce n’est pas suffisant.

    On observe qu’on peut maîtriser la langue française et ne pas s’intégrer, parce que l’intégration n’est pas que linguistique. Il faut associer l’apprentissage de la langue à la découverte et le respect de ce qu’on appelle les valeurs et les principes de la République.

    Mais est-ce que ce n’est pas plutôt l’intégration qui favorise l’apprentissage de la langue ? Plutôt que la langue qui favorise l’intégration ? C’est tout simplement les deux. Le fait d’avoir un travail, d’aller chercher ses enfants à l’école, faire du sport, favorisent l’apprentissage du français. On sait aussi que la parfaite maîtrise du français n’assure pas une complète adhésion aux principes et aux valeurs de la société d’accueil. S’exprimer c’est une chose, mais il faut aussi comprendre et se faire comprendre. L’intégration linguistique est un très long processus, qui ne s’arrête jamais. C’est élargir toujours un peu plus son répertoire langagier. L’intégration ne veut pas dire renier sa culture ou sa langue, mais le français permet de s’ouvrir aux autres, de mener une vie en lien avec les autres.

    De nombreux migrants frappent aux portes de ces associations qui proposent des cours de français gratuits. Sont-ils influencés par cette pression qu’exerce la société ?

    Non. On ne demande jamais l’avis des migrants, c’est un débat qui se passe sans eux. Et quand on leur demande leur avis, ils disent que c’est une évidence d’apprendre le français. Ils ont bien compris l’intérêt. Le fait qu’ils cherchent à apprendre le français peut être un besoin instrumental. Il y a aussi ces gens qui arrivent avec l’intention de s’installer et de fonder une famille. Certains migrants sont là depuis des années et ne parlent pas un mot de français, parce qu’ils n’en ont pas besoin. Et souvent, ils sont intégrés. L’intégration a plusieurs volets, plusieurs aspects. Il peut y avoir l’intégration par le travail, par les valeurs… La langue, d’un point de vue instrumental, est incontournable. C’est une forme d’émancipation.

    → Hervé Adami est également le co-auteur avec Véronique Leclercq de Les migrants face aux langues des pays d'accueil (Presses universitaires Septentrion, 2012)


    Témoignage : « Si je veux rester en France, je dois parler le français »

    Gosh a 22 ans et vient d’Erythrée. « Je suis passé par l’Ethiopie, le Soudan, le Tchad, la Lybie et l’Italie », énumère-t-il. Destination : la France, où il a posé ses bagages depuis dix mois. Aujourd’hui, le jeune homme se donne les moyens de s’intégrer au mieux dans son pays d’accueil. « Cela fait quatre mois que je prends des cours de français à l’école Thot », raconte-t-il. Il poursuit, précisant ne connaître que l’arabe et l’anglais : « Si je veux rester en France, j’ai besoin de parler le français. C’est très important pour le travail. » Même s’il avoue ne pas encore vraiment maîtriser la langue de Molière, Gosh estime se débrouiller dans son quotidien, pour se faire comprendre. D'ailleurs, il le pratique chaque jour, avec ses amis, ou ses professeurs.

    Son objectif : obtenir le diplôme propre à son école qui témoignera du niveau qu’il a acquis. Pour, ensuite, pouvoir exercer son métier de mécanicien, sans la barrière de la langue.

    En savoir plus :

    Reportage: Thot, une école diplômante de français réservée aux migrants
    Site internet de l'école Thot
     

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