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    Hebdo

    Bilan du sommet de l’Union africaine: un consensus global sur les réformes

    media Siège de l'Union africaine, à Addis Abeba (Ethiopie). REUTERS/Tiksa Negeri

    L’Union africaine, réunit en sommet la semaine dernière, a examiné une série de réformes. Elle a adopté un rapport sur ce thème, présenté par le président rwandais Paul Kagame. Yann Bedzigui est chercheur à l’antenne éthiopienne de l’ISS, un think-tank sud-africain. Docteur en sciences politiques, il est spécialiste de de l’Afrique et de l’Union africaine. Il décrypte ce dossier pour RFI.

    RFI: On a beaucoup parlé « réformes » pendant le sommet de l’Union africaine qui vient de s’achever. Pourquoi faut-il réformer l'UA ?

    Yann Bedzigui : L’UA est composée de 54 pays, 55 avec l’entrée du Maroc cette année. Il se trouve que ce sont aussi les pays les plus pauvres de la planète. L'organisation panafricaine est une sorte de concentré de ce que ces pays ont de positif, mais aussi de ce qu’ils ont de négatif, en terme d’échecs, de bureaucratie et de conflits de souveraineté avec les Etats membres. Par ailleurs, rappelons que l’UA a plus de quinze ans d’existence. Dans toute organisation, c’est toujours utile régulièrement de faire le bilan, de passer à un nouveau cycle pour mieux consolider les acquis. L’UA en tant qu’organisation publique ne déroge pas à la règle. Il existe aujourd’hui un consensus sur la nécessité de la réformer afin de réduire le poids administratif qui pèse sur son fonctionnement et surtout pour raviver l’idéal panafricaniste. L’objectif est de créer des conditions pour faire une politique qui soit réellement au service des citoyens africains.

    Cette question des réformes était déjà sur le tapis l’année dernière, au sommet de Kigali où les dirigeants africains ont confié au président Paul Kagame du Rwanda le soin de préparer le rapport sur les réformes à engager prioritairement. Qu’en savez-vous des propositions contenues dans ce rapport qui vient d’être remis aux chefs d’Etat ?

    De ce que je sais, il y aurait une volonté de limiter les champs d’intervention de l’UA à trois domaines : celui de la paix et sécurité, celui de l'intégration du continent et enfin celui des actions engagées pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale.

    Cette volonté de rationalisation découle de l’interrogation des acteurs africains sur l’efficacité réelle des structures qui ont été mises en place compte tenu de leurs moyens limités. Les actions de l’UA couvrent aujourd’hui des domaines très variés, qui vont des affaires sociales à l’économie, en passant par la jeunesse, le sport et autres domaines. L’UA a-t-elle les capacités financières et humaines nécessaires pour faire aboutir ses ambitions dans tous ces domaines ? La réponse est évidemment non. Les auteurs du rapport qui a été remis aux chefs d’Etat et adopté par ces derniers pensent qu'en rétrécissant le périmètre d’action de l'UA, on pourra peut-être mieux garantir l’impact.

    Que dit la commission Kagame sur cette question lancinante de paix et de sécurité, domaine dans lequel certains chefs d’Etat voudraient les organisations régionales jouer un rôle plus important parce qu’elles sont plus proches du terrain d’action ?

    Le rapport ne dit pas qu’il faut réduire le nombre des départements de l’Union africaine ou de réduire le nombre de commissaires. Les auteurs sont en fait restés très généraux dans leurs propositions, sans doute pour bâtir d’abord un consensus autour de la nécessité de réformer l’organisation. Les détails des réformes seront débattus, chemin faisant. Telle semble être la philosophie de ce rapport.

    Yann Bedzigui est chercheur à l'Institute for Security Studies, basé à Pretoria. RFI/Chanda

    Cela n’a pas empêché ses auteurs de proposer des réformes précises, notamment en matière de financement des projets.

    Le principe de taxer les pays à hauteur de 0,2% sur les importations extra-africaines, connu sous le nom de « taxe Kaberuka » (d’après le nom du banquier Donald Kaberuka qui fait partie de l’équipe de Kagame), avait été adopté déjà au sommet de Kigali l’année dernière par les chefs d’Etat. Les discussions portent maintenant sur leur application. Cette réforme devrait rapporter dès sa première année d’application à peu près 1,2 milliard de dollars.

    Si le principe en est acquis, la réforme en tant que telle pose des problèmes techniques à certains Etats membres qui sont engagés dans des accords commerciaux de libre-échange. Ils ne peuvent pas modifier leurs structures tarifaires sans concertation avec leurs partenaires commerciaux. Il y a aussi la question de mise en cohérence des différents calendriers budgétaires. Pour certains Etats membres, l’année budgétaire commence au mois de juillet, pour d’autres en janvier. Cela complique la mise en œuvre des modalités pour la récupération des sommes dues à l’UA. Il faudrait peut-être que tous les pays s’alignent sur le même calendrier, de manière à assurer une continuité financière pour l’organisation panafricaine. Si les Etats arrivent à résoudre ces problèmes techniques et mettre en place un système de financement propre au continent ne serait-ce que pour prendre en charge les activités régulières de l’UA, ce sera un grand pas en avant pour la souveraineté financière et politique du continent.

    Des propositions ont fuité également s'agissant de la division du travail entre la Commission, les communautés économiques régionales et les Etats membres et le renforcement des compétences du président de la Commission. Où en est la réflexion sur ces questions considérées comme prioritaires ?

    Plus précisément, le rapport évoque la question de la hiérarchie entre le président de la Commission, son adjoint et les membres de la Commission. Ils sont élus le même jour. Le président et son adjoint sont élus par les chefs d’Etat et les commissaires par les ministres des Affaires étrangères. Dans la pratique, cela fait du président de la commission, une sorte de primus inter pares, c’est-à-dire le premier parmi d’autres. Il est le premier des commissaires, mais pas forcément en termes d’autorité, ce qui peut parfois compliquer la coordination des actions des commissaires. Le rapport Kagame propose de donner au président de la Commission une autorité sur le reste des commissaires, mais aucune précision n’a été donnée sur la mise en œuvre de cette proposition. Je sais cependant que l’équipe Kagame s’est inspirée du modèle de l’Union européenne où le président de la Commission élu par le Parlement propose des candidats aux postes des commissaires, et désigne lui-même ses vice-présidents. Si cette réforme est entérinée, elle donnerait plus de marge de manœuvre au président de la Commission et clarifierait ses relations avec son cabinet composé de chefs des commissions, équivalentes des départements.

    Dans un article que vous venez de publier dans la presse africaine, vous évoquez une tentative similaire de réforme lancée il y a dix ans, mais qui n’a pas abouti. Le rapport Kagame ne risque-t-il pas de rencontrer le même sort ?

    Non, la commission Kagame a manifestement tiré des leçons de cette expérience précédente, celle du professeur nigérian Adebayo Adedeji, l’ancien secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (CEA). Cela se voit par exemple dans la volonté manifeste des rédacteurs du rapport Kagame de ne pas proposer des réformes trop révolutionnaires, qui seraient susceptibles de braquer les chefs d’Etat. Le rapport propose des dynamiques d’ensemble, sans entrer dans des propositions trop précises de manière à créer d'abord un consensus. Le professeur Adedeji proposait des changements trop drastiques qui avaient non seulement braqué certains Etats membres, mais aussi certains organes au sein même de la Commission de l’UA. L’équipe Kagame semble être pour sa part animée avant tout par sa recherche d’un consensus autour de la nécessité de réformer. Le défi sera maintenant de proposer des pistes précises de réformes et de changements, en coopération étroite avec la nouvelle Commission qui vient d’être élue. Le plus dur commence.

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