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    France: La Colonie, lieu culturel unique à Paris

    media La Colonie, située dans le Xe arrondissement de Paris, se présente comme un lieu de savoir vivre et de faire savoir. Sandra Nicolle

    Ouvert en octobre par l’artiste franco-algérien Kader Attia et ses partenaires, La Colonie n’a pas d’équivalent à Paris : axé sur la culture et la rencontre, ce lieu de réflexion programme des débats et des projections de films, mais se veut festif. Ici, les colloques peuvent être suivis verre en main, et se terminent en soirées dansantes.

    A la fois bar et agora, laboratoire et dance floor, ce lieu à deux niveaux situé sous une large verrière, au 128 de la rue Lafayette, dans le Xe arrondissement, s’est stratégiquement placé à l’un des grands carrefours de Paris, se voulant à la fois « repère et refuge » accessible. « Dans un quartier où se mélangent populations africaines, indiennes et asiatiques, à deux pas de la gare du Nord et donc aux carrefours de l’Europe comme du monde, La Colonie  (qui s’écrit volontairement avec cette typographie) vise à réunir, sans exclusion, toutes les identités et toutes les histoires, en particulier celles des minorités », annoncent ses fondateurs.

    L’entrée n’est pas payante, un détail qui fait toute la différence. L’accueil est chaleureux – un « bonjour » et un « au revoir » des plus inhabituels pour Paris, de la part des agents de sécurité. Les prix des consommations s’avèrent non moins démocratiques. Quant aux DJ, qui officient le week-end aux platines, ils sont choisis parmi les plus pointus, comme le Sud-Africain Mo Laudi, qui a signé un remix avec Calypso Rose en 2016.

    Des fêtes d’anthologie ont déjà eu lieu à La Colonie, qui se présente comme un lieu de « savoir-vivre » et de « faire savoir ». Des débats qui se veulent non académiques, pour les sortir de leur carcan élitiste, volent parfois aussi haut qu’au Collège de France, et sont offerts à un public de plus en plus fourni.

    Décoloniser les esprits

    Exemple : le 24 mars, la philosophe algérienne Seloua Luste Boulbina, auteure de nombreux essais traitant de la question post-coloniale (Les Arabes peuvent-ils parler ? Black Jack Editions, Paris, 2011) et intéressée par les sujets abordés par l’art contemporain issu du continent, accueille une conférence sur le thème « Africanités », en présence des Sénégalais Felwine Sarr, auteur de l’essai Afrotopia (Jimsaan/Philippe Rey, Paris, 2016), Souleymane Bachir Diagne, philosophe et professeur à l’université de Columbia, et Kemi Bassène, artiste et critique d’art.

    A la croisée de la philosophie et de l’art contemporain, Seloua Luste Boulbina présente aussi des films les lundi soirs, comme ceux de Soufiane Adel, jeune cinéaste franco-algérien de talent.

    Le 30 mars, un nouvel événement sera lancé, intitulé « la Collection Fantôme » et conçu comme un ensemble de réponses artistiques aux questions du trafic illicite d’œuvres d’art, dont le musée des civilisations de Côte d’Ivoire a notamment été victime durant la crise post-électorale de 2010, en raison des pillages.

    Une affaire de famille

    Kader Attia, artiste franco-algérien né en 1970 en France et aujourd’hui installé à Berlin, lauréat du prix Marcel Duchamp en 2016, se refuse à un art qui se réduirait à de la « rhétorique de thèse ». Soucieux de toucher le plus grand nombre par l’émotion, il a lancé cet espace avec son ami Zico Selloum et leurs familles respectives, en le concevant comme une œuvre d’art à part entière, mais aussi une affaire de famille où son frère officie, vêtu comme un sapeur, et où sa propre mère distribue son couscous ou sa soupe maison certains soirs de fête. Son idée : « Poser au présent les questions de la décolonisation des peuples comme celle des savoirs, des comportements et des pratiques ».

    Dans ce joyeux millefeuille, les amis de Kader Attia sont de la fête, comme Lucie Touya, fondatrice en 2014 de l’Agence à Paris (agent pour artistes) et directrice artistique de La Colonie, ou encore Simon Njami, commissaire d’exposition renommé qui lancera, entre autres, la grande exposition « Afriques Capitales » le 28 mars 2017 à La Villette. « Qu’est-ce que l’art contemporain africain ? » Cette question lui a été posée un dimanche de mars à La Colonie, lors d’un débat animé par une association d’étudiants d’origines africaines. « Je ne suis pas un être premier, mais contemporain. L’art contemporain est tout ce qui parle d’ici et de maintenant, a-t-il répondu. Le continent africain a cet avantage de ne pas être sur-nourri et gras du bide. Les artistes qui en sont issus ont créé leurs propres outils, comme la Biennale de Lubumbashi lancée en République démocratique du Congo par Sammy Balodji ». En avril et mai, La Colonie verra plusieurs débats et événements se tenir en marge de la grande exposition, dans l’objectif d’y faire venir un public plus large. Un vent d’air frais souffle dans ce lieu ouvert du nord de Paris, prêt à inventer et surtout à vivre une France enfin décolonisée.

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