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    Venezuela: le récit d'une crise

    media Le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 9 février 2017 au palais de Miraflores, à Caracas. Miraflores Palace/Handout via REUTERS

    La révolution bolivarienne a depuis de nombreuses années perdu de son éclat. Son leader historique Hugo Chavez, mort en 2013, a été remplacé par Nicolas Maduro qui ne possède pas le même charisme, ni le même crédit auprès d’une population de plus en plus divisée politiquement face à un héritage socialiste constamment contesté. La chute des cours du pétrole en 2014 a privé le pays de devises pour payer ses importations, créant de graves pénuries notamment alimentaires et médicamenteuses. La crise économique et politique, qui s’aggrave depuis plusieurs années et divise les Vénézuéliens entre pro et anti-chavistes, a atteint un seuil de confrontation qui ne permet plus aux institutions de fonctionner, créant une situation de blocage où l’exécutif et le législatif s’opposent frontalement. Repères sur l’histoire d’une crise.

    Le président du Venezuela Nicolas Maduro, qui se bat aujourd’hui contre une partie de sa population pour rester au pouvoir, se dit l’hériter du président Hugo Chavez et le gardien d’une révolution socialiste qui a fait de Simon Bolivar son icône. L’alliance économico-politique d’extrême gauche fondée en 2004 par le Vénézuélien Hugo Chavez et le Cubain Fidel Castro qui se nomma « l’Alliance bolivarienne pour les Amériques » (ALBA) et la révolution dite bolivarienne, qui incarne la politique socialiste lancée par Hugo Chavez, portée par Nicolas Maduro, s’inspire du grand héros historique des indépendances. Simon Bolivar (1783-1830), le « Libertador » dont les campagnes militaires ont permis de libérer de la domination espagnole la Colombie, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie et le Venezuela, son pays d’origine. Elevé dans le culte des Lumières, abolitionniste, porteur de nobles idées, ce grand militaire se révélera être un moins bon politique. Tout auréolé de sa gloire, il impose un pouvoir très personnel aux pays qu’il libère et n’arrive pas à imposer son dessein d’une vaste fédération sud-américaine. Les pays feront tous sécession et Bolivar perdra beaucoup de son aura à la fin de sa vie. Il mourra chez un Espagnol, alors qu’il allait embarquer pour un dernier exil, loin de ceux qui l’avaient porté en triomphe.

    La révolution bolivarienne

    Avec l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, de 1999 à 2013, le Venezuela s’engage dans une nouvelle voie résolument socialiste qui va sortir le pays du libre marché et des réformes néolibérales adoptées par les précédents gouvernements. Lorsqu’il arrive au pouvoir le 2 février 1999, Hugo Chavez, dont l’objectif est prioritairement de lutter contre la pauvreté, est confronté à des prix bas du pétrole et à des taux d’intérêts grimpants au niveau international qui provoquent une récession et ne lui permettent pas d’atteindre les objectifs fixés. Suite à ce constat et à l’échec de certains projets comme le programme civil et militaire appelé « plan Bolivar 2000 » pour lutter contre la pauvreté et promouvoir le développement civique et social dans des régions rurales et des bidonvilles, Hugo Chavez décide de changer d’orientation économique.

    Sur le plan intérieur, il réorganise des élections pour déterminer si une assemblée nationale constitutionnelle doit être créée, change la Constitution et renomme le pays « République bolivarienne du Venezuela ». Sur le plan international, il s’oppose à la domination des Etats-Unis, se rapproche de Cuba, crée une internationale socialiste avec l’ALBA, dans l’objectif de fédérer tous les pays progressistes d’Amérique latine. Sur le plan économique, il renégocie les contrats pétroliers et favorise, au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), une remontée du prix du baril qui passe de 10 dollars à la fin de 1998 à 25 dollars au début des années 2000. Le Venezuela qui possède les plus grosses réserves de pétrole brut du monde, deviendra en 2001, grâce à la renégociation de l’exploitation de son pétrole, le pays le plus riche d’Amérique latine.

    La manne pétrolière

    La rente pétrolière a financé de grands chantiers sociaux qui ont permis entre autres une réduction de la grande pauvreté, la fin de l’analphabétisme et l’accès gratuit à la médecine pour tous. Mais cette manne pétrolière n’a pas été utilisée pour développer l’agriculture et les industries, le pays se contentant d’importer l’ensemble de ses besoins nationaux. La politique de Chavez sera régulièrement accusée de dérives populistes, voire autoritaires, mais a connu quelques belles années de réussite économique et sociale.

    Coup d’Etat : la polarisation du pays

    Mais trois ans après son arrivée au pouvoir, Hugo Chavez est confronté le 11 avril 2002 à une tentative de coup d’Etat. Pendant 47 heures, un opposant du nom de Pedro Carmona, l’empêche d’exercer son pouvoir, mais la tentative avorte et une combinaison de manifestations populaires et d’intervention de forces militaires permet à Hugo Chavez de reprendre sa place. Les Etats-Unis et l’Espagne reconnaissent rapidement la prise de pouvoir de Carmona mais condamnent finalement le coup d’Etat dès que celui-ci aura échoué. Même si de nombreux opposants anti-Chavez n’ont pas voulu soutenir cette tentative de putsch, cet évènement marque le début d’une rupture et d’une série d’évènements où l’opposition ne cessera jamais d’exprimer son désaccord, jusqu'à aujourd’hui face à Nicolas Maduro, l’héritier de la politique de Hugo Chavez.

    Le pays manque de tout

    Le père de la « révolution socialiste » vénézuélienne, Hugo Chavez, qui a bénéficié jusqu'à la fin de sa vie d’une grande popularité, désigne son vice-président Nicolas Maduro comme son héritier politique. Suite à un cancer, Chavez meurt à 58 ans le 5 mars 2013. Une nouvelle élection présidentielle est organisée. Bien que le pays soit toujours divisé entre pro et anti-chavistes, c’est Nicolas Maduro qui remporte l’élection le 14 avril 2013, d’une très courte majorité face à son adversaire libéral (centre droit) Henrique Capriles, car Maduro ne dispose pas du même soutient populaire que Chavez.

    De plus, la situation générale du pays s’est beaucoup détériorée et la chute des cours du pétrole à partir de mi-2014 entraine le pays vers une situation économique et politique catastrophique. A son époque, Hugo Chavez a largement pioché dans les recettes liées aux énormes réserves pétrolières vénézuéliennes pour financer des programmes sociaux qui l’ont rendu très populaire chez les plus pauvres, mais il n’a pas diversifié son économie. Le Venezuela est totalement dépendant des cours de l’or noir puisque les exportations de pétrole représentent 95% des ressources en devises du pays. Or, les prix du pétrole s’effondrent. En juillet 2014, le prix du baril est de 107 dollars ; en janvier 2016, il n’est plus que de 30 dollars. Le Venezuela n’a plus assez de devises pour payer ses importations, dans un pays qui importe tous ses produits de l’extérieur : le pays manque de tout.

    De graves pénuries d’aliments (80% des produits de base manquent) et de médicaments (76% des hôpitaux touchés par des pénuries de médicaments) participent au mécontentement général et produisent des manifestations violentes qui sont durement réprimées. Le 5 juillet 2016, des Vénézuéliens forcent la frontière avec la Colombie pour se ruer sur des supermarchés et s’approvisionner en produits de base. Face à la situation de pénuries jugée catastrophique, Nicolas Maduro a décrété l’état d’urgence économique. Le Venezuela est à l’agonie, confronté à la chute des cours du pétrole qui constitue 95% de ses revenus et connaît un effondrement de sa monnaie, l’inflation s’envole et selon les prévisions du FMI, elle devrait atteindre 1660 % en 2017.

    Le combat des pro et des anti-Chavistes

    A mesure que l’économie vénézuélienne sombre, l’opposition multiplie ses actions et remporte le 6 décembre 2015 une victoire historique aux élections législatives qui intensifie la bataille politique entre les deux camps. Une large coalition allant du centre à la droite conservatrice remporte 109 des 167 sièges au Parlement monocaméral et met fin à plus de 15 années d’hégémonie chaviste, « les institutions réputées proches de Nicolas Maduro, comme la Cour suprême, faisant alors tout pour bloquer les décisions des parlementaires » précise l’AFP.

    Les manifestations mobilisent de plus en plus de monde. L’opposition revendique 1 million de personnes au rassemblement du 1er septembre 2016. La Constitution qu’a fait adopter Hugo Chavez en 1999 permet le recours au suffrage universel pour révoquer le président à mi-mandat mais le Conseil électoral (CNE), proche du pouvoir, a rendu ce recours difficile à obtenir et a réussi à faire enterrer cette initiative de l’opposition en octobre 2016 au prétexte de fraudes. L’opposition dénonce un coup d’Etat. Pour apaiser la colère des anti-Maduro, un dialogue politique s’est alors engagé sous la médiation du Vatican, mais il a rapidement échoué, chaque camp accusant l’autre de mauvaise foi.

    Nicolas Maduro convoque une assemblée constituante « du peuple »

    Après une période de calme relatif en 2017, les protestations reprennent. Le 1er avril, une décision de la Cour suprême, réputée proche de Nicolas Maduro, propose de s’arroger les pouvoirs du Parlement. 48 heures plus tard, la Cour suprême fait marche arrière. L'opposition, majoritaire au Parlement, réclame dans la rue le départ du président socialiste Nicolas Maduro avant la fin de son mandat en 2019. Mais Nicolas Maduro a également convoqué ses partisans et contre-attaque : il veut la mise en place d'une assemblée constituante dans laquelle il n'y aurait plus de partis politiques. Au moins une moitié des membres serait désignée par des composantes du peuple. Pour l'opposition c'est clair : Nicolas Maduro veut y faire élire ses partisans. L’opposition organise en réponse une grande marche de protestation. Un peu plus tard, la justice inflige 15 ans d’inégibilité à une figure de l’opposition, Henrique Capriles. Parmi les dernières tentatives des uns et des autres, figure cette annonce du président Maduro d’une hausse des salaires minimum de 40 % (il est actuellement de près de 100 dollars soit 65 000 bolivars), mais rien n’indique que cette mesure sera suffisante pour calmer une population en plein naufrage.

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