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    Hebdo

    «Histoire en mouvement Ouganda»: tentative de dialogue avec Muteesa 1er

    media Photo d'une sculpture inspirée par la photographie, réalisée pour l'exposition Ekifananyi Kya Muteesa : The One, 2016-2017, par Matt Kayem. RFI/Gaël Grilhot

    A Kampala, une exposition collective regroupe des œuvres de plasticiens ougandais, qui ont tous travaillé à partir d'une photo, la seule encore à disposition montrant le roi du Buganda, le Kabaka Muteesa 1er, prise par le grand explorateur Stanley en 1875. Une exposition organisée à l'initiative d'« Histoire en Mouvement Ouganda », qui collecte des clichés anciens ou plus contemporains, avec une démarche plus artistique qu'historique.

    De notre correspondant,

    « Mutesaa est âgé d'environ 34 ans, il est grand et assez mince de constitution […], mais il a de larges épaules. Son visage est très agréable et sympathique, et montre de l'intelligence et de la douceur. » Henry Morton Stanley, A travers le continent mystérieux.

    La photo est presque effacée par le temps. Ne reste qu'un personnage central, au costume de cérémonie sombre, et tenant un bâton de commandement. Il se tient assis, arborant une expression que l'on devine perplexe. Derrière lui, des dignitaires du royaume se tiennent debout. « Nous avons choisi cette photo parce que sans cet homme, Muteesa, il n'y aurait pas d'Ouganda », explique Canon Griffin, un des artistes initiateur du projet. « Ce travail est la réponse des artistes à ce qui est connu comme étant l'une des premières photos prises ici, en Ouganda. La photographie du Kabaka (roi) Muteesa 1er entouré de ses chefs », poursuit-il. L'idée de l'exposition « Ekifananyi Kya Muteesa » (« à l'image de Muteesa », en Luganda) est d'entamer une « conversation avec le passé », affirment les organisateurs.

    Affiche de l'exposition à l'initiative de « Histoire en Mouvement Ouganda », à Kampala. www.hipuganda.org

     

    En tout, une vingtaine de plasticiens, connus ou non, ont participé à l'exposition. Peintures, mais aussi sculptures ou encore collages : le cliché est détourné, trituré, colorisé, reproduit dans toutes les dimensions, dans toutes les matières. Selon la co-curatrice de l'événement, Martha Kazungu, « cela a apporté à de nombreux artistes la possibilité d'interagir, parce que la plupart des opportunités aujourd'hui en Ouganda sont données à des artistes [catégorisés, comme les] femmes, ou déjà établis. Mais dans cette exposition, c'est quelque chose de plus ouvert ». Une façon aussi de continuer à interroger le grand explorateur Henry Morton Stanley, auteur de la photographie, qui en avait lui-même tiré un dessin très expressif, contenu dans son ouvrage A travers le continent mystérieux.

    « Intéresser les étudiants »

    Pas question ici de tomber pour autant dans l'hommage ou le devoir imposé de mémoire. Les artistes ont pu apporter leurs propres fantasmes à cette figure tutélaire. « Beaucoup embarquent leur idéologie, leur vision, parce que les artistes y mettent ce qui leur vient immédiatement à l'esprit », insiste Canon Griffin. Chacun donnant au cliché son interprétation, jusqu'à invoquer la présence de politiciens ougandais, de personnalités comme le Pape ou encore de super-héros contemporains, présents aux côtés du Kabaka.

    « L'autre chose intéressante, poursuit Martha Kazungu, est que cette galerie est située dans une école d'art, au sein l'université de Makerere, et cela est très important, car les œuvres peuvent également intéresser les étudiants ». La question du rapport des Ougandais à leur propre histoire plane en effet au-dessus de l'exposition, reconnaît Canon Griffin. Une histoire compliquée, très souvent violente, s'étalant de la période précoloniale à l'histoire plus récente, en passant par les années sombres des dictatures et des guerres. « Il y a des Ougandais qui sont intéressés par leur passé (...) Vous avez par exemple des gens qui font l'apologie d'Idi Amin, qui refusent qu'on le montre comme un dictateur sanglant. Vous en avez d'autres qui affirment au contraire qu'il était le vampire le plus atroce au monde », conclut-il.

    Questionner l'histoire du pays

    En 2011, avec Andrea Stultiens, une artiste néerlandaise, Canon Griffin a entrepris de commencer à collectionner un fonds photographique. Ce projet, « History in progress Ouganda » (« l'Histoire en mouvement - Ouganda »), est déjà à l'origine de quelques ouvrages et expositions comme celle qui a lieu à la Galerie Makerere. Une démarche plus artistique que scientifique, donc, qui a surtout pour but de questionner davantage l'histoire du pays. « La photographie est sujette à de multiples interprétations et réinterprétations, insiste Canon. En fonction de l'angle, ou du travail dans la chambre noire, de la légende même que vous lui donnez, il y a une multiplicité de choses que vous pouvez faire pour manipuler celui qui la regarde ».

    Ekifananyi Kya Muteesa : exposition Makerere Art Gallery (13 avril - 14 mai)

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