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    William Buzy, journaliste: «dénoncer les problèmes par le prisme d’une solution»

    media William Buzy a parcouru la France pour coécrire «Impact(s), douze initiatives pour construire le monde de demain... dès aujourd'hui» DR William Buzy

    William Buzy, journaliste, est coauteur avec Baptiste Gapenne d'Impact(s), douze initiatives pour construire le monde de demain... dès aujourd'hui. Il prône un journalisme de solutions. Il souhaite dépasser la simple description des problèmes pour enquêter sur les initiatives vérifiées pour y remédier, afin de transformer la résignation du public en envie d’agir.

    RFI : comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?

    William Buzy : dans un premier temps, nous avons remarqué lors de nos reportages que les gens nous disaient qu’il y avait trop de pessimisme et de mauvaises nouvelles dans l’actualité. Beaucoup se sentaient impuissants. Par ailleurs, on avait réalisé un documentaire dans lequel certains rédacteurs en chef nous disaient que le rôle du journaliste se cantonnait à la dénonciation des problèmes. On s’est alors demandé s’il n’y avait pas la place pour parler des solutions pour que les trains ne soient plus en retard. Parler des solutions qui existent pour résoudre les problèmes, ce n’est pas occulter les problèmes. C’est dénoncer les problèmes par le prisme d’une solution. Par exemple, lors de la Journée mondiale de la malvoyance, on apprenait que près de 500 millions de personnes dans le monde n’ont pas accès aux soins pour différentes raisons. Au lieu de juste donner ce chiffre, on a enquêté et on a trouvé un entrepreneur qui propose une paire de lunettes avec quatre verres, qui s’adapte à toutes les vues et qui coûte deux dollars à produire. De fait, on n’a pas fait un travail de dénonciation, mais en présentant cette solution, on a parlé du problème.

    Si vous deviez retenir trois initiatives décrites dans votre livre, quelles seraient-elles ?

    La première, c’est un collège qui a supprimé les classes et les notes. C’est quelque chose qui n’existait pas ailleurs. Dans ce collège, les élèves ne sont plus classés par âge mais par niveau dans chaque matière. Donc quand ils ont acquis un certain nombre de compétences, ils peuvent changer de niveau par matière. Il y a moins de crainte de venir à l’école car on sait qu’on sera à son vrai niveau dans chaque matière. Cette initiative a été validée par l’Education nationale. La deuxième concerne des groupes d’agriculteurs locaux qui investissent dans les supermarchés en se positionnant sous forme de coopératives. Ils vendent leurs produits et se rémunèrent directement car il n’y a pas d’intermédiaire. La troisième, c’est une initiative à Bordeaux qui permet aux malvoyants de profiter de l’ambiance des stades pendant les matchs en bénéficiant de commentaires spécifiques.

    Comment avez- vous choisi les initiatives décrites dans votre livre ?

    On a établi une liste de secteurs qui nous semblait pertinente et on s’est adressé à des gens qui n’étaient pas convaincus par les initiatives pour qu’ils puissent entendre les arguments et pointer les limites dans leurs analyses, car le but n’est pas de tout enjoliver.

    Est-ce qu’on a le temps et les moyens d’agir aujourd’hui?

    Oui. Ce qui est important, c’est de montrer les leviers d’actions possibles pour donner envie d’agir. Aujourd’hui, il existe des alternatives qui ne sont pas plus coûteuses que les produits traditionnels. Eviter les intermédiaires en choisissant des circuits courts, par exemple, ne coûte pas plus cher. On peut accéder à une alimentation de qualité différemment. Ce n’est jamais la solution miracle, mais toutes les initiatives mises bout à bout peuvent créer un cercle vertueux.

    Que pensez-vous de l’intérêt grandissant des médias pour le journalisme de solutions ?

    Plus il y en a, mieux c’est. Mais le journalisme de solutions, ce n’est pas juste des idées pour inspirer ou des citations pour illuminer votre journée. Le journalisme de solutions part d’un vrai problème et propose une alternative concrète pour y répondre. Ce n’est pas du positif à tout prix. Parfois, dans les solutions, il y a aussi des limites qui font que le projet peut ne pas se développer à grande échelle ou n'est pas reproductible dans un autre environnement. Il y a peu, voire pas, de médias exclusivement dédiés à ce type de journalisme. Souvent, ceux qui existent déjà sont concentrés sur une thématique comme We Demain, qui se concentre sur l’écologie au sens très large. Le journalisme de solutions n’est pas une rubrique, c’est une manière de traiter un sujet sous l’angle d’une solution.

    N’avez-vous pas peur de tourner en rond autour des mêmes solutions ?

    Il y a suffisamment de problèmes et de solutions différentes pour y répondre. Même quand on revient sur les mêmes sujets, ça sert à diffuser la solution dans le quotidien des gens. Le revenu universel, par exemple, qui paraissait très utopique, est aujourd’hui possible parce qu’on en a beaucoup parlé. Une idée qui se reproduit dans différentes villes peut inspirer d’autres régions.

    Sentez-vous une prise de conscience politique sur ces questions ?

    A la sortie du livre, on a proposé aux candidats à la présidentielle en France de discuter des différentes initiatives évoquées dans le livre. Certains étaient intéressés et d’autres pas du tout. Par contre, on voit des politiques locaux qui mettent en place des initiatives. Par exemple, un village veut être énergiquement autonome d’ici 2025 grâce aux énergies renouvelables. En matière d’alimentation, on a aussi rencontré un maire qui a préempté un terrain afin que tous les fruits et légumes consommés à la cantine du village soient bio et locaux. Il a réussi à le financer en adaptant les proportions pour éviter le gaspillage. Il y a une vraie adhésion à la démarche.

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