GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 16 Septembre
Dimanche 17 Septembre
Lundi 18 Septembre
Mardi 19 Septembre
Aujourd'hui
Jeudi 21 Septembre
Vendredi 22 Septembre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Hebdo

    Les mystérieuses activités des «sous-marins de l’espace»

    media Le X-37B, un avion spatial de l'armée américaine, au retour d'un vol en orbite en 2010. Les missions de cet appareil sont secrètes. US Air Force/Michael Stonecypher

    Comme au fond des océans, des engins évoluent dans le plus grand secret dans l’orbite terrestre. Peu de pays peuvent les repérer et rares sont ceux qui savent ce qu’ils peuvent bien y faire.

    Près de 1 500 satellites artificiels en état de marche, conçus par l’homme, opèrent dans l’orbite terrestre. A ces engins s’ajoutent environ 20 000 objets faisant plus de 10 centimètres d’envergure. Au milieu des déchets largués au cours de lancements, ou encore des satellites hors d’usage, plusieurs pays ont commencé à déployer de curieux vaisseaux, non déclarés, aux missions inconnues.

    Ils seraient quelques dizaines d’engins comme ceux-là à se déplacer dans la plus grande discrétion entre des satellites de télécommunication et autres satellites météorologiques. Jean-Luc Lefebvre, ancien militaire, auteur de Stratégie spatiale, parle de « sous-marins de l’espace », des « objets placés dans l’espace en secret, destinés à espionner ou à nuire ».

    Ces dernières années, les grandes puissances spatiales et militaires ont fait couler beaucoup d’encre en déployant des engins mystérieux. Les Etats-Unis ont envoyé à plusieurs reprises un drone, baptisé X37B, parti à plusieurs reprises dans l’espace puis revenu, sans que l’on sache ce qu’il a fait entre-temps. Les Chinois ont de leur côté lancé Shiyan, un curieux engin avec des bras articulés, officiellement destiné à des réparations, mais dont certains craignent qu’il n’ait aussi un rôle militaire. Enfin, du côté de la Russie, le Kosmos-2499 a suscité la curiosité : ce que l’on prenait pour un simple débris spatial s’est mis à bouger en 2014, alors qu’il n’était pas déclaré comme satellite.

    Des Etats aveugles

    « Un sous-marin, en stratégie militaire, c’est le vecteur le plus discret que l’on connaisse, rappelle Jean-Luc Lefebvre pour expliquer la comparaison. Aujourd’hui, nous assistons à une prolifération de micro et de nano satellites, lancés parmi d’autres satellites. » Qu’il s’agisse d’engins cachés parmi les déchets d’un lancement spatial, qu’ils soient déposés lors de missions d’autres véhicules ou de satellites prétextant une mission pour en mener une autre, ils seraient aujourd’hui de plusieurs dizaines à plusieurs centaines à circuler ainsi dans le plus grand secret.

    Comme les sous-marins parcourant les océans, ces satellites peuvent servir dans l’espace à récolter du renseignement, à observer et éventuellement à menacer des cibles adverses. Surtout, ils échappent à toute surveillance : non immatriculés ou camouflés, rares sont les pays à pouvoir les repérer. Ces véhicules sont parfois identifiés alors qu’ils approchent d’autres satellites. Ces petits engins « butinent » des données sur leur voisinage pour espionner ou pour décrypter des communications. Selon une source au sein du ministère des Affaires étrangères français, un tel satellite s’est ainsi approché à au moins une reprise des satellites de télécommunication militaires français Syracuse. Pour quoi faire ? Mystère.

    Pour surveiller ce qui se passe là-haut, les Etats ont besoin de radars pour suivre les mouvements des objets en orbite et de télescopes pour regarder ce que font les satellites. Les Etats-Unis, la Russie et probablement la Chine sont parmi les rares pays à disposer de moyens autonomes pour effectuer cette surveillance. Les Européens, et notamment les Français, dépendent des données que leur concède Washington. La France dispose d’un système baptisé « Graves », capable de surveiller ce qui circule au-dessus du territoire national, dans une bande qui permet en gros d’observer ce qui passe sur l’hémisphère nord. Autant dire que les zones d’ombre sont particulièrement nombreuses.

    A l’heure actuelle, la sécurité dans l’espace dépend en grande partie de la confiance que les Etats s’accordent entre eux. Un Traité de l’espace a été signé par 80 pays. Ils s’engagent à déclarer les activités des engins qu'ils mettent en orbite. Paolo Baiocco, en charge des affaires spatiales aux Nations unies pour le Centre national d’études spatiales (CNES), note cependant que tout cela relève du déclaratoire : « Normalement, les pays membres sont tenus de déclarer leurs satellites. Mais ce n’est pas une obligation. La majorité des pays communique au Bureau des affaires spatiales des Nations Unies les orbites et les caractéristiques générales des satellites. »

    Militarisation de l’espace

    Le Traité de l’espace interdit le déploiement d’armes nucléaires ou d’armes de destruction massive en orbite. Pour d’autres armes, rien n’est interdit même si tout le monde défend – officiellement - un usage pacifique de l’espace.

    Selon les spécialistes, peu de pays ont manifesté une vraie volonté de mettre de l’armement en orbite. Les expériences qui ont pu être menées pour détruire des satellites ou des objets servent aussi à dépolluer l’orbite. « Il serait suicidaire de faire des destructions cinétiques, explique Jean-Luc Lefebvre. Au bout de deux ou trois actes de ce type, des zones entières de l’espace seraient inutilisables. »

    C’est là que les fameux « sous-marins de l’espace » peuvent jouer un rôle crucial en cas de conflit. Au lieu de détruire les installations ennemies, ils pourraient les faire tomber en panne ou les espionner. « Il y a déjà eu quelques incidents, explique un spécialiste français au sein d’un grand ministère régalien. Il y a eu des jets de peinture, des attaques informatiques… Mais difficile de dire si les incidents sont volontaires ou non. On peine à identifier la nature de la menace. »

    « C’est la vie ordinaire spatiale, tempère Isabelle Sourbes-Verger, chercheuse au Centre Alexandre-Koyré, le Centre de recherches d’histoire des sciences et des techniques. Mais c’est aussi la vie ordinaire tout court : une voie ferrée peut servir à transporter des militaires sans qu’elle ne soit prévue pour. » Selon elle, les Etats-Unis ont encore la plus grande part de satellites dont on ignore les missions, loin devant la Russie et la Chine. Pour Washington, près de trois quarts du budget spatial, le plus important au monde, dépend du Département de la Défense.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.